Monde
03H36 - mardi 29 septembre 2020

Avec la démission de Sarraj, enfin la paix devient possible. La chronique de Michel Scarbonchi

 

Premier ministre d’un gouvernement d’Union Nationale reconnu par l’ONU, depuis 2016, Fayez Al Sarraj a annoncé sa démission de cette fonction qui prendra effet au 30 octobre.

Enfin une bonne nouvelle pour la Libye !

En effet, l’homme qui détenait le pouvoir à Tripoli était devenu un handicap à l’arrêt du conflit libyen. Prisonnier des milices islamistes de la capitale depuis sa prise de fonction, il avait, contraint ou pas, couvert les différents trafics-migrants, esclaves, armes, drogue- auxquels se livraient ces milices pour prix de leur soutien à sa personne.

L’histoire devra un jour faire la lumière sur la tolérance dont il bénéficia de la part de l’ONU dans ce rôle de complice de ces katiba islamistes, réservoir de trafiquants et de terroristes.

Pire, toutes les médiations pouvant aboutir à un accord de paix- La Celle Saint Cloud, Doha, Palerme, Moscou- échouèrent à cause de son incapacité à imposer, à son camp, les termes de ces médiations.

Pire encore, il signa un accord maritime et de coopération militaire avec la Turquie qui provoqua de vives tensions avec la France, la Grèce, Chypre et Malte et faillit embraser la Méditerranée orientale.

En permettant, pour empêcher la prise de Tripoli par le maréchal Haftar, à Erdogan d’exporter 14 000 miliciens syriens islamistes en Tripolitaine et de s’en prétendre le nouveau maître, il a perdu tout crédit.

Accusé d’avoir vendu la Libye à la Turquie, il était disqualifié pour la grande majorité des Libyens comme en ont attesté les manifestations de Tripoli et de Benghazi contre sa personne.

La page Sarraj tournée, les délégations des différentes parties libyennes qui ont commencé les négociations du 6 au 10 septembre, à Bouznika, au Maroc et, à Montreux, en Suisse, on enfin bon espoir d’aboutir à un accord de paix inter libyen.

On en connaît les grands axes : un nouveau Conseil Présidentiel représentant les trois grandes régions du pays, Tripolitaine, Cyrénaïque, Fezzan ; un nouveau Premier ministre à la tête d’un gouvernement consensuel ; une nouvelle Constitution incluant l’élection présidentielle, une commission électorale et un code électoral devant aboutir au lancement d’un processus démocratique permettant la mise en place d’institutions assurant la souveraineté, la stabilité et la sécurité de la Libye.

Parions que le général Haftar gardera le contrôle de l’armée.

Des points non négligeables seront à régler comme le devenir des milices et l’insertion de leurs combattants, la répartition de la manne pétrolière entre les trois régions du pays, le retrait des forces étrangères.

La question turque sera la plus sensible et son retrait le plus délicat du fait de sa forte implication. Mais Erdogan est en position difficile. Il a perdu, malgré ses vitupérations, son bras de fer avec le président Emmanuel Macron. En une semaine, il a cédé face à la Grèce et il a perdu Sarraj.

Et la Libye peut enfin, après neuf années de guerre, caresser l’espoir de retrouver le chemin de la paix.

 

Michel Scarbonchi

Ancien député européen, consultant international

 

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