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10H30 - vendredi 27 mai 2016

Chronique des libertés – 27 mai 2016

vendredi 27 mai 2016 - 10H30

Viols dans l’armée, le Congrès américain prend les choses en main

Crédit photo : Jeremy D. Crisp.

Crédit photo : Jeremy D. Crisp.

Aux États-Unis, de plus en plus de viols de soldates à l’armée sont reportés. Plus de 6 000 agressions sexuelles y auraient été recensées en 2015 selon Human Rights Watch. Ce nombre est probablement en deçà de la vérité puisque, comme dans la société civile, les viols dans l’armée ne sont pas toujours signalés. Le Pentagone également dénonce cette situation dans un rapport, précisant que les victimes craignent généralement des représailles de la part de leurs collègues et supérieurs.

Le manque de soutien de l’armée ajoute au préjudice que les victimes subissent au sein de leur régiment. Beaucoup d’entre elles souffrant de troubles post-traumatiques finissent par être réformées. D’autres encore, après avoir dénoncé leur agresseur, sont limogées pour comportement « déshonorant ». Ces dernières ne peuvent pas bénéficier de l’assurance maladie habituellement accordée aux vétérans, ni des programmes de réinsertion. Ainsi marquées par ce statut, elles peinent à retrouver un emploi.

C’est donc une double peine pour ces femmes dont le seul tort aura été de dénoncer les crimes perpétrés à leur encontre dans une institution prompte à couvrir ses brebis galeuses pour préserver les apparences. Suite aux rapports du Pentagone et de Human Rights Watch, le Congrès américain a annoncé sa volonté de corriger ces injustices et de protéger plus efficacement les victimes d’abus sexuels dans l’armée.

 

 

Nadejda Savtchenko libérée

Crédit photo : Inter, Youtube CC

Crédit photo : Inter, Youtube CC

La pilote ukrainienne, accusée d’avoir dirigé le tir d’un mortier sur deux journalistes, causant ainsi leur mort, avait été arrêtée puis inculpée par la justice russe dans des conditions obscures. De nombreuses protestations s’étaient ensuivies en Ukraine renforçant un peu plus encore les tensions entre les deux pays. Elle avait malgré tout été condamnée à vingt-deux ans de prison. Mercredi dernier cependant, elle a été échangée contre deux soldats russes, eux-mêmes condamnés par Kiev. Selon le président russe, cette décision fait suite à « une demande de grâce » posée par les familles des victimes. Vladimir Poutine a exprimé son espoir de voir la résolution de cette affaire apaiser les relations entre les deux pays. Néanmoins, l’appel du chef de la République autoproclamée de Dontesk, Alexandre Zakhartchenko, à « dénazifier le pays », ne présage rien de bon.

 

 

Libraire arrêté en Chine, sa fille appelle à l’aide

Crédit photo : Kacey Wong, Wikimedia Commons

Crédit photo : Kacey Wong, Wikimedia Commons

Dans un discours prononcé devant la commission aux affaires chinoises du Congrès américain, Angela Gui a appelé les États-Unis à presser la Chine de clarifier les circonstances de l’arrestation de son père : Gui Minhai. Il fait partie des cinq libraires spécialisés dans la littérature antirégime dont l’arrestation par la police chinoise a déclenché des vagues de protestations. L’un d’eux, le libraire hongkongais Lee Bo, a affirmé sur une chaîne officielle de télévision chinoise « coopérer avec la police dans le cadre d’une enquête sur Gui Minhai » et maintenu cette version même après son retour à Hong Kong. Gui Minhai, quant à lui arrêté dans sa maison en Thaïlande, a aussi pris la parole à la télévision pour confesser avoir, en 2003, causé un accident mortel. De nombreuses personnes, dont Angela Gui, doutent de ces affirmations. Cette dernière, qui n’a pas eu de nouvelles de son père depuis son apparition télévisée le 17 janvier dernier, dénonce une mise en scène. Elle accuse la République populaire de Chine de retenir son père illégalement et sans représentation légale.

 

 

Libération de Khadija Ismayilova

Crédit photo : Olga Anatolevna Zaharova, Wikimedia Commons

Crédit photo : Olga Anatolevna Zaharova, Wikimedia Commons

La journaliste azerbaïdjanaise, détenue depuis le 5 décembre 2014 pour avoir révélé des affaires de corruption au sein du gouvernement de son pays, vient d’être relâchée suite à la décision de la Cour suprême de réduire sa peine et de prononcer le sursis. Condamnée à 7 ans et demi de prison, elle avait obtenu le 3 mai le prix Guillermo Cano, décerné par l’Unesco aux journalistes opprimés. Plusieurs cas similaires se sont produits ces derniers temps : le 28 mars dernier, l’avocat des droits humains Intigam Aliyev a été libéré après un an et demi d’emprisonnement. Deux militants antirégime, les époux Yunus, l’ont été quant à eux le 19 avril, avant d’émigrer aux Pays-Bas. Ces développements positifs donnent à espérer la fin de la répression politique en Azerbaïdjan

 

 

 

 

 

Indonésie : les enfants du tabac

Crédit photo : Merbabu, Wikimedia Commons

Crédit photo : Merbabu, Wikimedia Commons

Plusieurs milliers d’enfants indonésiens sont employés par l’industrie du tabac dans des conditions dangereuses. Human Rights Watch rapporte en effet que ces jeunes, voire très jeunes, ouvriers sont exposés, parfois dès l’âge de huit ans, à la nicotine et aux produits chimiques. Ils doivent également utiliser des objets tranchants et porter de lourdes charges. Ces conditions de travail menacent gravement leur développement et leur santé. Ce rapport se base sur 132 enfants-ouvriers, dont la moitié a rapporté souffrir de nausée et de maux de tête, symptômes clairs d’une intoxication à la nicotine. En conséquence, Human Rights Watch demande aux firmes de tabac de ne pas faire appel à des fournisseurs employant des enfants et au gouvernement indonésien d’agir afin que les conditions de travail soient réglementées.