Haïku
09H30 - dimanche 14 avril 2019
Monde

Haïku Printemps 3/12 par Olivier Peraldi

 

 

 

Printemps 3/12

ô rayon naissant

même la poussière singe

la joie de vivre

 

 

Les haïkaï (haïku au singulier) expriment l’excellence de la poésie japonaise. En 17 mores (son élémentaire phonétique), en un verset composé strictement en trois segments 5-7-5, calligraphié sur trois lignes en français (une ligne verticale en japonais), chaque haïku tente d’exprimer la quintessence de l’être, d’un état, parfois d’une actualité.

Les haïkaï rythment généralement les saisons.

Le poète Olivier Peraldi nous donnera à lire chaque dimanche matin un haïku de sa création à la une d’Opinion Internationale. Du pur bonheur !

© Baptiste Hamousin

 

Olivier Peraldi a publié, entre autres, l’ouvrage Ombres & Couleurs ou le voyage du Corbeau d’Arcimboldo au Mont Fuji aux Editions Caractères. Sa dernière publication : L’An Jeune, une œuvre à laquelle sont associés le musicien Filbö et le plasticien Richard Ferri-Pisani, qui entremêle poésie, musique et art graphique.

Grâce à ces haïkaï, Opinion Internationale porte bien son nom dans cette nouvelle rubrique qui rapproche Japon et francophonie.

Le premier haïku d’Olivier Peraldi serait-il un clin d’œil aux gilets jaunes ?

Michel Taube 

 

 

 

Précédents haïkaï :

 

Hiver 1/12

soleil d’hiver

un rond-point dans la brume

quel chemin prendre 

 

Hiver 2/12

le vent se lève

l’année qui naît dort encore

loin des promesses

 

Hiver 3/12

la neige attendue

les enfants se poursuivent

maître bienveillant

 

Hiver 4/12

une question me vient

rien d’autre qu’innocence

flocon dans le vent

 

Hiver 5/12

sommets enneigés

l’être aimé languit au bain

chaleur d’étuve

 

Hiver 6/12

l’essence a gelé

son mat du jerrican

l’hiver fait son show

 

Hiver 7/12

foulant la poudreuse

sans ailes et sans intrigue

oh je m’envole

 

Hiver 8/12

là-haut une trace

branche poudrée de neige

le thé infuse

 

Hiver 9/12

mais où est l’hiver

voie lactée domestiquée

diodes d’insomnie

 

Hiver 10/12

 les arbres chétifs

veillent la croisée close

le vieux va mourir

 

Hiver 11/12

le pas incertain

à la suite du torrent

vifs reflets d’argent

 

Hiver 12/12

modestes bouleaux

j’écris sur vos parchemins

jours silencieux

 

Printemps 1/12

réveil en sursaut

le premier chant du printemps

arrivé si tôt

 

Printemps 2/12

ombres glissantes 

sous la porte encore fermée

le chat s’étire