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12H00 - vendredi 9 septembre 2016

20 ans après, la Parisienne court toujours…

vendredi 9 septembre 2016 - 12H00

Créée en 1997 par Patrick Aknin, la course à pied « La Parisienne », qui se court dimanche 11 septembre, est aujourd’hui la plus grande course d’Europe 100% féminine. Un succès porté en famille puisque Jennifer, la fille de Patrick, est directrice de la manifestation. Entretien avec une femme sur tous les fronts.

La Parisienne - Crédit photo : V. Krieger

La Parisienne – Crédit photo : V. Krieger

Une ex-Parisienne, Natalie Portman, a récemment parlé de froideur pour décrire les Parisiens. En quoi la Parisienne diffère-t-elle en termes d’état d’esprit ?

Le succès de la Parisienne, c’est son énergie en totale rupture avec ce côté individualiste, train-train et robot qu’on peut retrouver quotidiennement dans la capitale. Notre événement, c’est le rassemblement et le partage, à l’image de ces papas qui viennent avec leurs enfants encourager les mamans. Le but est de venir courir pour se faire plaisir, entre copines ou collègues.

Pour vous comme pour la municipalité, les mesures renforcées après les attentats vont-elles effacer cet esprit bon enfant cher à votre père que vous ne cessez d’évoquer ?

On vit au jour le jour, on a donc la chance que notre manifestation ne soit pas annulée ! La priorité c’est d’organiser un évènement dans les meilleures conditions.

En dehors du volet 100% féminin, la différence avec les courses classiques ne se situe-t-elle pas aussi au niveau du suivi des participantes, qui inclut notamment des programmes mensuels dédiés ?

Depuis quatre ans, nous avons un nouveau public, en surpoids et pas du tout sportif. Avec l’arrivée de femmes obèses voire très obèses, les coachs doivent donc être aptes à recevoir des personnes en mauvaise santé. Voilà pourquoi, pour la préparation et les entraînements, on travaille sur des estimations de taille presque un an à l’avance ! En 2015, on avait manqué de XL…


Vous avez également un volet consacré à la lutte contre le cancer du sein…

Je me suis battue pour dire qu’il n’y a pas que le cancer du sein sur la course car c’est venu après, mais oui cela reste important pour nous. On va bientôt développer d’autres actions, plus axées sur les enfants afin de les faire bouger davantage.


Comment concilier course populaire et respect de l’environnement ?

Il y a ce qu’on aimerait et ce qu’on peut faire, j’adorerais par exemple mettre des toilettes sèches et éviter de jeter des magazines et des dépliants mais il y a forcément du gâchis car le frein financier existe, c’est donc hyper compliqué… Il y a quand même des points positifs comme cette collaboration depuis deux ans entre Évian, l’un de nos partenaires, et une association pour recycler les bouteilles d’eau.

Kathrine Switzer

Kathrine Switzer

 
Avez-vous prévu de marquer cette 20ème édition ?

Ce vingtième anniversaire est aux couleurs du carnaval. 1500 musiciens seront d’ailleurs présents sur l’ensemble de l’évènement, qui comprend aussi des animations et des décorations : on veut que ce soit beau, gai et surprenant. On aura aussi la chance de compter Kathrine Switzer parmi les participantes, la première à avoir osé s’intégrer à une course réservée aux hommes. En militant toute sa vie pour la place des femmes dans le sport, elle est devenue une icône qui a permis d’ouvrir des barrières…

Anne Hidalgo, Maire de Paris - Crédit photo : G. Sanz

Anne Hidalgo, Maire de Paris – Crédit photo : G. Sanz

Une femme, Anne Hidalgo, est devenue maire de Paris en 2014. Quelle est son implication ?

Je travaille depuis treize ans sur « La Parisienne », et je l’ai toujours vue nous soutenir. Elle y a même participé. Et sans elle, nous n’aurions peut-être pas eu les Champs-Elysées cette année… Elle rêve de voir « La Parisienne » atteindre les 50 000 participantes et devenir la plus grande course au monde.

 

Propos recueillis par Pierre Moyon