Edito
07H28 - vendredi 29 janvier 2021

Émeutes aux Pays-Bas… Quand les Français se soulèveront… L’édito de Michel Taube

 

La Covid va-t-elle rallumer la mèche de cette colère française qui monte qui monte, qui monte et qui risque à tout moment de s’enflammer ? L’assassinat d’une conseillère Pôle emploi à Valence hier, demain le suicide d’un étudiant ou l’immolation d’un patron de restaurant désespéré (c’est ce qui a déclenché la révolution tunisienne et le printemps arabe il y a dix ans) pourraient faire exploser la marmite de la société française… 

Francis Lalanne, ancien chanteur dont l’étoile a cessé de briller depuis fort longtemps, et que nous aimons bien croquer à Opinion Internationale, avait déjà appelé à renverser Emmanuel Macron, comme avant lui quelques leaders des Gilets jaunes et de l’islamogauchisme. Sans aller jusqu’à l’appel à l’insurrection, Jean-Frédéric Poisson, ancien candidat populiste à l’élection présidentielle, appelle à la désobéissance civile à l’égard des mesures de restriction résultant de la pandémie de Covid-19. Selon lui, il faudrait rouvrir tous les commerces, ce à quoi nous sommes favorables, dès la sortie du prochain confinement, et sous strict respect des protocoles sanitaires adaptés à chaque configuration. Mais Poisson dérape (à défaut de couler) en appelant à cesser de porter le masque dans la rue. Prenant le contrepied de tous les scientifiques du monde, lui sait que « cela ne sert à rien ». Il changerait peut-être d’avis si un passant porteur du Covid lui éternuait dans la figure, et qu’il se retrouvait en réanimation.

Aux Pays-Bas, pays dont les habitants ne sont pas réputés pour avoir le sang aussi chaud que celui des Latins et autres Gaulois (désormais majoritaires à rejeter un nouveau confinement strict), le rejet des mesures de restriction tourne à l’émeute. Mais qu’attendent donc nos Gilets jaunes et leurs copains des Blacks blocs pour leur emboiter le pas ? Ces derniers, que nous ne confondons pas avec les gilets jaunes de la première heure issus des ronds-points de France, sont en réalité majoritairement des salariés et des fonctionnaires protégés par le « quoi qu’il en coûte » macronien, les bénéficiaires de la paix sociale que s’est achetée le gouvernement. Mais quand même : dès lors que les placides Néerlandais y vont, leur honneur d’insurgés s’en trouverait bafoué s’ils restaient avec leurs pavés dans les poches, d’autant plus que la chasse aux flics est toujours ouverte et que la loi de sécurité est fortement contestée dans l’opinion publique.

D’autres auraient plus de bonnes raisons de se révolter : ceux qui ne sont pas les vrais privilégiés du système, ceux qui triment pour survivre et qui, bien qu’aidés partiellement, sont au bord du gouffre et n’ont plus rien à perdre. Si nous devons aller au confinement, ces sacrifiés risquent de ne pas rester les bras croisés. 

Hélas, il nous faut encore le répéter : le protocole sanitaire imposé à la restauration collective peut l’être aux restaurants traditionnels, du moins un grand nombre d’entre eux. Et que les juristes hors sol ne viennent pas nous rebattre les oreilles avec la « rupture d’égalité ». Où était l’égalité lorsque seules les terrasses étaient ouvertes ? Appliqué sans nuance, ce principe ne peut conduire qu’à la fermeture de tous les établissements, car tout ouvrir serait un risque sanitaire qui ne sera de toute manière jamais pris.

Il en va évidemment de même pour le spectacle, la culture, le sport. Tout cela peut s’aménager sans risque de créer des clusters, quitte à ce que l’État sanctionne les récalcitrants. Mais en a-t-il les moyens, la volonté, peut-être le courage ? Au 20h de TF1, le 26 janvier dernier, un reportage édifiant montre l’absence de contrôle du couvre-feu dans les rues de Paris, parcourues par les reporters de la chaîne sur 22 kilomètres. Interrogée sur ce constat, la porte-parole du ministère de l’Intérieur ose dire au journaliste qu’il a peut-être eu de la chance. La chance eut été d’échapper au contrôle si celui-ci était massif. Là, c’est l’exact contraire : ce serait un énorme coup de malchance d’être contrôlé. À l’instar des juges répressifs qui font des exemples et ne sanctionnent pas la plupart des délinquants, cette déplorable situation dégénère en injustice, en iniquité, voire en arbitraire. Elle est également symptomatique de la faillite de l’autorité de l’État.

Alors que les médecins hospitaliers, et notamment les mandarins (de salon plus que d’hôpital) qui conseillent le Prince, poussent au confinement, Emmanuel Macron hésite. Il dispose d’un solide argument : le monde entier confine. Mais cela ne suffira pas à le faire accepter et encore moins à le faire respecter. Les choses changeront si les Français finissent par voir les images de malades qui meurent étouffés à la porte ou dans les couloirs des hôpitaux, dans leur voiture ou à leur domicile, parce que les services de réanimation seront saturés. Le variant britannique sera bientôt majoritaire, et tout porte à croire que les conséquences en seront terribles (déjà plus de 100.000 morts au Royaume-Uni). Si cela devait se confirmer, il serait impossible d’échapper à un nouveau confinement, et il serait légitime et même vital que l’État le fasse respecter. Par la force, mais aussi et surtout par un soutien massif aux activités mises à l’arrêt, à l’image du plan américain annoncé par l’administration Biden. Acheter la paix sociale serait alors plus légitime que la reculade devant les syndicats extrémistes qui défendent les privilèges des roulants de la RATP ! 

Mais quand nous sortirons de ce troisième confinement, le sacrifice de secteurs entiers ne sera plus supportable. La patience des Français et celle des sacrifiés durera-t-elle jusqu’à là ? L’explosion du chômage, des faillites d’entreprise, le désespoir de ces artisans, de ces petits commerçants, de ces petites Pme acculés risque à tout moment de rallumer cette mèche des violences sociales que nous avons connues en 2019.

C’est la question qui doit hanter les nuits d’Emmanuel Macron. Du moins le devrait-elle.

 

Michel Taube

Directeur de la publication

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