Edito
12H58 - vendredi 9 juillet 2021

« La mort : même pas peur ! »

 

« La mort : même pas peur! ». Le 21 mai dernier, sur le plateau de BFMTV, le célèbre généticien et ancien président de la Ligue contre le cancer avait ainsi dévoilé son dernier combat qu’il savait perdu à très court terme. Un mois plus tard, le visage apaisé, mais déjà marqué par la maladie et les soins palliatifs qui lui permettaient de supporter la douleur, il évoquait encore sa fin proche sur France 5, sur le plateau de la Grande Librairie. C’est le cancer, contre lequel il s’était tant investi au bénéficie des autres, qui l’a terrassé à l’âge de 76 ans.

Se disant agnostique, il préférait évoquer la fin de vie, réfutant la conception traditionnelle, peut-être judéo-chrétienne, de la mort. Il n’y aura donc, peut-être, peut-être pas, personne pour l’accueillir au paradis ou en enfer, pas de jugement dernier, pas de dieu ni de diable. 

On peut rester serein face à l’inéluctable, qui ne se résume pas à la mort. À quoi bon s’énerver, s’inquiéter, lorsqu’on n’a aucune prise sur le cours des choses? Axel Kahn a évité la décrépitude de la vieillesse, un naufrage, comme avait dit le général de Gaulle à propos du maréchal Pétain, alors que lui-même sentait que son bateau commençait à tanguer. 

Nous sommes tous des héritiers d’Axel Kahn. Il fut de ceux qui font progresser l’humanité, tant en termes de connaissances scientifiques que d’éthique. Il nous lègue le fruit de ses travaux, en particulier en matière de thérapie génique : des centaines d’articles publiés dans les plus grandes revues scientifiques et plusieurs ouvrages, dont « Et le bien dans tout ça? » (Éditions Stock), son chant du cygne littéraire.

Axel Kahn aimait marcher. Il avait traversé la France à pied et avait été à la rencontre des Français. Il en était revenu plein de joie… et de désespoir face à cette France profonde et oubliée de Paris et du cirque politico-médiatique qui ne la représente plus.

Axel Kahn n’est donc pas mort. Il n’est plus, tout simplement. Bonne non-existence, monsieur le généticien. Et merci encore pour votre passage sur cette folle planète et la trace que vous y avez laissée.

 

 

Michel Taube

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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