Edito
13H40 - vendredi 11 février 2022

Convoi de la « liberté » : Au secours, les gilets jaunes (et le populisme du bitume) reviennent en camion ! L’édito de Michel Taube

 

La dictature approche lorsque le mot de liberté est confisqué par les ennemis de la liberté.

Que les gilets jaunes en 2018 et 2019 et les camionneurs du Canada et de France aujourd’hui aient des raisons d’être en colère, peut-être. Qu’ils refusent d’être les vaches à lait d’un système économique de plus en plus inégalitaire, certes encore. Mais qu’ils bloquent un pays, qu’ils prennent en otage des villes entières, que leurs leaders se révèlent des complotistes, hier anti-Macron, aujourd’hui anti-vaccination obligatoire, alors là, il faut dire NON.

La liberté de râler (en fait de tomber malade) s’arrête où commence celle d’autrui, celle de travailler, de vivre et de protéger les autres contre un virus dont nul ne dit qu’on en a fini avec lui. Rien que l’Omicron est la plus fulgurante épidémie de l’histoire et les symptômes qu’il provoque mettent à terre, certes que quelques jours dans la plupart des cas, les plus solides d’entre nous qui se sont faits vacciner. Les autres payent souvent un tribut bien plus lourd à leur entêtement prétendument libertaire.

Les gilets jaunes sont-ils de retour, dressés sur des camions à même, bien plus que des ronds-points, de bloquer un pays ? L’élection présidentielle pourrait se jouer ici et maintenant, c’est-à-dire ce week-end, si d’aventure l’Etat n’arrivait pas à les stopper aux portes de Paris.

Rappelons-nous novembre 2018 : Emmanuel Macron avait mis trois semaines avant de réagir au déclenchement de la crise des gilets jaunes et au déchaînement de violences qui s’en était suivi subséquemment. Trois semaines de silence que nous avions dénoncé à notre manière. Trois semaines qui avaient ouvert la boîte de Pandore et que la France (et surtout ses centres villes) avait mis plus d’un an à digérer. Certains commerçants ne s’en sont jamais remis.

A-t-on jamais surmonté cette crise ?

Trois ans après, le « populisme du bitume » qu’ont en commun les ronds-points des gilets jaunes et les routes des camionneurs canadiens, semble faire des émules en France. Et pour cause, depuis juillet 2021, les anti-pass sanitaires avaient déjà préparé le terrain en confisquant le mot liberté. Rappelons-nous l’été dernier : Florian Philippot, drainant dans son sillage ce qui lui reste de partisans haineux, aigris, et au penchant fascisant et complotiste bien prononcé, et réclamant tous les samedis, au nom des autres, le droit de ne pas se vacciner (enfin, les leaders l’étaient certainement, les lâches).

Depuis dix jours, le convoi de la liberté bloque le Canada en son centre politique (Ottawa) et économique (à la frontière américaine).

Le tour des Etats-Unis est déjà annoncé : une cohorte de camionneurs veut rejoindre Los Angeles à Washington pour le discours sur l’état de l’Union de Joe Biden le 4 mars prochain. L’acte 2 de la prise du Capitole sanglante mais avortée en janvier 2021 ?

En France, des camions remontent vers Paris. La capitale sera-t-elle bloquée ce week-end ? Le préfet de Paris suffira-t-il par ses mots du petit matin à les impressionner et leur faire barrage ?

Mimétisme idiot, prétexte pour manifester son désarroi, manipulation orchestrée par des officines paramilitaires et para-policières comme le laisse entendre un très bon papier du Figaro concernant les Etats-Unis ? L’analogie avec le mouvement des Gilets jaunes est tentante.

 

Toujours est-il que la France s’apprête à sortir de la vague Covid, que la vaccination massive a évité l’hécatombe tout en maintenant une vie presque normale (et donc notre LIBERTÉ) et que le pass vaccinal, qui n’a pas eu le succès de son homologue sanitaire, va probablement être suspendu.

 

Au fait Messieurs les camionneurs, vos enfants sont-ils tous vaccinés contre les 11 maladies « classiques » ?

 

Michel Taube

Directeur de la publication

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