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09H53 - vendredi 21 janvier 2022

Coupées du monde pendant cinq jours, les îles Tonga enfin secourues par l’Australie et la Nouvelle-Zélande

 

Crédit : TONGA METEOROLOGICAL SERVICES HANDOUT

L’éruption du volcan Hunga Tonga-Hunga Ha’apai du 15 janvier, la plus puissante enregistrée depuis 1883, a rompu les câbles sous-marins reliant le pays aux réseaux Internet et téléphoniques mondiaux. Des premiers secours ont atterri jeudi 20 janvier, cinq jours après la catastrophe.

 

Des plages délavées et une végétation noircie. Jusqu’à il y a peu, seules des images satellites ont pu témoigner de la dévastation subie par l’archipel situé en Polynésie. Alors que les paysages des îles Tonga abondent habituellement les cartes postales de rêve, la nation du Pacifique s’est transformée en quelques minutes en un monde postapocalyptique.

Samedi 15 janvier 2022, la puissante éruption du volcan Hunga Tonga-Hunga Ha’apai  – entendue jusqu’à l’autre bout du monde, en Alaska -  a dispersé cendres, gaz et pluies acides dans toute la région, avant d’être suivi par un tsunami dévastateur, avec des vagues allant jusqu’à 15 mètres de hauteur. La catastrophe a entraîné la rupture du câble de télécommunications avec l’extérieur.

Heureusement inhabitée, l’île abritant le volcan, située à proximité des Tonga a été grandement détruite par le phénomène éruptif. Seules deux îles et une vaste étendue d’eau ne subsistent de la catastrophe. L’éruption a perturbé à la fois le trafic aérien et maritime, avec des vagues de plus d’un mètre de haut ressenties jusqu’au Pérou et de fortes marées en France, parmi les quelques conséquences internationales de ce drame.

 

Seuls au monde pendant cinq jours

Soudainement coupés du monde, les 100 000 habitants des îles Tonga ont découvert une vie qui paraît impensable en 2022 : sans réseau Internet ni mobile. Et au-delà de son isolement, la population fait part « de besoins humanitaires des plus urgents, dont font partie l’eau potable et la nourriture », a rapporté mercredi 19 janvier le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, précisant que « toute l’agriculture locale est ruinée ».

 

Même si le bilan officiel fait pour l’heure état de trois décès, l’ONU estime que « 84 000 personnes environ, soit plus de 80 % de la population des îles Tonga », ont été affectées directement ou indirectement par l’éruption. Parmi les plaintes des locaux : évidemment la pénurie alimentaire à venir, mais également « la rupture des liaisons extérieures », toujours selon la déclaration de Stéphane Dujarric.

 

Des voisins à la rescousse des Tonga

La piste de Tongatapu, l’île principale de l’archipel, a été dégagée de l’épaisse couche de cendres rendant jusqu’alors impossible son utilisation, après quatre jours d’intense travail des autorités locales. Un appareil « C17 Globemaster a [ainsi] quitté la base australienne d’Amberley [en direction des Tonga] », a assuré le ministre du développement international et du Pacifique australien Zed Seselja, après que la nation ait vécu cinq jours en autarcie. Suivi d’un deuxième transport aérien dans la journée.

De son côté, la Nouvelle-Zélande a envoyé un avion militaire acheminant « des conteneurs d’eau, des kits d’hygiène, des abris temporaires, des générateurs et des équipements de communication », a précisé la ministre des affaires étrangères néo-zélandaise, Nanaia Mahuta. Deux navires néo-zélandais et un australien ont mis le cap vers l’archipel dans le même temps.

La Chine s’apprête, quant à elle, à envoyer des produits de première nécessité.

 

La France, « voisine du royaume des Tonga » par sa collectivité d’outre-mer de Wallis-et-Futuna, s’est déclarée, « prête à répondre aux besoins les plus urgents de la population », selon un communiqué. Mais les Tonga surveillent étroitement toute arrivée sur leurs îles, car ils affichent, pour le moment, un bilan « zéro Covid ».

 

Une catastrophe qui en appelle une autre ?

Si les locaux ont émis leur attachement à Internet (bien qu’une majorité de la population ne soit pas des utilisateurs réguliers), ils devront néanmoins faire sans durant un mois minimum. Le câblodistributeur américain SubCom se chargeant des réparations a indiqué que le câble était coupé à deux endroits. Un premier à 37 kilomètres au large et un second près du volcan. Étant donné l’instabilité de la zone, le rétablissement des liaisons numériques « n’est pas prévu avant quatre semaines », a-t-il estimé. De son côté, le réseau téléphonique reprend peu à peu du service dans le pays.

Fragiles, les Tonga restent en proie à une seconde catastrophe. Cette fois-ci humanitaire. Sainiana Rokovucago, une coordinatrice des opérations de secours regrette un « problème d’approvisionnement de l’eau », en raison de la contamination d’une grande partie des réserves d’eau du Tonga par des cendres de l’éruption :

« C’est la priorité. C’est ce que le gouvernement et les organisations d’aide internationale tentent d’acheminer à tout prix. Il faudra surveiller l’augmentation [à venir] des maladies liées à la qualité de l’eau ». Cet archipel déjà géographiquement loin du reste du monde, apparaît désormais plus isolé que jamais.

 

Noé Kolanek

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