Edito
08H33 - samedi 18 février 2023

Munich 1936, 2007… 2023. L’édito de Michel Taube

 

Michel Taube

La capitale de la Bavière connaît bien les tyrans. En 1936, Hitler et Musolini ont humilié l’Europe à Munich : les dirigeants français et britanniques s’étaient soumis au diktat du Führer par peur de la guerre et par lâcheté. L’esprit de Munich n’a jamais totalement quitté une partie de l’intelligentsia européenne.

En 2007, Vladimir Poutine s’était rendu à la Conférence de Munich sur la sécurité pour annoncer que la grande Russie serait bientôt de retour et qu’il emploierait le moment venu tous les moyens de ses ambitions… La continuation de la politique par d’autres moyens…

Quinze ans plus tard, même éminente conférence : cette année, les Russes ont été absents du Davos de la sécurité et de la géopolitique mais Munich fut l’occasion d’affirmer la solidité de l’alliance contre les desseins russes du tyran de Moscou sur l’Europe de l’est.

Il était temps ! Entre 2007 et 2023, la Russie a envahi la Crimée et l’est de l’Ukraine. La Biélorussie a écrasé son peuple en 2020 avec le soutien de Poutine et le silence assourdissant de la communauté internationale… Aujourd’hui, Svetlana Tikhanovskaïa, la leader de l’opposition biélorusse vit à sous haute protection et participait heureusement à la Conférence de Munich.

Ces jours-ci à Munich, Emmanuel Macron, Olaf Scholz, Kamala Harris (qui attendra quelques années pour briguer la Maison blanche vu la bonne santé de Joe Biden) ont tenté de raffermir et d’élargir le cercle de l’alliance contre Poutine. Mission loin d’être gagnée car les nouvelles puissances du Sud, les fameux Brics, ont choisi d’être non-alignés voire de pactiser avec Poutine.

La Chine, dont une forte délégation était présente à Munich, mais aussi l’Iran qui livre des armes à Moscou, heureusement non invité (contrairement aux leaders de l’opposition et de la révolution Femme Vie Liberté qui ont pris la parole dans la capitale bavaroise, comme le prince héritier Reza Pahlavi, Masih Alinejad et Nazanin Boniadi) jouent clairement un rôle de contre-poids à l’OTAN et à l’Occident.

Guerre froide avec les uns, guerre ouverte avec Poutine, la troisième guerre mondiale a certainement commencé et mieux vaut choisir son camp au début des hostilités. Car l’histoire et la philosophie politiques nous l’enseignent : quand la guerre est inévitable, plus vous la faites tard, plus terrible sera-t-elle. Esprit de Munich…

 

Michel Taube

Directeur de la publication