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07H00 - mercredi 3 juillet 2019

Le tourisme de masse, ennemi de la planète ?

 

Nous sommes à la veille des vacances scolaires auxquelles ont droit tous les Français… En est-on si sûr ?

La dernière mode en vogue dans certains milieux consiste à culpabiliser les touristes qui font plus de 100 km en voiture ou 500 km en avion et qui se rendent dans des lieux saturés de touristes ! Le message assené quotidiennement est qu’ils détruisent la planète et qu’ils mettent en danger certaines villes, Venise étant l’exemple le plus critique.

Il est vrai que le tourisme a connu une explosion, le mot est faible ! En 50 ans, on est passé de 50 millions à 50 milliards de déplacements annuels pour l’ensemble de la planète. Et l’évolution ne fait que commencer ! Qu’en sera-t-il dans 50 ans !

Et face à cette croissance, face aux problèmes qu’elle engendre, la seule réponse des radicaux écologistes est de dire STOP ! De dire qu’il y a une autre manière de faire du tourisme et de profiter de ses congés. Qu’il est préférable et même plus intéressant (si, si …) d’aller dans la campagne avoisinante faire de la randonnée pour se ressourcer….

Ils ont raison dans le sens où nos campagnes sont belles ! Mais ils oublient par là même la vraie nature du phénomène, le formidable acquis social que représente l’explosion des loisirs et donc des voyages !

En critiquant et en caricaturant les hordes de touristes sauvages incultes et irrespectueuses, ils jettent la baignoire avec l’eau du bain.

Or, il est bon de le rappeler, le tourisme de masse, c’est aussi et avant tout la culture démocratique et populaire !

Notre époque connaît une double révolution qui bouscule l’’ensemble de nos pratiques. Une révolution technologique qui permet une augmentation gigantesque de la productivité de tous les secteurs économiques et une révolution culturelle qui permet à tous d’accéder aux biens culturels. Ces deux révolutions couplées à une période de paix unique dans l’histoire récente de l’Europe, a permis la croissance exponentielle du secteur du tourisme.

A tel point que nous pouvons parler de tourisme de masse. Mais ce secteur n’a pas qu’une traduction économique, il est aussi avant tout démocratique et culturel.

Ce n’est pas uniquement les formules « Tout en un » au bord de la plage et les pieds en éventail qui explosent. Les grands lieux culturels, les musées ont une fréquentation aussi en évolution exponentielle.

La baisse des coûts de transports, la multiplication des modes d’hébergement, la mise en valeur des lieux de culture permettent aujourd’hui à presque tout le monde de découvrir les richesses fabuleuses de notre continent.

Ce qui était réservé hier aux nantis est aujourd’hui accessible à presque tous ! Cela s’appelle un acquis démocratique car l’accès à la culture est constitutif d’une identité citoyenne et donc de la démocratie. Des enfants qui ont parcouru l’Europe seront moins enclins au racisme, aux replis sur soi qui est la vraie maladie à craindre !

Hier, je croisais un couple d’enseignants (deux enfants … turbulents !!! mon dieu !) qui m’expliquait qu’ils profitent de toutes leurs vacances pour parcourir l’Europe en mobile-home … en choisissant des campings en bordure des grands lieux historiques… Cet été, leur point de chute est Venise où ils vont héberger à 20km.

Eh bien, ce couple d’enseignants, c’est le tourisme de masse… Les enfants turbulents, c’est leur éduction culturelle qui s’est forgée dans ces voyages !

Et on voudrait stopper cet acquis fabuleux ! Au nom de la planète ? Mais la planète, il y a d’autres moyens de la préserver. La culture étant le premier moyen, oui le premier, d’y parvenir ! La culture engendre l’éducation qui engendre la connaissance et donc la responsabilité. En se frottant in situ aux merveilles culturelles, on apprend à les aimer pour donc les respecter et on génère des comportements citoyens qui préservent l’environnement. Si on ne croit pas cela, autant revenir au Moyen-Age et à l’obscurantisme.

Bien entendu, il y a des abus, des dérapages et il faut les corriger. Les déplacements en avion et en voiture engendrent des problèmes très importants en matière d’environnement ! Les avions polluent beaucoup, certaines destinations sont à saturation, le tonnage des paquebots monstrueux pourrait être réduit…

Mais face à cette évolution, il est trop facile d’interdire et trop facile de dire qu’il faut changer ses habitudes. Faire de la politique, ce n’est pas que cela, c’est accompagner des évolutions pour les maîtriser et les optimiser !

Et de multiples solutions existent et sont mise en œuvre partout !

D’abord la recherche scientifique ! Réduire la consommation des avions, gérer au mieux les flux sur les aéroports, remplacer les flottes d’avion par des avions électriques (dans 20 à 30 ans ce sera possible). Mais aussi un développement du rail, des moteurs de voiture moins polluants …

Ensuite la politique : gérer mieux les flux de touristes en généralisant des tickets d’entrée obligatoires pour toutes visite de site, voire pour pénétrer dans les quartiers touristiques ; transformer complètement les rythmes scolaires et économiques (meilleur répartition des plages de vacances…), ce qui constitue probablement la meilleure solution à terme, instituer en été trois zones de début juin à fin septembre comme en hiver avec une forte coordination européenne.

Il faut donc être pragmatique, optimiste et réformateur !

Avec des idées radicales, les opposants à cette évolution ne proposent aucun horizon, aucun rêve ! Ils proposent un retour en arrière ! Finis les beaux week-ends en amoureux à Prague, Venise ou Amsterdam ; finies les virées pour une semaine au Maroc, en Tunisie, en formule Tout en un ! Finie la démocratisation de la culture qui permet à tous de visiter les plus grands musées du monde, presque partout.

Alors, cher(e)s lecteurs, cher(e)s vacanciers, excellentes vacances ensoleillées et envoyez-nous une belle carte postale, on la publiera sur le site !

 

Daniel Aaron

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