Laïcité
France /
07H16 - mardi 27 novembre 2018

Prix de la laïcité 2018 : discours de Jean-Pierre Sakoun, Président du Comité Laïcité République

mardi 27 novembre 2018 - 07H16

Opinion internationale publie l’intégralité du discours de Jean-Pierre Sakoun, président du Comité Laïcité République, qui ouvrait la cérémonie des prix de la laïcité qui s’est déroulée à l’Hôtel de Ville de Paris le 6 novembre 2018.

LAUREATS DU PRIX DE LA LAÏCITE 2018 : 

  • Prix national : Georges Bensoussan, agrégé d’histoire, docteur ès lettres, ancien responsable éditorial du Mémorial de la Shoah, chercheur, auteur (Les Territoires perdus de la République), Prix de la Fondation du Judaïsme français.
  • Prix international : Boualem Sansal, combattant infatigable de la démocratie et de la laïcité, a publié de de nombreux essais et romans dont Le Train d’Erlingen en 2018. Boualem Sansal a reçu le Grand Prix de la Francophonie (2013) et le Grand Prix du roman de l’Académie française (2015).
  • Prix Sciences et Laïcité : Jean-Pierre Changeux, éminent scientifique, neurobiologiste de notoriété mondiale, défenseur de la rationalité et de l’universalisme, auteur de deux célèbres ouvrages sur les neurosciences. Dans une approche philosophique, son dernier livre, Du vrai, du beau, du bien, incite les lecteurs à stimuler leur cerveau pour inventer un futur qui permette à l’humanité d’accéder à « la vie bonne », une vie plus solidaire.

Des distinctions nationales ont aussi été attribuées à :

  • Jean-Pierre Obin, Inspecteur général honoraire de l’Éducation nationale, auteur du rapport sur les signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires (2004)
  • Tania de Montaigne, écrivaine et journaliste, Prix Simone Veil 2015, auteur de L’assignation, les Noirs n’existent pas.

Des distinctions internationales ont aussi été attribuées à :

  • Raif Badawi et Ensaf Haidar. Raif Badawi, blogueur laïque saoudien, est emprisonné pour dix ans et condamné à mille coups de fouet dans son pays ; il a reçu le Prix Sakharov 2015, remis à Ensaf Haidar, son épouse, qui se bat pour sa libération et pour la liberté de conscience et d’expression
  • aux femmes iraniennes en lutte pour leur liberté ; Sarah Doraghi, journaliste française née en Iran, auteur, porte leur combat et reçoit cette distinction en leur nom.

 

discours de Jean-Pierre Sakoun,
Président du Comité Laïcité République

 

Mesdames et Messieurs les Maires adjoints,
Mesdames et Messieurs les anciens Ministres,
Mesdames et Messieurs les Députés et Sénateurs et anciens parlementaires,
Mesdames et Messieurs les élus de la République,
Mesdames et Messieurs les représentants des partis politiques et des syndicats, Mesdames et Messieurs les Professeurs au Collège de France et les membres de l’Institut, Mesdames et Messieurs les présidents des associations laïques,
Citoyens, chers amis, chers membres du Comité Laïcité République,

 

Une fois encore, cette cérémonie est un succès comme le démontre cette salle pleine, témoignage de la vitalité de notre combat laïque, de l’importance de notre engagement et des exigences républicaines des Français.

Vous êtes très nombreux et nous sommes fiers de compter parmi vous tant d’élus, de représentants d’associations et de personnalités marquantes de la société civile. Leurs noms, vos noms, vont défiler sur cet écran, pendant la cérémonie et nous nous excusons par avance auprès de ceux que nous aurions oubliés, tant votre affluence est grande.

Je remercie Madame la Maire, Anne Hidalgo, de nous accueillir dans cette magnifique salle. Nous savons en matière de laïcité, pouvoir compter sur sa grande voix. Il n’est pas indifférent que cette cérémonie prenne place depuis près de 10 ans dans la plus grande maison commune de France, qui fut le théâtre depuis les premiers jours de la Révolution française, de la construction de nos idéaux.

Je voudrais tout particulièrement saluer les nombreux parlementaires qui ont accepté notre invitation, confirmant ainsi la vivacité de nos principes au sein de la représentation nationale. Je vois aussi devant moi beaucoup d’élus territoriaux ; chaque année leur présence toujours plus nombreuse témoigne de leur fidélité à ces mêmes principes et de leur besoin de les voir réaffirmés.

