La chronique de Patrick Pilcer
09H34 - mardi 3 novembre 2020

Elections américaines : Trump ou Biden, rien n’est fait. La chronique de Patrick Pilcer

 

Encore quelques heures (ou quelques jours…) et nous connaîtrons le nom du prochain président américain. Entre Trump et Biden, qui va l’emporter ? A quelques heures de la fin du scrutin, impossible de se prononcer. C’est assez rare. Souvent quelques jours avant l’élection, les jeux sont faits. Aujourd’hui rien ne va plus, personne, en dehors des soutiens de chaque candidat ne peut s’avancer au moindre pronostic, un peu comme en 2000 entre Georges Bush fils et Al Gore, où il avait fallu un mois pour être certain des résultats, après les recours des démocrates en Floride et les recomptes de voix.

Rappelons que le système électoral aux Etats Unis est très différent du nôtre. Chaque Etat procure un certain nombre de grands électeurs, démocrates ou républicains, qui votent ensuite pour le président ; mais le candidat qui gagne un Etat emporte l’ensemble des grands électeurs de l’Etat (à quelques exceptions près). Autrement dit, Hillary Clinton a eu beau recueillir le plus de voix en 2016, elle a été largement battue en nombre de grands électeurs. Et cette année, même si Biden semble avoir le plus d’électeurs sur l’ensemble du territoire, rien n’est joué sur le nombre d’Etats gagnés et par conséquent sur le nombre de grands électeurs. Tout va dépendre des fameux swing states, ces Etats où le vote est encore indécis. Ce ne sont pas l’Etat de New York ou de Californie qui vont faire basculer cette élection mais la Pennsylvanie, le Michigan, la Floride, l’Ohio, le Wisconsin, le New Hampshire, la Géorgie, l’Arizona, le Colorado, la Caroline du Nord, le Minnesota, le Nevada voire le Texas.

Aucun sondage ne peut donc, à quelques heures de ce scrutin, nous dire qui va être élu. La seule chose que l’on puisse dire et que, dimanche 1er novembre 2020, 84 millions d’Américains avaient déjà voté par correspondance ou par anticipation, soit 62% de l’ensemble des électeurs de 2016. Nous aurons donc une hausse importante, voire très importante, de la participation électorale. Impossible de savoir, dans ces Etats clés, ces swing states, à qui va profiter la mobilisation des électeurs. Chaque camp dit haut et fort que la mobilisation est en sa faveur. Selon les meilleurs pronostiqueurs, Biden aurait pour le moment 250 grands électeurs quasi certains, et Trump 260. Tout va dépendre de la capacité de Biden à mobiliser les villes et de Trump à mobiliser les zones plus rurales.

Mais, depuis l’Europe, on oublie que cette élection envoie également un certain nombre de sénateurs et représentants à Washington. Cette élection va également déterminer la couleur politique du Sénat, ou rien n’est non plus joué entre les deux camps, et à la Chambre des représentants, où le poids de l’aile gauche, plus dogmatique, du Parti Démocrate, pourrait grignoter encore quelques places et peser pour l’avenir.

Osons des pronostics : victoire de Trump avec 290 grands électeurs contre 250 pour Biden, victoire démocrate à la Chambre des Représentants et 50/50 au Sénat, avec un ou deux sénateurs démocrates, « Trump compatible » dans beaucoup de domaines, comme la politique étrangère et surtout le plan de relance économique. Car dès les résultats connus, même si cela peut prendre quelques jours voire semaines comme en 2000, la question essentielle va être comment relancer profondément l’économie américaine. Le nom du président, depuis la France, importe en fait assez peu. Par contre le plan de relance choisi et mis en place va nous impacter durablement, surtout chez nous, où même si nous n’avons pas été freinés par une élection majeure ces derniers mois, à part un plan de survie, nous n’avons toujours pas décidé d’un plan de relance à la hauteur de la crise économique actuelle et des enjeux à venir.

 

Patrick Pilcer

Conseil et Expert sur les Marchés Financiers

 

 

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