Edito
20H38 - vendredi 30 avril 2021

Le 1er mai est mort ! Vive le travail ! L’édito de Michel Taube

 

Je rassure nos lecteurs assidus : nous ne sommes pas pour la suppression du 1er mai férié, en mémoire des ouvriers qui ont bâti le monde moderne comme premiers de cordée.

Le travail est mort, vive le 1er mai ! À moins que ce ne soit l’inverse. Pour beaucoup, le « en même temps » macronien appliqué dans la gestion de la crise Covid a transformé le travail en assistanat, qui est déjà une spécialité française. Combien de restaurants préfèrent rester fermés et voir leurs collaborateurs pris en charge par la collectivité alors que tous auraient pu développer la restauration à emporter et d’autres services. Si les dispositifs mis en place ont évité quelques centaines de milliers de faillites et quelques millions de chômeurs, il faut en féliciter Emmanuel Macron. Mais quand il faudra payer la note (s’il faut un jour la payer), cela risque d’être la fête AU travail. Crise, licenciements, etc. Le « en même temps » serait un virus à effet retard…

La fête du Travail fait-elle encore sens, ou faut-il changer le calendrier pour passer directement au 2 mai ?! Elle est censée être celle des travailleurs, mais elle est surtout celle des syndicats ultra ringards, CGT en tête, qui au prétexte totalement fallacieux de l’intérêt général peuvent bloquer le pays ou une région pour défendre quelques privilèges, type conducteurs de la RATP. Ceux-là, ils ne méritent pas qu’on les fête ! Cette année, les syndicats défileront, bien évidemment dans le strict respect des gestes barrières et ordre très dispersé !

La fête du Travail, c’est aussi celle du muguet, et donc des fleuristes, qui n’étaient à la fête l’an dernier. Pas « essentiels » en 2020 (le couple Macron avait refusé notre composition de muguet), ils le sont devenus en 2021. Tant mieux pour eux, mais quelle profonde injustice pour les autres commerces et activités, toujours arbitrairement fermés..

Pour de nombreux « travailleurs », ce 1er mai 2021 ne sera même pas un jour férié, car il tombe un samedi. Faut dire qu’avec la limite de déplacement à moins de 10 kilomètres de son domicile et le couvre-feu à 19 heures, on ne pourrait pas faire grand-chose d’un week-end prolongé. On se contentera peut-être de rester vautré devant sa télé pour regarder en direct les casseurs s’immiscer dans les manifs et Mélenchon brailler aux « violences policières ! ».

Après plus d’un an de pandémie qui nous a meurtris et a porté de grands coups au travail, celui-ci devrait être célébré pour ses vertus. Il faudra travailler dur, il faudra travailler plus, pour remonter la pente, et non pas tendre la main en espérant que l’État providence nous assiste jusqu’à s’effondrer. Le vrai sens de la fête du Travail devrait être sa réhabilitation. Bien sûr, il demeure tant de tâches pénibles, de métiers pas forcément très valorisants ou propices à un épanouissement personnel. Espérons que le progrès technologique puisse y remédier, sans aller jusqu’à rendre le travail inutile, jusqu’à remplacer l’Homme. La fête du travail, le 1er mai 2121, ce sera peut-être un défilé de robots !

Mais inutile de nous projeter dans un avenir aussi lointain. Ce 1er mai 2021 sera le dernier du quinquennat. Pas tout à fait, certes, car le second tour des présidentielles se déroulera peut-être (sauf cataclysme sanitaire, climatique, etc.) le 23 avril prochain. Dans un an, Emmanuel Macron sera-t-il en train de faire ses cartons, ou aura-t-il rempilé pour cinq ans ? Dans un an, le Covid ne sera peut-être qu’un souvenir (ça, on peut en douter !), mais peut-être au prix d’une vaccination annuelle ou encore plus fréquente.

Quoi qu’il en soit, ce 1er mai 2021 est celui d’une fin de cycle, celui d’un tournant qui s’annonce, pour le meilleur ou pour le pire. Bonne fête aux travailleurs, donc !

 

Michel Taube

 

 

 

 

 

 

 

 

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