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10H14 - samedi 25 novembre 2017

25 novembre et Orange Day : en finir avec la pandémie des violences faites aux femmes. La tribune de Julienne Morisseau du réseau de femmes, Zonta

samedi 25 novembre 2017 - 10H14

En ce 25 novembre, date de l’Orange Day initié par ONU Femmes, et en dépit des efforts réalisés dans bon nombre d’Etats pour combattre les violences faites aux femmes, il est utile de rappeler que les statistiques du nombre de femmes violentées restent alarmantes. Les chiffres connus ne reflètent que la partie visible de l’Iceberg, car la majorité des cas de violences conjugales, dont les violences physiologiques, n’est pas signalée aux autorités compétentes.

Cette pandémie que constituent les violences faites aux femmes affecte toutes les catégories socio-professionnelles confondues et n’est pas l’apanage des milieux populaires.

Dans les cas de violences physiques, les femmes souvent meurtries, intériorisent le sentiment de honte, de culpabilité allant jusqu’au déni avant de franchir, pour celles qui arrivent à s’armer de courage, le pas du signalement. Car la peur du jugement d’autrui ou de représailles dissuade un grand nombre de femmes, qui subissent en silence.

 

La recrudescence de ces violences témoigne de la nécessité d’agir ensemble. C’est pourquoi le Zonta International mène un combat majeur pour lutter contre les violences faites aux femmes, notamment sur la sensibilisation à travers la campagne de l’Orange Day durant 16 jours. Nous disons : « zontasaysnotoviolenceagainstwomen ». 

Pour ce faire, le club services Zonta International mène des actions depuis des décennies afin de lutter contre cette violation fondamentale des droits de la femme à travers divers programmes. Zonta International qui a un statut d’Organisation Non Gouvernementale avec une voix consultative auprès du Conseil Economique et Social de l’ONU (avec des observateurs de l’UNESCO, de l’UNICEF, de l’OIT et du Conseil de L’Europe), se compose de 30.000 membres dans 70 pays.

Zonta International soutient la ratification de la Convention des Nations-Unies pour l’élimination de toutes les formes de discriminations envers les femmes (CEDAW). En effet, cette ONG s’est engagée sur le principe que les droits des femmes sont partie intégrante des droits de l’être humain. Entre 1998 et 2002, elle a collaboré avec l’UNICEF dans le cadre de la lutte contre les mutilations génitales au Burkina Faso. Grâce à cette action, le Burkina faso a enregistré une baisse de 40% du nombre de filles ayant subi ce type de discrimination.

A l’horizon 2019, Zonta International aura engagé 2 millions de dollars pour mettre fin à la violence faite aux femmes au Népal et au Niger. 

Ainsi, au Népal, en partenariat avec l’ONU Femmes, Zonta International aide aussi à la création de fondations durables pour aborder la relation entre la traite des êtres humains et la migration de main-d’œuvre étrangère des femmes et des filles au Népal. Au cours de ce projet qui s’étale sur deux années, l’ONU Femmes aidera directement 600 survivants de la traite et des femmes migrantes vulnérables et touchera indirectement 100 000 jeunes, dirigeants communautaires, autorités locales, coordonnateurs de camp, écoles, familles de migrants et membres de réseaux victimes des tremblements de terre.

Au Niger, Zonta international lutte contre le mariage précoce considéré comme une forme de violence en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP). Grâce à un programme d’éducation sanitaire, d’éducation formelle et d’alphabétisation, l’ONG aide 11 000 adolescents.

Enfin, en France, Zonta Club Paris Port Royal Concorde a pour objectif de venir en aide aux femmes sans-domicile-fixe en Ile de France. L’enjeu est de taille car on dénombre plus de 7000 femmes sans abris dans la région parisienne. Ces femmes meurtries, oubliées subissent toutes formes de violences banalisées.

Le combat que l’opinion publique soutient en ce 25 novembre est donc universel et se mène sur tous les continents.

 

Julienne Morisseau

Présidente de Zonta Club Paris Port Royal Concorde

 

Franco-Haïtienne âgée de 33 ans,Julienne Morisseau évolue depuis dix ans dans le monde du numérique. Elle œuvre pour l’éducation gratuite dans les zones rurales pour les enfants pauvres en Haïti à travers son ONG OSEDH et militante pour la valorisation du statut de la femme dans la société civile à travers le ZONTA.

Pour aller plus loin : https://www.zonta.org/