Monde
11H18 - vendredi 13 mars 2020

Richard Delepierre : mes cent premiers jours à la Mairie du Chesnay-Rocquencourt

 

Vous êtes candidat à la mairie d’une nouvelle commune, résultat de la fusion du Chesnay et de Rocquencourt près de Versailles. C’est un baptême du feu ?

C’est un baptême du feu pour tout le monde, candidats et électeurs, puisqu’on vient de passer un peu plus d’un an en cohabitation avec deux conseils municipaux qui avait été élus chacun de leur côté. Donc une représentation avec deux conseils municipaux très asymétriques puisque la commune de Rocquencourt ne comptait que 3500 habitants pour vingt-deux élus alors que le Chesnay avec ses 30.000 habitants n’avait que trente-cinq élus. Il était important de rééquilibrer tout cela et de permettre à l’ensemble du corps électoral de choisir son nouveau conseil.

 

Est-ce que cette fusion est une bonne nouvelle pour les habitants de ces deux communes ?

C’est une décision qui a été votée à l’unanimité dans les deux conseils et qui va dans le bon sens. Aujourd’hui elle n’est pas encore effective et j’espère que dans six ans on pourra se dire que cela aura été une bonne nouvelle. Mais cela suppose que l’équipe qui sera élue se sera montrée active pour ancrer la petite commune dans la grande et notamment cette partie de Rocquencourt qui est excentrée de la ville et qui est coupée par deux départementales.

Cette partie de la ville représente un vrai défi, à la fois un défi urbanistique et un défi d’accueil, car ce quartier qui est isolé est celui qui accueille aujourd’hui des familles nouvelles. C’est sans doute le seul quartier qui offrira du potentiel d’évolution en termes de construction de logements, d’équipements de services, puisqu’on pourrait avoir de la libération de foncier là-bas.  

Mon défi si je suis élu sera de trouver une communauté de destin à cette commune nouvelle. Nous devons réussir cette fusion dans les années à venir.

 

Une raison budgétaire vaut-elle de sacrifier deux destins parallèles, deux communes différentes ?

La décision un peu précipitée de fusionner était surtout liée au fait de faire lever la carence de logements sociaux sur la commune du Chesnay qui supportait une pénalité de plus de 1 million d’euros. Le Chesnay et Rocquencourt étaient déjà deux communes voisines avec des choses en commun depuis plus de cinquante ans, telles que la paroisse, le cimetière, un centre commercial et une très grande copropriété installée sur les deux communes. Cette fusion doit maintenant se réaliser en vrai, du point de vue des habitants qui ne doivent pas avoir l’impression qu’une commune a été mangée par l’autre.

 

Comment s’appelle l’habitant du Chesnay-Rocquencourt ?

Il s’appelle le Chesnaycourtois. Je ne sais pas si ce nom sera éternel mais c’est celui qui a été choisi au moment de la fusion administrative.

 

Quel est, en deux mots, le sens de votre candidature ?

C’est clairement une candidature de renouveau. Les précédents maires de Rocquencourt et du Chesnay sont élus, un depuis 18 ans, l’autre depuis 37 ans. Donc l’usure est là. Pour préparer l’arrivée d’une commune nouvelle, nous pensons qu’il faut une équipe profondément renouvelée et un maire jeune et dynamique. 

 

Autre singularité : les Chesnaycourtois auront leur maire dès dimanche 15 mars !

Sauf à ce qu’il y ait parfaite égalité entre les deux listes, oui, car il n’y a que deux listes qui se présentent, il ne peut donc y avoir de second tour. 

 

Quelle sera la première décision que vous prendrez si vous êtes élu maire ?

Après avoir voté le budget, la première décision politique sera d’installer les conseils de quartier qui font véritablement défaut à cette commune.

 

Concernant la crise du coronavirus vous ne craignez pas qu’elle ne biaise les résultats, en faisant baisser le taux de participation ?

Le contexte de santé publique n’est pas propice, et dans cette municipale c’est évidemment un élément d’inquiétude que nous tentons de prendre en main en facilitant les déplacements dans nos bureaux de votes. Nous travaillons sur l’importance d’aller voter, et nous n’avons pas ressenti d’inquiétude particulière chez les personnes âgées qui nous disent qu’elles iront voter car y elles y sont habituées.

 

Propos recueillis par Michel Taube

 

 

Directeur de la publication