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15H59 - vendredi 3 juin 2016

Chronique des libertés – 3 juin 2016

vendredi 3 juin 2016 - 15H59

Un activiste saoudien des droits humains condamné à 8 ans de prison

Crédit photo : Collection privée

Crédit photo : Collection privée

Abdulaziz al-Shubaily était le seul membre fondateur de l’Association saoudienne pour les droits civils et politiques (Hasem) à ne pas avoir été condamné à une peine de prison. Il avait d’ailleurs été le représentant légal de ses compagnons lors de leur jugement. Sa collaboration avec des organismes internationaux tels qu’Amnesty International, à qui il a fourni des informations, lui a été reprochée. Fondée pour juger les suspects d’actes terroristes, la Cour criminelle spéciale qui l’a condamné est de plus en plus utilisée contre des opposants politiques, considérés comme « dangereux pour la sécurité nationale ». Selon les nouvelles lois antiterroristes adoptées en 2014, nuire à la réputation de l’État est un acte de terrorisme. Toutes charges combinées, les onze membres de Hasem ont été condamnés à 92 années de prison. Un an avant sa disparition, l’organisation avait lancé une pétition afin que l’actuel héritier du trône soit destitué suite aux violences perpétrées par la police à l’encontre de prisonniers.

 

Vague d’exécutions à Gaza

Human Rights Watch dénonce l’exécution par le Hamas de trois personnes le 31 mai, et celle planifiée de 10 autres. Ces condamnations à mort font suite à des meurtres hautement médiatisés à Gaza. Sari Bashi, responsable des sections Israël et Palestine de l’ONG, reproche au Hamas les conditions dans lesquelles les treize hommes ont été arrêtés, interrogés puis condamnés, les forces de l’ordre s’étant notamment livrées à des actes de torture lors des interrogatoires. Selon la Commission indépendante palestinienne aux droits humains, cette affaire a été menée dans des conditions totalement contraires aux lois palestiniennes. Le verdict sert selon elle « d’exemple », les hommes étant accusés d’avoir collaboré avec les Israéliens.

88 personnes ont été condamnées à mort depuis la prise du pouvoir par le Hamas à Gaza en 2007. 46 d’entre elles, celles du 31 mai incluses, ont été exécutées. Amnesty International rapporte que la majeure partie de ces condamnés à mort sont passés devant des tribunaux militaires et n’ont pas eu droit à un procès équitable.

Les exécutions devraient reprendre après le ramadan, qui commence la semaine prochaine. Human Rights Watch conjure le gouvernement gazaoui d’annuler ces condamnations.

 

 

Climat tendu autour de la Gay Pride de Kiev

Crédit photo : Aimaina Hikari, Wikimedia Commons

Crédit photo : Aimaina Hikari, Wikimedia Commons

Le 12 juin devrait se dérouler la troisième Kyiv Pride. Une délégation LGBTI américaine y est notamment attendue. Pourtant, plusieurs organisations nationalistes dénoncent cette manifestation. L’Organisation des nationalistes ukrainiens (Oun) traite les participants de « monstres immoraux dégénérés ». Artem Skoropadsky, porte-parole de Pravy Sektor, un autre parti ultranationaliste, a menacé les organisateurs de la marche, leur promettant un « bain de sang » pour le 12 juin si la manifestation devait avoir lieu. Les responsables LGBTI ukrainiens n’ont pas cédé au chantage et ont confirmé la tenue de l’évènement à la date prévue.

L’an dernier déjà, la Kyiv Pride avait été dispersée prématurément, les participants fuyant sous les coups des extrémistes. Même chose à Odessa, où une conférence LGBTI a été interrompue par des jets de pierre et de pétards.

 

 

Pakistan : brûlée vive pour avoir refusé une demande en mariage

Crédit photo : Collection privée

Crédit photo : Collection privée

Maria Abbasi, une institutrice de dix-huit ans, surveillait sa jeune sœur de cinq ans pendant que sa famille assistait à un enterrement. Des hommes sont entrés par effraction dans la maison. Ils l’ont torturée avant de l’asperger d’essence et la brûler. Elle est morte à l’hôpital des suites de ses blessures. Ayant refusé la demande en mariage du fils (deux fois plus âgé qu’elle) du directeur de l’école où elle enseignait, la jeune femme avait quitté son emploi. Avant de décéder, elle a désigné, entre autres, le directeur parmi les coupables de cet odieux crime. La police a pu appréhender les cinq suspects. Au Pakistan, ces assassinats, qui ciblent des personnes ayant brisé des normes sociales, sont appelés « crimes d’honneur ». En 2015, la police a enquêté sur 76 meurtres similaires selon la Commission des droits humains au Pakistan. La dernière victime en date était Ambreen, une jeune fille de quinze ans qui, après avoir aidé une amie à s’échapper avec son compagnon, a été étranglée puis brûlée par des membres de sa famille.

 

1,2 million de personnes déplacées par les conflits en Afghanistan

Crédit photo : USAID, domaine public

Crédit photo : USAID, domaine public

Dans un rapport publié mardi, Amnesty International informe que plus d’1,2 million d’Afghans ont été contraints à fuir leur foyer ces trois dernières années. En effet, depuis le retrait des troupes internationales en 2014, la guerre menée par les talibans contre les autorités afghanes a connu un regain de violence. Les Nations unies recensent plus de 11 000 civils tués ou blessés en 2015, la majorité par des insurgés. L’organisation appelle le gouvernement afghan à prendre en charge sa crise de réfugiés. Champa Patel, directeur d’Amnesty International en Asie du Sud, conteste la réponse du ministère chargé des réfugiés. Ce dernier affirmait que le rapport incluait dans ces nombres des personnes déplacées par des catastrophes naturelles telles qu’inondations ou séismes. L’Afghanistan est le pays dont le plus de ressortissants sont réfugiés à l’étranger. En effet, 3 millions d’Afghan vivent à l’extérieur du pays.

 

Scandale au temple des Tigres

Crédit photo : Michael Janich

Crédit photo : Michael Janich

En Thaïlande, le temple des Tigres était une attraction populaire pour les nombreux touristes qui visitaient le pays. Ouvert en 1994, il recueillait depuis 1999 des tigres de la région, généralement des jeunes, sauvés des mains des braconniers. L’histoire paraît idyllique, et les moines bouddhistes pourraient passer pour des saints. Mais il n’en est rien. Suite à de nombreuses plaintes concernant le traitement réservé aux tigres, la police thaïlandaise a procédé à une perquisition et ce qu’elle a trouvé est tout à fait macabre : une quarantaine de jeunes tigres congelés. Les autorités ne comprennent pas pourquoi ces tigres ont été conservés. La mortalité des bébés tigres s’explique en revanche : à leurs mères dès leur naissance, ils sont nourris au biberon par des touristes qui pour cela paient une centaine de dollars. C’est la plus grosse source de revenus déclarés du temple. Mais depuis plusieurs années, le temple est également soupçonné d’alimenter le marché noir des animaux exotiques en tigres. Une théorie qui semble confirmée après qu’un moine a tenté de quitter les lieux au volant d’une voiture remplie de peaux de tigres et d’amulettes en os, dents et griffes.