Comme chaque année, et parce que cela prend désormais la forme d’une tradition mémorielle et historique – et que serions-nous, Républicains, sans l’histoire ? – je me tourne vers les témoins et les proches des victimes des attentats qui ont ensanglantés la France et ont fait prendre conscience à beaucoup de l’urgence laïque. Je salue Marika Bret, DRH de Charlie, Gérard Biard, rédacteur-en-chef de Charlie, et bien sûr les parents de Charb, dont la présence fidèle à cette cérémonie nous rappelle que les ennemis de la liberté et de l’universalisme ont fait, font et feront encore couler le sang. Charb, qui fut le Président du jury des Prix de la Laïcité en 2012, restera notre compagnon de liberté, d’égalité, de fraternité, de laïcité et d’irrévérence. Nous sommes et resterons toujours Charb, toujours Charlie, comme nous l’avons manifesté en janvier, lors de la journée du même nom, coorganisée par le CLR avec le Printemps républicain et la LICRA.

À ces saluts, je voudrais associer cette année quatre femmes qui sont depuis quelques mois, quelques semaines ou quelques jours, les cibles de la violence intégriste et d’un véritable lynchage sur les réseaux sociaux, dans les officines indigénistes et dans certains cercles de pensée dévoyés de l’Université et de la Culture. Elles viennent de tous les horizons politiques et intellectuels, mais partagent le goût de la liberté, l’exigence de l’égalité entre les hommes et les femmes et le refus des petits abandons et des grandes capitulations. Il s’agit d’Isabelle Barbéris, Fatiha Boudjahlat, Marie-Laure Brossier et Lydia Guirous. Deux d’entre elles sont présentes ce soir parmi nous. Elles nous montrent la voie et démontrent que les hussards noirs de la République sont aujourd’hui les femmes qui, comme le disait Simone de Beauvoir, « n’oublient jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que leurs droits soient remis en question ».

La République et la laïcité n’ont trouvé leur pleine étendue que depuis qu’elles ont cessé d’être le territoire exclusif des hommes. L’égalité entre les sexes et la défense des droits des femmes font désormais partie de nos plus urgents combats. La disparition de Simone Veil qui fut l’emblème de ces luttes et son entrée au Panthéon prennent une dimension toute symbolique alors que la liberté des femmes de disposer de leur propre corps est attaquée par toutes les autorités religieuses, du pape aux mollahs iraniens, en passant par les gouvernements autoritaires en Europe-même. Nous ne pouvons passer sous silence que ces assauts contre la liberté des femmes se doublent parfois de violences antisémites : Simone Veil fut l’emblème de l’une et l’autre luttes, elle qui, laïque, républicaine et féministe, revint des camps de la mort. Oui les femmes sont les phares qui nous guident comme ces Iraniennes qui risquent toutes les violences pour arracher un linceul auquel veulent les condamner ceux qui se prétendent leurs maîtres. Quelle confusion, quel détournement lorsque des associations qui se disent féministes manifestent pour un fantasmatique « droit à porter le voile » alors que des millions de femmes rejettent cette marque de leur « infériorité ». Signalons d’ailleurs que ces mêmes associations conservent le silence le plus abyssal sur le martyre d’Asia Bibi, au Pakistan, faite citoyenne d’honneur de la Ville de Paris en 2015 grâce à Mme Hidalgo.

Quand juristes, associations et politiques oublient que les droits humains ne valent que guidés par les droits des citoyens, on voit des comités dépendant de l’ONU critiquer des décisions de justice et des lois, en mettant sur le même plan le « ressenti » de quelques égarées et les principes du bien public et de la liberté de toutes.

La France est un pays dont les citoyens répètent, sondage après sondage, que, croyants, agnostiques ou athées, ils sont laïques à près de 80%. Ceci signifie très clairement, très simplement qu’ils ne veulent pas de l’emprise d’un dogme quel qu’il soit sur la société. Depuis 1789, la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen nous rappelle que « le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation (et que) nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément ». Pourtant notre société est envahie quotidiennement par les exigences, les outrances, de ceux qui voudraient que leur conception autoritaire et radicale de la foi, de l’ethnie, de la race, fasse loi. Désormais, lorsque l’on prend la parole, on doit dire qui l’on est, noir ou blanc et l’on y est assigné.

