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08H00 - samedi 2 février 2019
Monde

The Queen Rhapsody : mais qui était Farrokh Bulsara ?

 

L’esprit pop rock anime la rédaction d’Opinion Internationale et nous avons eu un coup de cœur pour le film Bohemian Rhapsody de Bryan Singer. Hommage rendu par deux autres fans, Muriel Touaty et Marginal Ray.

Le biopic Bohemian Rhapsody de Bryan Singer a été primé aux derniers Golden Globe (meilleur film dramatique, meilleur acteur dans un film dramatique pour Rami Malek), ce qui en fait l’un des favoris des prochains Oscars, notamment dans les catégories reines du meilleur film et du meilleur acteur. Il raconte l’histoire du mythique groupe de rock Queen et plus encore celle de son emblématique chanteur et leader, Farrokh Bulsara, alias Freddie Mercury.

On le sait, Bohemian Rhapdosy est aussi le titre phare de l’album A Night At The Opera qui, plus encore que les célèbres tubes de Queen comme We Will Rock You, The Show Must Go On ou Another One Bites The Dust, donne la pleine dimension du génie de son leader, capable de s’aventurer sur le terrain de la musique classique, en l’occurrence l’opéra, sans abandonner son âme de rocker ni tomber dans la grandiloquence.

Freddie Mercury fut un chanteur et un showman hors du commun, un excellent pianiste, un compositeur hétéroclite arpentant au fil des albums de Queen des horizons musicaux inexplorés. Toutes ces qualités étaient connues et appréciées des nombreux fans du groupe, et même des supporters de football qui entonnaient et entonnent toujours We are the Champions après quelque grande victoire.

Le mystère Farrokh

Mais les fans de Freddy Mercury connaissaient-ils Farrokh Bulsara, avant que le film Bohemian Rhapsody ne dévoile, certes avec quelques libertés propres à l’art cinématographique, une part de fragilité, de sensibilité exacerbée, de mystère et parfois d’ombre d’une des plus grandes stars du rock ?

Car Freddie Mercury n’était pas bohémien mais perse d’origine !

Né à Zanzibar, en actuelle Tanzanie, Farrokh Bulsara, alias notre cher Freddie, était membre de la communauté Pârsî, d’origine perse et de religion zoroastrienne, une particularité qu’il semblait avoir voulu cacher, voire renier sa vie durant.

Comme si Freddie Mercury avait voulu tuer Farrokh Bulsara. Ses dernières volontés furent pourtant d’être incinéré dans le respect des rites de sa religion. Elles furent aussi de léguer à son premier et unique grand amour féminin, Mary Austin, la moitié de sa fortune, bien que leur relation eut changé de nature, mais pas d’intensité, après que son homosexualité se soit pleinement révélée à lui.

Freddie Mercury n’est pas mort du sida à l’âge de 45 ans, le 24 novembre 1991 car les grands artistes ne meurent jamais. Sa musique, principalement en tant que chanteur et principal compositeur de Queen, appartient aujourd’hui à la musique classique du XXème siècle, à la musique contemporaine du XXIème, comme celle des Beatles, des Stones, de David Bowie et autres Led Zeppelin.

Telle est la cruauté et la grandeur de l’histoire : on écoutera et on chantera encore Freddie Mercury quand on aura oublié que Farrokh Bulsara avait existé. Tant mieux pour le premier, tant pis pour le second, qui fut un personnage attachant, fantasque, fidèle en amour comme en amitié, au parcours extraordinaire et au talent rare.

« Je ne veux pas être une Rock Star, je veux être une légende », disait Farrokh avant même de savoir ce qu’il allait être et devenir. Son intuition, liée à sa part de féminité, liée à son humanité si franche, à sa sensibilité aiguisée, combinaison gagnante de l’alchimie du cœur et de la raison, a définitivement eu raison de lui. 

Freddie / Farrokh, grand Homme dans un corps si fragile mais si affuté, était un gagnant, doté d’une forte liberté psychique. Il a fait de sa vie un terrain de jeu, il l’a fait pour l’enchantement de ses amoureux.

Hymne à Farrokh Bulsara, Hymne à Freddie Mercury ! Hommage à une vie rhapsodie à revivre au cinéma…

 

Muriel Touaty et Marginal Ray