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10H20 - mercredi 10 février 2021

Thérapies anti-Covid : quand la France des PME innove ! L’édito de Michel Taube

 

La France a les talents pour assurer son indépendance industrielle mais c’est l’Etat qui les en empêche. Et la crise du Covid en a apporté la preuve cinglante et douloureuse depuis un an…

Dans le marasme général, entre craintes de reconfinement, de crise économique et sociale, il y a des raisons d’être optimiste, mais à condition d’en finir une fois pour toutes avec la bureaucratie étouffante.

Emmanuel Macron a pris acte de la défaite française sur le terrain des vaccins anti-covid : en la matière, nous serons au mieux des sous-traitants, triste défaite française d’une puissance mondiale reléguée en deuxième division de la compétition industrielle internationale. 

Le chef de l’Etat, à travers plusieurs déplacements récents, veut désormais encourager la recherche sur les thérapies, à nouveau d’actualité en raison des nombreuses mutations du coronavirus. Nous avons quelques raisons de ne pas rater ce rendez-vous. Même si, là aussi, nous avons déjà quelques retards, notamment sur le séquençage des génômes des variants du Covid.

Voici une histoire malheureusement banale qui vaut de longs discours et qui situe le problème français…

En association avec des scientifiques de Grenoble, plusieurs laboratoires de Dijon sont, ou étaient comme on va le voir, sur la voie d’un remède destiné aux patients de plus de 60 ans. Plus avancée encore est (ou aura été) la biotech nantaise Xenothera, dont l’anticorps polyclonal empêche les cas graves du Covid-19. À coup d’appel aux dons et de levée de fonds, la start-up a pu réunir 10 millions d’euros pour mener à bien son projet. 

Tout allait bien et patatras… Sur BFMTV, Odile Duvaux, présidente de l’entreprise, se confie et avoue ne pas comprendre pourquoi subitement, alors que les essais allaient débuter, toutes les autorisations cliniques ont été suspendues. Elle dénonce le « mille-feuille administratif très lourd pour les essais cliniques » et une « complexité règlementaire effroyable », qu’il s’agisse des homologations ou des demandes de subventions. De son côté, Bercy dit avoir été très diligent dans son soutien au projet, avec une aide de 16 millions d’euros, dont 3,5 millions versés en décembre et 3 millions en février. 

D’un côté Bercy pousse, de l’autre Ségur (le ministère de la santé) freine ! Pour la patronne de Xenothera, ce sont quatre mois de perdus. Et combien de vies, de drames, de faillites, de pourcentage du PIB… ? À titre de comparaison, l’Allemagne a investi 400 millions d’euros pour acheter aux États-Unis 200.000 doses de ce remède basé sur des anticorps de synthèse, remède dont avait bénéficié l’ancien président Donald Trump.

Nous pourrions produire ces médicaments en France, mais la bureaucratie y fait obstacle. Lenteur dans le versement des subventions, alors que la thérapie a fait ses preuves en laboratoires, et qu’il serait hautement surprenant que les résultats soient infirmés au stade des essais cliniques, essais par ailleurs déjà effectués outre-Atlantique. Mais surtout, terrible lenteur dans les homologations. Combien de hauts fonctionnaires, de présidents de comités Théodule, d’autorités sanitaires ou administratives doivent apposer leur signature avant que ces fichus essais démarrent et que ce remède soit disponible ? 

On a l’impression de revivre le cauchemar des tests (où sont les tests salivaires utilisés régulièrement à l’étranger, où sont les chiens renifleurs aussi efficaces que les tests PCR ?!), des protocoles de déconfinement ou de vaccination de 50 pages… 

Un pays sous-gouverné et suradministré, disions-nous… Une fois encore, le gouvernement annonce, se félicite, se vante, et l’administration étouffe les initiatives. Ce n’est plus acceptable, ce n’est plus supportable. Là où l’Etat stratège devrait jouer le jeu des Pme, la commande publique est défaillante et se porte plus sur des entreprises internationales que sur la chaîne des producteurs français.

Il est temps de se ressaisir, de tirer les leçons de la crise actuelle avant même qu’elle soit terminée. A trop miser sur les mastodontes de l’économie française, et c’est le second travers de notre politique industrielle, Sanofi et l’Institut Pasteur, pourtant des poids lourds de la pharmacie et de la recherche, désormais relégués au rang de sous-traitants, il eut mieux valu miser sur le tissu extraordinaire de PME françaises.

Pour revenir à notre exemple initial, les initiatives d’entreprises françaises en matière de thérapie anti-Covid illustrent la force du tissu de Pme françaises prêtes à rivaliser avec leurs concurrents et qui nous offrent de nouvelles opportunités. Il serait impensable que demain, nous achetions ces médicaments à l’étranger alors que les start-ups françaises attendent l’homologation du leur. 

Tous derrière nos PME et sus aux lourdeurs administratives, c’est le point de départ de la reconquête de notre souveraineté industrielle.

 

Michel Taube

 

 

 

 

 

 

 

Invitation au prochain « Face à Opinion Internationale, Philippe Latombe, député, ou Comment sauver la souveraineté économique de la France ? » mardi 2 mars 2021 à 19h30 sur Zoom

Philippe Latombe, député MODEM de Vendée, rapporteur de la mission parlementaire « Bâtir et promouvoir une souveraineté numérique nationale et européenne » sera face à Opinion Internationale mardi 2 mars 2021 à 19h30 sur Zoom.

Au menu : les leçons industrielles de la crise du Covid. Faut-il démanteler les Gafam et les Batix ? La France a-t-elle encore les moyens de sa souveraineté économique et industrielle ? Comment soutenir les PME françaises ? Quel avenir pour la majorité présidentielle au lendemain des présidentielles ?

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