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06H58 - lundi 31 janvier 2022

Vive les anglicismes, puisque l’anglais est en réalité surtout du français !

 

Cette vidéo linguistique que l’on peut visionner sur la chaine Youtube « LetThemTalkTV », est passionnante. Hélas, comme au moins 90 % (à la louche) d’internet, elle est en anglais… Donc presque à moitié en français ! Vous êtes perdu ? Lisez la suite…

On y apprend que 41 % de mots de l’anglais moderne sont issus du français ! Plus que ceux d’origine purement anglo-saxonne (33%). S’y ajoutent le latin (15 %) et quelques autres sources de ce qui devint la langue la plus universelle. Il en résulte que celui qui ne maîtrise que la langue de Shakespeare déchiffrera bien plus facilement un texte écrit en français qu’en allemand.

Durant des siècles, le français fut outre-Manche la langue de l’aristocratie, de la politique, de la justice, alors que le peuple baragouinait un gloubi-boulga qui deviendra l’anglais. Même lorsque la langue de Molière fut officiellement abandonnée, elle continua d’infuser au cœur de l’anglais, langue qui compte environ 200.000 mots, contre 90.000 en français, dont un tiers sont considérés comme usuels. Si le français est par excellence la langue des jeux de mots, l’anglais est celle des nuances, avec comme paradoxe que certaines sont permises par des mots d’origine française disparus de notre langue.

Aux mots proprement dits, s’ajoutent de nombreuses expressions françaises, dont certaines n’ont pas de sens… en français ! Par exemple « double entendre » est employé outre-Manche pour désigner un double sens. Inversement, les Français utilisent souvent l’expression « top du top » pour désigner ce qu’il y a de mieux, ce qui ne veut rien dire en anglais. Nos voisins de la perfide Albion préfèrent l’expression française, un peu désuète ici, « crème de la crème ».

Le nouveau passeport britannique, relooké (anglicisme) après le Brexit (anglicisme), et fabriqué en France (!), n’a abandonné que les références à l’Union européenne. Mais on peut toujours y lire « HONI SOIT QUI MAL Y PENSE » et « DIEU ET MON DROIT ».

À l’heure où on peut légitimement se demander si l’anglais doit rester la principale langue parlée au sein des institutions de l’UE, après le Brexit, on peut au moins se consoler en découvrant que l’anglais est finalement presque à moitié du français, et relativiser la gravité de l’intrusion de mots british dans notre vocabulaire frenchy. Pour nous mettre d’accord, finissons en musique sur les premières notes de All You Need is Love, des Beatles. Cocorico !

Raymond Taube

Rédacteur en chef d’Opinion Internationale et directeur de l’IDP – Institut de Droit Pratique
Auteur de « Travailleurs sociaux : à quand une vraie reconnaissance » (éd le cherche midi, 2022)

Directeur de l'IDP - Institut de Droit Pratique

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