Cette pression prend souvent des formes impalpables difficiles à dénoncer et à combattre. Pensons aux ravages que le refus irrationnel de la vaccination ne manquera pas de produire ; les prémices se manifestent déjà. Les sciences et les extraordinaires progrès qu’elles ont apportées à l’humanité sont mises dans le même sac que les plus obscures superstitions.

Pensons à l’intervention véhémente des religions dans le débat public à propos du droit à mourir, de la PMA ou de la GPA. Quelle que soit notre opinion personnelle sur ces questions, c’est le débat citoyen et politique qui décidera de l’avenir de ces réformes et non les manifestations « pour tous » d’interdits dogmatiques.

Inquiétante encore cette bigoterie que l’on croyait d’un autre âge, lorsqu’un prix Nobel de physique se voit pieusement désavoué par son institution pour un clip musical et souriant mettant en scène des hommes et des femmes en short et tee-shirt.
Que penser enfin de ces municipalités qui, par des raisonnements biaisés et une logique

renversante en arrivent à autoriser le port du burkini dans une piscine publique, c’est-à-dire en réalité à interdire à celles qui n’en veulent pas, de porter autre chose. Les mêmes souvent contournent la loi de 1905 et font passer le cultuel pour du culturel, consacrant ainsi des budgets aux croyances de quelques-uns plutôt qu’au bien-être de tous. Vaut-il mieux financer en-dehors de la loi une mosquée ou la réfection d’un lieu de culte postérieur à 1905, ou un dispensaire et du soutien scolaire ?

Cette emprise informelle sur notre société est inquiétante.

Que doivent penser de nous face à ces dérives ces femmes iraniennes révoltées, ce blogueur laïque saoudien condamné à 1000 coups de fouet, ces démocrates algériens auxquels on préfère l’obscurantisme ?

Que penserait, que pensait de ces reculs notre ami Antoine Sfeir, disparu il y a quelques semaines, qui fut président de ce jury en 2007 ? La mémoire de cet homme modeste, de ce combattant courageux, de cet ami de la laïcité, pont entre notre pays et les progressistes libéraux du monde arabe doit continuer à nous inspirer.

Oui, la laïcité est un principe constitutionnel et législatif, mais par son enracinement dans l’histoire de notre pays, elle est aussi un mode de vie ; nos terrasses de café fréquentées par des hommes et des femmes – une des images les plus représentatives de la France à l’étranger – sont bien la marque d’une liberté que certains veulent voir disparaître.

L’érosion de nos libertés sous la pression des adversaires de la laïcité prend de plus en plus souvent la forme du retournement rhétorique des principes démocratiques. De la rue à l’université, il n’est pas de mois où cette perversion de la pensée ne se manifeste.

Quand un héros de la République, le Colonel Arnaud Beltrame, exemple-même de la richesse d’un être humain, républicain, laïque, militaire, croyant, franc-maçon, et tant d’autres qualités encore, se voit honoré par un conseil municipal d’une plaque de rue à son nom, il se trouve des élus de la République pour s’opposer à cette décision, car « ce serait de la provocation ».

Quand nous commémorons les morts du Bataclan, il se trouve des chanteurs qui veulent crucifier les « laïcards » et violer Marianne, pour se peindre en victime quand on leur demande poliment d’aller le faire ailleurs que sur les lieux du massacre.

Quand la pièce extraite de l’ouvrage posthume de Charb doit être montrée dans certaine ville ou certaine université, il se trouve des maires et des présidents pour interdire les représentations « pour ne pas faire de vagues ».

Quand enfin, chercheurs et universitaires veulent réaffirmer les principes de notre vie commune, certains de leurs collègues, de plus en plus nombreux et de plus en plus égarés, les traitent de fascistes – pas moins – écrivent des livres, soutiennent des thèses, se voient élus maîtres de conférences ou professeurs, en défendant toutes les formes de différentialisme, de séparatisme, de racisme à rebours et de refus de la liberté de conscience.

Comme le disait George Orwell « La guerre, c’est la paix ; la liberté, c’est l’esclavage ; l’ignorance, c’est la force ». Il ajoutait, lui l’intellectuel, « qu’il est des idées d’une telle absurdité que seuls des intellectuels peuvent y croire ».

