Edito
03H25 - jeudi 20 février 2020

Municipales à Paris : Dati devance Hidalgo malgré Buzyn… Et si les cartes étaient rebattues. L’édito de Michel Taube.

 

Anne Hidalgo avait de quoi pavoiser. Avant même le début de la campagne électorale, elle faisait sienne la théorie de vases communiquants, si chère aux socialistes : naguère, les 35 heures allaient mathématiquement résorber le chômage. Aujourd’hui, les automobilistes auxquels elle a déclaré la guerre devraient tous troquer leur voiture pour un vélo. Et demain, lors des élections, les Parisiens qui n’ont pas de voiture, et qui sont majoritaires, vont tous voter pour Anne Hidalgo. Comme c’est simple, l’arithmétique !

La campagne n’a pu que la conforter dans ses certitudes : deux candidats LREM, dont un dissident excentrique, finalement exclu du mouvement macronien, le candidat officiel qui explose en vol alors même qu’il n’a jamais réussi à décoller, des écolos qui ne savent pas si être vert implique d’être également rouge, une extrême droite insignifiante, et une droite classique dont plusieurs leaders rechignaient à aller au combat, convaincus qu’ils n’y récolteraient qu’une inéluctable humiliation. Et pourtant…

Pourtant, le parti du Président, LREM, s’est défait, malgré lui, d’un Benjamin Griveaux qui s’est révélé être une erreur de casting, bien avant l’affaire qui l’amena à renoncer. Sa remplaçante au pied levé, Agnès Buzyn, dont l’effet dans les sondages ne se fait pas encore sentir, a toutes les chances de remonter la pente : malgré la fronde des personnels hospitaliers contre une situation dont elle a largement hérité, l’ancienne ministre de la santé jouit d’une image de compétence, de sérieux, de bienveillance. À Paris, LREM avait obtenu 35 % des suffrages lors des dernières européennes. Agnès Buzyn s’empressera de rassurer les Parisiens, de les cajoler.

Mais un autre fait, annoncé par une tendance observée depuis longtemps, indique que les cartes parisiennes sont rebattues : pour la première fois, un sondage place Rachida Dati, la candidate LR, devant Anne Hidalgo, avec 25 % des intentions de vote. Les sondeurs savent que c’est la dynamique des chiffres qui doit être scrutée plus que l’instantané de l’opinion, et qu’à Paris, le mode de scrutin par arrondissements très particulier rend les pronostics encore plus délicats.

Or cette dynamique joue nettement en faveur de Rachida Dati, alors que les scores d’Anne Hidalgo et de David Belliard (EELV) sont quasiment figés et que Cédric Villani s’effondre. L’ancienne Garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy, lui-même revenu en grâce dans le cœur (ou l’esprit) des Français, est bien la première opposante à la maire sortante. Dans une ville qui fut si longtemps dirigée par Jacques Chirac, Rachida Dati jouit, et avec le soutien de Nicolas Sarkozy, d’une légitimité supérieure aux autres candidats. Maire du 7ème arrondissement, elle n’est pas une parachutée. Loin de la fixation quasi obsessionnelle d’Anne Hidalgo sur les voitures, elle met l’accent sur des préoccupations concrètes des Parisiens, comme la propreté et la sécurité, sans renier le besoin d’écologie désormais partagé par tous les candidats, au grand dam des Verts, tentés par la surenchère au risque de perdre toute crédibilité.

Agnès Buzyn et Rachida Dadi ont un handicap majeur, qui explique qu’Anne Hidago soit encore favorite du second tour des municipales : elles ont peu ou prou le même électorat. D’ailleurs, ce raisonnement s’applique à leurs partis respectifs. Même si une fraction de LREM lorgne sur sa gauche et qu’une partie de LR est tentée par l’extrême droite, les deux formations sont sur une ligne très voisine. La politique du gouvernement n’aurait pas été si différente si le candidat LR avait remporté l’élection présidentielle en 2017. Peut-être aurait-on eu plus tôt un grand discours contre l’islam politique

Rachida Dati et Agnès Buzyn vont donc se livrer une bataille homérique au premier tour, permettant à Anne Hidalgo, pourtant rejetée par nombre de Parisiens, de tirer les marrons du feu. A moins que… A moins qu’entre les deux tours Buzyn et Dati fassent alliance, conformément à l’homogénéité et au désir d’alternance de leur électorat.

A cette condition, oui, comme nous l’annoncions il y a un mois, Rachida Dati peut battre Anne Hidalgo !

Michel Taube

Directeur de la publication

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