Monde
06H38 - dimanche 16 février 2020

37°2 le matin… sur la banquise antarctique.

 

37°2 le matin, titre du célèbre film de Jean-Jacques Beineix sorti en 1986, n’est pas encore une température relevée en Antarctique. D’ailleurs, elle ne le sera jamais, car si on en arrivait là, il n’y aurait vraisemblablement plus personne pour relever la température sur terre. Mais…

9 février 2020, île de Seymour en Antarctique. C’est l’été austral, et la température devrait osciller autour de zéro degré. Mais il en fait presque 21°, pic (provisoire) d’un enchaînement de records. Plus chaud que certains jours d’été sur la côte normande ! On n’avait jamais vu ça. Fonte des glaces polaires, fonte des glaciers en haute montagne, comme l’a constaté de visu Emmanuel Macron en visite très médiatique sur la Mer de Glace.

Le bon endroit pour annoncer que cette fois, c’est promis : la France lavera plus vert que vert, une nécessité pour la planète et pour la majorité présidentielle menacée par une écologie politique qui tente, encore trop timidement, de se dérougir. Mais le ramage est encore loin d’être à la hauteur du plumage. La France ne respecte pas ses engagements de la COP21 ni des suivantes. Elle n’est pas la seule, certes, mais garde aux leçons qu’on ne veut voir appliquées que par les autres.

Quoi qu’il en soit, tout porte à craindre que les efforts n’y suffiront pas : même en coupant tout, en arrêtant totalement la production et la consommation d’énergie, et l’émission de CO2 (c’est comme un peu impossible, non ?), l’inertie du réchauffement ne peut être endiguée. Les moqueurs diront que Donald Trump aura la solution : construire de gigantesques clims pour refroidir l’air ! Non ? Quoi alors ? C’est à se demander si l’urgence climatique, ce n’était pas il y a 30 ou 40 ans. Et encore. Car il est possible que le réchauffement soit un phénomène naturel, comme il se peut que l’activité humaine en soit la cause exclusive ou cumulative. En conséquence, tout en essayant de contenir ce réchauffement, nous devrons nous y préparer.

En attendant que les Pays-Bas, le Bangladesh ou New York soient sous les eaux, et que paradoxalement la moitié de la planète soit en détresse hydraulique et migre vers des zones moins impactées, nos pompiers ont intérêt à être prêts à affronter des feux de forêt de même ampleur que ceux qui ont dévasté une partie de l’Australie et de la Californie. En Corse, dans le midi de la France ou en Aquitaine, le compte à rebours est déjà lancé. Le prochain été ? Le suivant ?

Bon… L’été prochain, c’est loin ! En attendant, bon dimanche !

 

Raymond Taube

Rédacteur en chef d’Opinion Internationale et directeur de l’IDP – Institut de Droit Pratique

Directeur de l'IDP - Institut de Droit Pratique / rédacteur en chef d’Opinion Internationale

« Être père ! » La chronique de Bernard Rodenstein

Et si être père à l’ancienne était la forme la plus moderne de paternité ? La fête des pères est l’occasion d’offrir le témoignage réflexif de Bernard Rodenstein, pasteur retraité et personnalité…