International
10H33 - mardi 15 novembre 2016

Entretien avec Fode Sylla, le Sénégalais qui voit loin pour son pays !

 

fode

Comment se porte le Sénégal ?

Il est en bonne voie de réussir ses objectifs. Le président Macky Sall articule sa politique autour d’une idée forte, le Sénégal émergent. Sur une période de 25 ans, le pays doit atteindre ses objectifs en termes de développement, d’éducation, de santé, d’habitat, d’agriculture. Pour une fois, les échéances ne se calent pas sur échéances politiques et c’est important. Nous travaillons sur des projets qui pourront vivre sans les dirigeants au pouvoir actuellement.

La première responsabilité d’un pays comme le nôtre reste la sécurité à tous les niveaux. La sécurité alimentaire en est une des facettes, d’où l’importance de la lutte contre le réchauffement climatique et la tenue de la COP22 où notre président arrive aujourd’hui à Marrakech. Nous avons pour objectif d’atteindre l’autosuffisance en matière de production de riz. Nous avons décidé de mettre en place une couverture maladie universelle et créer un salaire minimum pour toutes les populations qui sont les plus fragiles. Enfin, il y a aussi la sécurisation de nos frontières.

 

La COP22 se veut celle de l’Afrique. Qu’en pensez-vous ?

Lors de la COP21, Macky Sall avait bien résumé la situation en disant que les pays du Sud sont ceux qui subissent le plus les effets du changement climatique sans en être les pollueurs : l’ensemble de l’Afrique, c’est moins de 4% des émissions de gaz à effet de serre. La COP 22 qui se tient au Maroc donne la parole aux pays du Sud. Les débats ont eu lieu jusqu’à présent très majoritairement dans le Nord. Ce changement climatique implique aussi les déplacements de populations suite aux déforestations, le phénomène appelle certains à aller chercher refuge dans d’autres villes voire d’autres pays et doivent parfois traverser des zones de guerre.

Nous prenons notre part du problème et des solutions dont le solaire. Le Sénégal s’est doté de la plus grande centrale solaire de l’Afrique de l’Ouest. Par ailleurs, le PNUD a lancé une opération pour permettre un accès à l’eau par le biais des forages. Nous avons une vraie politique de sensibilisation dans les écoles. Le Maroc, le Rwanda ont récemment interdit les sacs plastiques. Les initiatives sont multiples et vont aller crescendo.

 

Comment expliquez-vous que le Sénégal ne soit ni une dictature ni une démocrature avec un grand respect de l’alternance ?

Il y a aujourd’hui une grande maturité des sociétés civiles africaines et des moyens de communication solides qui permettent parfois, comme ce fut le cas au Burkina Faso, de démocratiser des pays tenus par des dictateurs.

Notre chance au Sénégal, c’est qu’il n’y a pas de richesse en matières premières contrairement à bien d’autres pays. Nous n’avons donc pas souffert de la convoitise des puissants grâce à notre situation géographique.

D’autre part, nos dirigeants, depuis l’indépendance, ont misé sur l’éducation et ont joué le jeu de l’alternance démocratique. Macky Sall a changé la Constitution en transformant le septennat en quinquennat de deux mandats non renouvelables. Le Sénégal est attaché à la démocratie.

Nous avons enfin une véritable coexistence interreligieuse et interethnique. Nous avons un islam tidjian et mouride qui offre le meilleur de l’Islam et devient un rempart contre le djihadisme. Dans une même famille, on peut trouver des catholiques et des musulmans sans que cela ne pose problème.

 

Le Sénégal est-il un pays laïc à certains égards ?

On ne peut établir de comparaison avec la France mais il n’y a pas d’interférence du religieux dans la politique sénégalaise mais nous sommes un pays musulman sans complexe, le seul, avec la Turquie, qui ait aboli la peine de mort.

 

Propos recueillis par Michel Taube

Directeur de la publication

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