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18H32 - vendredi 15 avril 2016

Chronique des libertés – 15 avril 2016

vendredi 15 avril 2016 - 18H32

La CIA se refuse à réutiliser le waterboarding

Crédit photo : Robin Kirk, Flickr CC

Crédit photo : Robin Kirk, Flickr CC

Durant la période de l’après-11 septembre, la CIA a utilisé plusieurs techniques d’interrogation, décriées depuis. Leur usage a été révélé au public lorsque celui-ci a pris connaissance de l’existence des prisons de Guantanamo et d’Abu Ghraib en 2004. Le président Barack Obama avait interdit l’usage de ces techniques durant son premier mandat, en 2009.
Quand Ted Cruz avait demandé à Donald Trump lors d’un débat en février dernier s’il considérait le waterboarding comme de la torture, ce dernier avait répondu qu’il s’agissait d’une simple « technique d’interrogation améliorée » (Enhanced Interrogation Technique). Il s’est déclaré prêt à en faire usage, et de bien pire encore, face au terrorisme. Ted Cruz quant à lui s’est dit également disposé à ce que les services secrets le pratiquent, mais de façon modérée. Quand l’ancien directeur de la CIA, Michael Hayden, lui avait fait remarquer que l’agence refuserait peut-être d’employer de nouveau ces méthodes, Donald Trump avait répondu : « Ils ne me refuseront rien, ce que je leur dirai de faire, ils le feront ».
Ce à quoi John O. Brennan, actuel directeur de la CIA et ancien conseiller de Barack Obama à la sécurité intérieure a répondu, dimanche dernier, que ses agents n’avaient pas pratiqué le waterboarding depuis 2003 et qu’il ne les laisserait pas le faire, ou employer d’autres techniques plus dégradantes encore, même si ce devait être un ordre direct du président des États-Unis.

Vague de suicides dans une communauté amérindienne

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Crédit photo : Paul Lantz, Wikimedia Commons

Rien ne semble pouvoir empêcher les membres de la communauté isolée d’Attawapiskat, en Ontario, de tenter de se suicider. Cette communauté de 2 000 individus fait partie des 617 premières Nations, terme employé pour désigner les peuples indigènes du Canada. Cette année, plus de 100 personnes ont tenté de mettre fin à leurs jours, soit 5 % de la population. Le village a déclaré l’état d’urgence lorsque, le week-end dernier, 11 tentatives de suicide ont été recensées. Le président de l’Assemblée des premières nations, Perry Bellegarde, a appelé le gouvernement canadien à agir pour endiguer le phénomène. Le chef de la communauté d’Attawapiskat, Bruce Shisheesh, accuse entre autres les pensionnats résidentiels d’être la cause des troubles mentaux et des addictions qui mènent au comportement autodestructeur de ses concitoyens. Les pensionnats autochtones étaient, jusque dans les années 1990, des écoles ayant pour but d’évangéliser et d’assimiler les amérindiens canadiens. Les jeunes qui s’y trouvaient, coupés de leur famille dès le plus jeune âge, avaient interdiction de parler leur langue. De nombreuses exactions ont été recensées dans de telles institutions, gérées par l’Église catholique ainsi que l’Église unie du Canada. Le mardi 15 décembre 2015, Justin Trudeau, Premier ministre canadien, avait demandé pardon aux populations autochtones pour ces pensionnats.

Le bilan Innocenti : les enfants, premières victimes des inégalités économiques

Crédit photo : Pixabay Common Creatives

Crédit photo : Pixabay Common Creatives

L’Unicef vient de publier son rapport Innocenti pour l’année 2016. Ce dernier analyse depuis 2000 les conditions de vie des enfants dans les pays riches. Cette année, les résultats de la France sont en chute. Sur 42 pays, elle trouve sa place en 28e position seulement, derrière la Roumanie, les États-Unis ou encore la Pologne. Les deux chiffres alarmants sont ceux de l’éducation (35e place sur 37), et de la satisfaction (28 sur 35). L’Unicef a en effet constaté un retard chez 13 % des élèves de 15 ans. De plus, 8,5 % des enfants se sont déclarés insatisfaits par leur vie. Le rapport rappelle que cette insatisfaction augmente les comportements à risques tels que la consommation de tabac, d’alcool ou la violence. Pour le reste des pays, le Danemark ouvre le classement tandis que la Turquie puis l’Israël le ferment.
Pour retrouver une place plus honorable dans ce classement, l’Unicef recommande de protéger les revenus des foyers plus défavorisés, d’aider à la réussite scolaire et de renforcer la politique d’éducation sur l’équité.

Theresa Kachindamoto, en guerre contre les mariages précoces

Crédit photo : Swathi Sridharan, Wikimedia Commons

Crédit photo : Swathi Sridharan, Wikimedia Commons

Au Malawi, le taux de mariages des jeunes enfants est un des plus élevés au monde, avec en moyenne une jeune fille sur deux mariée avant ses 18 ans. Une loi passée en mars 2015 a tenté d’améliorer les choses en fixant à 18 ans l’âge légal minimum pour se marier. Sauf que la loi fixe une condition : un accord des parents de la jeune mineure ainsi que des chefs de district suffit à organiser un mariage précoce. Or ces mariages sont bien souvent arrangés. Les familles les plus pauvres y voient un moyen de se débarrasser de la charge que représente pour eux une jeune fille. Ils monnaient donc généralement une dot contre la main de leur enfant. Une fois mariées, seulement 18,9 % des jeunes malawites utilisent un moyen de contraception. Le manque d’espacement entre leurs grossesses met leur vie en danger. Ce phénomène a une autre conséquence désastreuse sur le pays : les jeunes mariées n’ont plus accès à l’éducation, réduisant considérablement le taux de développement.

Chef d’une région de dix mille habitants depuis plus de 13 ans, Theresa Kachindamoto a mis la fin de cette tradition en tête de ses priorités. Elle a fait signer à ses 50 adjoints une loi les forçant à interdire les mariages précoces. Les quelques récalcitrants ont été suspendu de leurs fonctions jusqu’à l’application de la loi. De plus, Theresa Kachindamoto aurait annulé plus de 800 mariages de ce type, renvoyant les jeunes filles à l’école et payant parfois elle-même pour leur éducation. Elle déclare : « Éduquer une fille, c’est éduquer toute une région. C’est éduquer le monde. » Le combat de sa vie a fait d’elle un modèle, au point que l’Onu Femmes la consulte pour appliquer ses techniques à d’autres régions du monde.

Le handisport soutient Paris 2024.

Handisport : épisode 3 de la semaine de soutien à la candidature de « Paris2024 » proposée par Opinion Internationale et Sport & Démocratie.
Michel Taube