Edito
11H20 - vendredi 10 juillet 2020

Il est encore temps de créer un grand ministère du numérique et des innovations et de le confier à un politique qui s’y connaît ! L’édito de Michel Taube

 

Après nous être adonné quelques jours plus tôt à la difficile constitution d’un casting fictif, c’est avec un intérêt d’autant plus vif que nous nous sommes plongés dans l’examen de la première salve de nominations ministérielles pour le nouveau gouvernement Macron – Castex.

Nous avions milité pour un ministère de la mer et imaginé Jean Castex aux grands travaux. Ce seront finalement les douze travaux d’Hercule, les super grands travaux pour l’édile de Prades.

Ne nous lançons pas dans une analyse interminable du casting officiel mais attardons-nous sur deux points clé éminemment imbriqués : il n’y a pas de grand ministère des entreprises et des innovations, comme nous l’avions prôné. Certes, les PME et les TPE héritent d’un ministère délégué, avec Alain Griset, le président du Syndicat des patrons d’entreprises de proximité. Mais il fallait, selon nous, un grand ministère, aussi important que celui qui gère la politique économique de la puissance publique et qui serait entièrement au service des créateurs de richesse que sont les entrepreneurs.

Et second grief, relevé par de nombreux observateurs : comme une anomalie, une faute sociétale majeure, le Premier ministre et le président de la République n’ont pas désigné de ministre dédié au numérique, aux nouvelles technologies, à l’innovation… et, c’est à nos yeux et à ceux de beaucoup d’autres, professionnels, spécialistes et observateurs éclairés, une fort regrettable omission.

Quel que soit l’intitulé choisi, ce ministère dédié aux grands enjeux technologiques est LE grand absent de l’architecture gouvernementale et il semble, sauf session de rattrapage, qu’en l’état d’avancement des nominations, le numérique soit encore relégué à un secrétariat d’Etat, alors que le président de la République a lui-même insisté sur la nécessité d’acquérir notre souveraineté numérique, rendue chaque jour plus impérieuse par l’inévitable numérisation de l’Etat.

Même sur ses poins forts, en l’occurrence le président de la start-up nation, Emmanuel Macron n’en finit pas de pratiquer le stop and go, les injonctions paradoxales, un en même temps qui confine au final à l’inaction.

Pourtant, l’épisode Covid-19 a contribué à pointer nos insuffisances, nos lacunes sur le sujet, à mettre en pleine lumière ce que nous nous refusions à voir. Alors, un secrétariat au numérique, Monsieur le Premier ministre, ce serait, pardonnez-moi l’expression, beaucoup trop riquiqui, a fortiori si c’est pour aller l’enkyster au sein du ministère de l’Economie et des Finances. L’enjeu se situe bien au-delà des contingences économiques, mais dans les sphères supérieures de la souveraineté tout court, qui ne se négocie ni ne se relativise, et des libertés publiques. Quant au ministère des Finances, il est déjà particulièrement bien loti en ministères délégués. Point trop n’en faut.

Non, c’est un grand ministère du numérique, des innovations (et des entreprises) que peut encore annoncer le duo exécutif lors de la communication des nouveaux entrants au gouvernement ou, à tout le moins un secrétariat d’Etat au numérique et aux innovations rattaché au Premier Ministre !

Reste la question cruciale du Ministre ! Celle ou celui qui l’occupera doit être doué de compétences multiples : être fin connaisseur du sujet, en avoir donné la preuve, être juriste aussi, afin d’être à la hauteur des enjeux de souveraineté et des libertés publiques et de ne pouvoir, à aucun moment, être taxé d’accointances condamnables avec les acteurs du marché, étrangers pour la plupart.

Il doit surtout être un politique et rares sont celles et ceux qui dans l’hémicycle suivent de près les dossiers du numérique, tant ceux-ci sont complexes.

Il se dit que Cédric O serait reconduit à son poste de Secrétaire d’Etat. Quel est son bilan depuis un an ? Force est de constater qu’il n’a pas su endosser les combats politiques qui se jouent dans les batailles numériques du moment. Quelques erreurs majeures de discernement ont abouti à des problèmes d’inconstitutionnalité de la loi dite Avia sur la cyberhaine, à l’échec cuisant de l’appli StopCovid (mise en place avec tellement de retard !), à l’abandon de l’hébergement de nos données du Health Data Hub chez Microsoft ou, tout dernièrement, dans le cloud d’Amazon, lors de la mise en place du système qui doit permettre de rassembler le cautionnement de l’ensemble des prêts Covid-19 aux entreprises.

Il est encore temps qu’un politique aguerri porte le combat de la souveraineté numérique de la France et de l’Europe.

 

Michel Taube

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