Nous aimerions, nous aimerions tant, Mesdames et Messieurs les élus qui nous faites l’honneur de votre présence ce soir, que ces préoccupations, ces inquiétudes trouvent, grâce à vous, leur chemin vers nos gouvernants. Nous savons bien que la politique est un art du possible qui commande d’aborder la réalité avec pragmatisme. Mais nous savons aussi – et toute l’histoire des démocraties le démontre – que reculer sur les principes ne résout rien et aggrave même les choses. Que penser de ce « lien abîmé » entre la République et l’Église ? Que penser de « la radicalisation » ou de « l’intégrisme » laïques ? Que penser – et vous êtes nombreux ici à vous être posé la question lors du vote de la loi ESSOC dite loi de confiance – de cet assouplissement du contrôle sur les lobbies religieux et le financement privé des cultes ? N’est- il pas temps que des paroles fortes, rassemblant le peuple français autour de sa culture et de sa tradition universaliste soient prononcées, dans un grand discours sur la Laïcité ?

Des fuites reprises dans le quotidien L’Opinion du lundi 5 novembre et confirmées depuis par diverses sources gouvernementales font état d’un projet de modification en profondeur de la Loi de 1905 visant les articles permettant le contrôle des agissements religieux en matière politique. Nous pensons que tous les instruments de contrôle et de coercition nécessaires existent déjà dans cette Loi et dans l’arsenal juridique français. Nous serons donc très attentifs aux modifications que pourrait subir cette loi, redoutant un affrontement qui pour le coup mobiliserait tous les laïques. Rappelons avec Victor Hugo que « ce que voulaient nos pères, [c’est] l’Église chez elle et l’État chez lui. » et avec Montesquieu, « qu’Il ne faut toucher aux lois que d’une main tremblante. » Cette révision si elle aboutissait, devrait aller dans le sens de plus de liberté des citoyens, plus d’émancipation et de moins d’influence des cultes sur l’espace public.

La laïcité et ses bienfaits en matière de liberté, d’égalité et de fraternité, ne se perpétueront pas sans l’outil majeur de construction de notre République, l’École. Depuis plus de quarante ans les réformes vont toujours dans le sens de moins de savoirs, moins de sens critique, moins de transmission, moins de citoyenneté et de plus « d’employabilité ». De telles évolutions sont bien entendu vouées à l’échec.

La capacité à vivre et à agir en société pour le bien de tous et le sien propre, s’acquiert par la construction d’un adulte armé des savoirs lui permettant ensuite d’accéder à toutes les connaissances, armé de sens critique, bref armé de sa citoyenneté et pas de « techniques de communication ».

La bataille est rude. Après Les territoires perdus de la République de Georges Bensoussan en 2002, après le Rapport Obin en 2004, la DGSI nous confirme aujourd’hui que l’école n’est plus le creuset de l’intégration, mais risque de devenir le champ clos des outrances communautaristes.

On a appris il y a quelques jours que des enseignants sans repère pétitionnaient contre l’obligation de lecture d’un programme national de sept œuvres littéraires en Seconde, au motif que « l’on voulait ainsi créer une culture commune » !

Monsieur Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, a pris – nous semble-t-il – la mesure du péril. Il a mis en œuvre depuis un an des mesures qui vont dans le bon sens, en s’appuyant sur les travaux avisés du Conseil des Sages de la laïcité, dont plusieurs membres que je salue sont parmi nous ce soir. Soutenons son effort.

Ces différents constats confirment l’importance de la préoccupation culturelle parmi nos concitoyens. Même les pays démocratiques dans lesquels l’économie se porte bien connaissent ces troubles civilisationnels. Les peuples ont le sentiment que leur mode de vie, le long travail de construction de leur liberté et de leur égalité, sont remis en cause. À ne pas prendre en considération ces inquiétudes, l’Europe que nous voudrions sociale, solidaire – et laïque – voit surgir des forces politiques hostiles à la démocratie présentée comme responsable de ces régressions. La Pologne, la Hongrie, la République tchèque, l’Autriche, l’Italie même, empruntent aujourd’hui des chemins bien aventureux. Que dire des 85 députés de l’AfD en Allemagne ? Que dire de la dérive autoritaire de la Turquie ? Lorsque nous tournons les yeux vers l’Amérique, nous voyons que les deux pays les plus peuplés du continent, les États-Unis et le Brésil, cèdent aussi à de sombres tentations.

