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12H42 - mercredi 13 octobre 2021

Le chômage baisse, mais le taux d’emploi reste beaucoup trop bas !

 

Depuis quelques jours, le gouvernement Castex se félicite de la baisse du chômage en France. On ne peut que se réjouir que le nombre de chômeurs baisse, mais peut-on se féliciter vraiment d’un taux de chômage toujours au-dessus de 7 % ? Comment peut-on considérer que la notion de plein emploi en France soit à 7 % quand partout ailleurs on place le curseur à 4 ou 5 % ?

 

Le gouvernement cherche de bons chiffres économiques avant que le président Macron n’endosse l’habit de candidat. Mais il ne peut leurrer les Français. Chacun est bien conscient que les chiffres importants ne sont pas tant ceux du chômage que ceux de l’emploi, en particulier le taux d’activité. Et là, c’est le bug !

Le taux d’activité dans notre pays stagne et la France est un des grands pays avec le moins bon taux d’emploi.

Quelques graphes de l’Insee pour illustrer ces mauvais chiffres :

En France, en 2020, à peine 71 % des personnes entre 15 et 64 ans sont actives, c’est-à-dire en emploi ou au chômage, très loin des taux des autres grands pays. Certes, ces 40 dernières années, le taux d’activité des femmes a largement progressé, heureusement, mais, dans le même temps, celui des hommes a baissé fortement, passant de 83 % à 74 %. Si nous regardons les évolutions par classe d’âge, on voit très nettement que les personnes de 50 ans à 64 ans ont connu une nette amélioration de ce taux d’activité. Les efforts successifs des gouvernements de Jacques Chirac, Jospin inclus, puis de Nicolas Sarkozy ont permis d’améliorer l’employabilité des « seniors », mais cela stagne sous Hollande et Macron. Ce taux n’est d’ailleurs que de 67 %, pas très flatteur comme bilan.

Quant au taux des 25 à 49 ans, il a baissé ces dix dernières années, passant de 89 à 87 %. Celui des 15-24 ans est lui passé de 39 à 35 % ! On est très très loin du plein emploi, mais cela correspond clairement aux constats de nos concitoyens : notre pays est très en retard sur l’employabilité des seniors et des jeunes.

La prochaine élection présidentielle va certainement voir les grands candidats aborder ces questions. Xavier Bertrand a tiré le premier, avec son grand discours de Saint-Denis sur la Valeur Travail. Les mesures qu’il propose vont dans le bon sens. Montebourg, à Gauche, développe des idées sur ce thème également. Le Candidat Macron aura, lui, plus de mal, car son bilan en la matière sera un véritable boulet. Mais il peut encore agir, et faire sien le programme du Centre et de la Droite sur ces sujets. Quant à l’extrême droite, ce n’est pas en changeant les prénoms qu’on maximisera l’emploi…

 

On peut certes parler de l’âge de la Retraite et le passer à 64 ou 65 ans, il le faut en effet, mais si on n’améliore pas nettement l’employabilité des plus de 50 ans, les Français ne pourront adhérer à cette réforme. On ne peut se satisfaire de n’avoir que deux tiers des seniors en activité, et donc un tiers laissé sur le bas-côté. Ni seulement un tiers des moins de 25 ans en activité ! Quel gâchis !

 

Patrick Pilcer

Président de Pilcer & Associés, conseil et expert sur les marchés financiers
Patrick Pilcer, Président de Pilcer & Associés, conseil et expert sur les marchés financiers

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