Monde
06H55 - dimanche 7 mars 2021

Les goujats 2021, spéciale Journée de la femme

 

Aimer les femmes, c’est les respecter. Les goujats ne les aiment pas ! Après enquête et délibération au sommet, Opinion Internationale a sélectionné ses goujats 2021. Champion des champions : le président de la Cour suprême en Inde. Et deux grands classiques, deux incontournables : Trump et Bigard. 

Mise en musique : Catherine Fuhg.

 

Sharad Arvind Bobde

Il est le Chief of Justice de la république d’Inde, ce qui correspondrait aux fonctions cumulées de ministre de la Justice et de président de la Cour suprême. Un guide en matière de justice ? Un exemple de moralité ? Du moins, devrait-il l’être. Pourtant, il ne se démarque pas de la tendance en Inde criminellement sexiste. En effet, seulement pour exemple, la loi n’y reconnaît pas le viol conjugal comme un crime. Le « suprême » juge Bobde non plus. Ainsi, il s’est récemment interrogé, en audience, sur la légitimité de la qualification de viol « entre un homme et une femme légalement mariés ». Autre fait révoltant, souvent dans les affaires de violences sexuelles, les juges proposent à l’agresseur d’épouser sa victime « et on n’en parle plus ». C’est ainsi que lundi 1er mars 2021, en tant que guide juridique d’une des plus grandes puissances mondiales, Sharad Arvind Bobde a offert à un fonctionnaire, violeur d’une écolière, de lui rendre la liberté et de le maintenir à son poste, contre un seul petit sacrifice : se marier avec la jeune fille. Enfin, bien sûr, ce monsieur, sans majuscule s’il vous plaît, est un opposant fervent de l’avortement, même pour raisons médicales. What else ? comme dirait Clooney. En conclusion, mieux vaut ne pas compter sur lui pour faire progresser en Inde le statut de la femme…

Mais attention, sur sa page Wikipedia, on peut lire qu’il est « un avide amoureux de la nature, photographe et amateur de musique, passionné de voitures anciennes et qu’il fait de la moto ».  Tout de suite, ça le rend sympathique. Non ? Vraiment ? Ben pourquoi ?

 

Jean-Marie Bigard

Et dire qu’il se rêve en président de la République…

Facile, accessible à tous, même aux plus nuls d’entre nous, la vulgarité a toujours été un bon filon. C’est elle qui traditionnellement faisait éclater d’un rire grassement viril les officiers dans leurs quartiers. Loin de moi de vouloir nier le potentiel comique du cru et de l’osé, mais faire de la vulgarité sa marque de fabrique est surtout marque de faiblesse et de manque d’imagination. Or Jean-Marie Bigard le revendiquait déjà en 1991 sur le plateau de « Double Jeu ». Quelle lucidité ! Pour notre part, préférons le piquant au salé, mais il en faut pour tous les goûts.

Et donc, Jean-Marie Bigard ?

Ce qui indispose chez lui, ce qui alarme, même, c’est que ses piques toujours sont dirigées contre les femmes. De quoi se demander ce qui se cache là dessous. Mais non, pas CES dessous !

Finalement, le mot de la fin sur ses vrais sentiments, c’est lui qui l’a lâché un soir sur le plateau très classe de « Touche Pas à Mon Poste ». Il est connu qu’en vieillissant tout se relâche, pas que les chairs. Et quand la popularité commence à décliner, on a tendance à piailler pour se faire remarquer. C’est ainsi que notre Bigard a fini par nous révéler le fond de sa pensée à travers une petite blague qui a déplu seulement, dixit, aux femmes qui veulent avoir des couilles – on se demande pourquoi, cela dit en passant. Une blague sur le viol.

C’est vrai que l’on peut rire de tout. Mais pas avec n’importe qui ni n’importe comment. Alors, pour vous laisser juger par vous-même des faits qui lui sont reprochés, voici la blague qui a fâché : une femme va voir son médecin pour une déchirure musculaire. Le médecin la retourne, la plaque contre le bureau et la prend « à sec par derrière pour lui apprendre ce qu’est vraiment une déchirure ». Et donc, qu’en pensez-vous ? Hilarante sa blagounette ? Inoffensive ? Innocente ? Sans ton et sans ambiance de fond, à sec, comme qu’il dirait, ça tombe à plat sur votre écran. 

Depuis le fameux événement, plus d’un an a passé, pourtant, malgré sa grande finesse d’esprit, notre comique s’étonne encore du scandale qu’a déclenché cette petite histoire, avec laquelle il fait rire, se vante-t-il, depuis trente ans. Que c’est dur d’être un incompris !

 

Donald Trump

Il s’autorise à distribuer des notes de 1 à 10 aux femmes qui osent croiser le fer avec lui sur le Net ou les plateaux télé, aussi à celles qui se contentent de le servir au restaurant, ou travailler pour lui. Parce qu’il s’en croit le droit. Parce qu’il est homme et qu’elles sont femmes. Donald est un gros macho. Et pour parler son langage, disons que sur l’échelle, de 1 à 10, du machisme, il mérite un 12 +. Ce n’est pas scientifique, mais largement mérité. Les preuves de cette réalité sont tellement nombreuses que certains se sont même amusés à répertorier ses remarques les plus parlantes, criantes, hurlantes, de son mépris envers les femmes*. Avec l’acquisition du concours de miss Univers, dont il a été le tout puissant propriétaire près de vingt ans, il s’est assuré l’accès privé à des nombreuses oiselles, livrées à lui et son pouvoir. Et il en a profité. Parmi les commentaires les plus révoltants, outrageux, de celui que l’on pourrait qualifier de vieux porc si notre éducation ne nous l’interdisait, citons celui-ci, enregistré à son insu : « Quand tu es une star, elles (les femmes) te laissent faire ; tu peux leur faire ce que tu veux ; les attraper par la chatte (sic) ; leur faire ce que tu veux. » Presque pire : malgré la diffusion de cet enregistrement, il s’est encore trouvé des femmes pour souhaiter le voir aux commandes de leur pays. 

Et puisque l’animal, la bête, est déjà candidat à sa réelection en 2024, voici un florilège de citations dégradantes pour les femmes de l’ancien (et futur ?) président des États-Unis : https://apps.voxmedia.com/graphics/vox-trump-misogny-timeline/.

 

 

A l’occasion de la Journée de la femme, et désormais chaque année, Opinion Internationale publie deux palmarès : « Les goujats 2021 » dimanche 7 mars et « Les championnes 2021 de la cause des femmes » lundi 8. A découvrir à la une de www.opinion-internationale.com

 

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