La France a plus que jamais un rôle à jouer, pour lequel elle reste admirée dans le monde entier, pour redonner vie aux idéaux politiques qu’elle a inventés en 1789. Pour cela, elle doit donner l’exemple dans ses propres frontières. En aurons-nous encore la force si nous continuons à reculer sur nos principes ?

J’évoquais tout à l’heure la mémoire de Simone Veil et celle d’Antoine Sfeir. Je rappellerai celle de Charles Aznavour. Lors d’un entretien avec Jacques Chancel qui s’évertuait avec une insistance pesante à lui faire dire qu’il devait se sentir arménien, il lui répondit « c’est mon folklore. Je suis arménien parce j’ai été baptisé dans l’église arménienne… et puis je suis Français. Il ajouta « J’ai eu la force de me battre parce qu’il y avait la misère. Il y a beaucoup de gens qui veulent réussir pour gagner une terre, pour gagner un pays. Et le langage est un pays ». Celui-là, ce jour-là, a donné une grande leçon à tous ceux qui ne comprennent pas que nous sommes faits d’identités multiples qui construisent la richesse singulière de chacun et non d’une essence unique et que ce sont ces singularités réunies autour des principes qui nous gouvernent, qui forment la République laïque.

Apprécions avec optimisme les signes d’un raffermissement de notre laïcité après trente-cinq ans d’érosion. Accueillons avec espoir les déclarations récentes de Gérard Collomb, de Martine Aubry, de Mazarine Pingeot, qui appellent désormais à défendre l’universalisme. Remarquons les manifestations d’une culture laïque renouvelée, à travers films, séries et ouvrages. Applaudissons hors de nos frontières aux votes des Irlandais sur l’interruption volontaire de grossesse et l’abrogation du délit de blasphème. Souhaitons que nos efforts et le rétablissement d’une école républicaine nous permettent de vivre de nouveau fraternellement, d’où que nous venions, pour construire entre égaux émancipés un avenir de liberté et de fraternité.

Souvenons-nous toujours, comme l’a écrit notre amie Catherine Kintzler que « La laïcité a produit plus de libertés que ne l’a jamais fait aucune religion investie du pouvoir politique. »

C’est pour illustrer l’ardente nécessité de ce combat pour nos libertés que le CLR a créé les Prix de la Laïcité, en 2003, sous l’impulsion de Patrick Kessel mon prédécesseur, que je veux saluer pour son action incessante et féconde, fondateur du CLR avec ceux qui en deviendront aussi les présidents, le grand historien Claude Nicolet et le Sénateur Henri Caillavet. Ces prix nous donnent l’occasion d’honorer celles et ceux qui au prix de grands dangers se battent pour la liberté, l’égalité et la Fraternité, donc pour la Laïcité, en France ou ailleurs.

Avant de passer la parole à la présidente du jury 2018, j’adresse mes sincères remerciements au service du Protocole et aux Services techniques de la Ville de Paris, pour leur amabilité, leur professionnalisme et leur disponibilité. Ma gratitude va bien sûr aux membres du Comité Laïcité République, et particulièrement à l’équipe du Secrétariat général et à celle de la Communication, qui, entièrement bénévoles, permettent chaque année que le miracle se reproduisent, et sans intervention divine !

Le jury a bien travaillé, beaucoup discuté et pris des décisions dont vous allez avoir la primeur dans quelques minutes. Merci Françoise, merci aux membres du jury et mes félicitations anticipées aux lauréats.

La parole est donc à Françoise Laborde, journaliste de télévision, qui a exercé son talent sur TF1, France 3 puis France 2. Françoise a été membre du CSA, du Haut Conseil à l’égalité entre femmes et hommes, de la Commission chargée de la lutte contre les stéréotypes sexistes.

Essayiste talentueuse, elle est l’auteur d’un récent ouvrage-choc, Le Massacre des innocents : les oubliés de la République. Françoise Laborde est une militant laïque

infatigable et une fidèle compagnonne des combats et des actions du CLR.

 

Je vous remercie.

 

 

Directeur de l'Institut de Droit Pratique