Monde / World
France /
17H08 - jeudi 6 octobre 2016

COP22, il n’y a que des solutions… Le soldat diesel, sauvé par le biodiesel ?

jeudi 6 octobre 2016 - 17H08

A l’heure  du salon mondial de l’automobile qui se tient en ce moment à Paris et à un mois de la COP22 qui ouvrira le 7 novembre à Marrakech, Opinion Internationale inaugure avec le biodiesel une rubrique consacrée aux solutions pratiques et industrielles qui permettraient de mettre en œuvre concrètement les nécessaires adaptations de nos sociétés, impulsées par l’Accord de Paris issu de la COP21, à un développement plus durable.

 10479076844_7520d7252a_b

Près de douze millions. C’est le nombre d’automobiles en France qui fonctionnaient encore au diesel en 2014. Avec une voiture neuve sur deux qui roule avec ce carburant, l’hexagone fait office de champion européen. Face à la pollution que génèrent les plus anciens véhicules, plusieurs solutions se développent depuis une vingtaine d’années, à commencer par le biodiesel, issu d’huile végétale, de graisse animale ou d’huiles usagées. Une innovation qui permet de changer les regards sur le diesel, et de le voir comme un carburant en constante évolution.

« A la pompe, tout consommateur qui fait son plein à la station-service ignore que son gazole est déjà constitué de 7 à 8% de biodiesel », précise d’entrée Kristell Guizouarn, directrice du développement durable du groupe Avril, par ailleurs ingénieur agronome et en produits pétroliers moteurs. Produit principalement à partir de colza français, le biodiesel Diester t voit sa part d’incorporation  encadrée et définie par les pouvoirs publics. « La loi française autorise jusqu’à 8% de biodiesel dans le carburant, mais l’idéalserait d’atteindre 10% pour 2017 », reprend la directrice du développement durable d’Avril. Plusieurs véhicules sur le territoire sont même homologués jusqu’à 30%, à l’instar de certaines flottes de bus, mais demeurent des cas particuliers.

Un remède miracle ?

Selon les représentants de la filière et de nombreux analystes, le biodiesel pourrait être une solution pour réduire la pollution urbaine. Non soufré, le produit permet aussi de limiter significativement l’émission de particules fines. « Augmenter la part de biodiesel serait une mesure immédiate pour compenser les émissions des voitures les plus anciennes, non équipées de filtres » , commente la représentante d’Avril.

Dans le contexte de lutte contre le réchauffement climatique, le biodiesel permet aussi une réduction importante des émissions de gaz à effet de serre (GES), avec une émission neutre en CO2. « Le biodiesel, dans tout son cycle de vie, émet près de 60% de GES en moins que le diesel fossile. Le gain est évident ! » explique Kristell Guizouarn.

Enfin, c’est tout un pan de l’économie française qui se voit vitalisé par le développement du biocarburant, qui représente 20.000 emplois directs, indirects et induits  en France. Une production importante qui allège une facture énergétique salée, en permettant d’économiser l’équivalent d’un milliard d’euros chaque année en gazole non importé.-importé.


Quelques doutes subsistent

La progression du biodiesel dans les réservoirs reste encore freinée par quelques doutes et de sérieuses oppositions. Oppositions d’une partie des acteurs du secteur du diesel, d’une part, qui se voit imposer une incorporation limitant ses volumes . « 

L’atout environnemental du biocarburant s’est aussi vu remis en question par certaines études. L’ONG Transport & Environment soulignait en 2014 dans une étude le risque que le biodiesel causerait une très légère surconsommation par rapport au diesel fossile.

L’ONG remet également en question le bilan environnemental du biodiesel, une affirmation contestée par les acteurs d’une filière française revendiquant sa spécificité dans le paysage mondial des biocarburants.

La mise au point de biocarburants de plus en plus propres couplée à une production raisonnée des huiles végétales pourrait s’avérer un pari gagnant pour réduire rapidement les émissions de gaz à effet de serre. En attendant des mesures plus fortes dans le secteur des transports.

 

Michel Taube avec Noé Michalon

Directeur de la publication