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18H03 - mercredi 13 avril 2016

Palestine, le tourisme au service de la paix

mercredi 13 avril 2016 - 18H03

Aussi surprenant que celui puisse paraître, il existe une industrie du tourisme en Palestine. Il est assez courant pour ceux qui visitent Israël de passer quelques heures à Bethléem et d’explorer la ville à travers les vitres d’un bus avant de repartir. En revanche, ils sont une minorité, peut-être plus sensibilisée et intéressée par le conflit local, à faire le choix de rester plus longtemps en Cisjordanie ou même, dans de très rares cas, à Gaza. De par la situation politique de la région, le tourisme proposé n’est bien évidemment pas de plaisance et les quelques guides disponibles appellent tous à la prudence quant à des séjours en Palestine.

Crédit photo : Salamandra, Wikimedia Commons

Crédit photo : Salamandra, Wikimedia Commons

 Ce type de tourisme que l’on pourrait qualifier « d’alternatif » a commencé à prendre de l’ampleur au début des années 1990. À l’époque, la première Intifada attire les yeux du monde entier sur la région. Quelques années plus tard, en 1995, l’agence de tourisme Alternative Tourism Group se crée, profitant de l’opportunité médiatique du conflit. L’objectif d’ATG est d’offrir aux touristes la possibilité de se forger son regard, personnel et critique, sur « l’histoire, la culture et la politique de la Terre sainte ». Elle propose rapidement aux touristes de rencontrer la population pour profiter de la nourriture et de l’hospitalité de la région. Ces contacts avec des acteurs locaux, qu’ils soient politiques, religieux, ou membres d’ONG, donnent l’opportunité d’en savoir un peu plus sur le quotidien des Palestiniens. Pour ce qui est des visites, on retrouve les lieux classiques, proposés par de nombreuses autres agences, qui s’appuient sur la richesse archéologique des lieux : Bethléem, Jérusalem… L’originalité tient à la proposition de visiter des camps de réfugiés palestiniens ainsi que des implantations israéliennes en Cisjordanie.

Une autre agence, Mejdi Tours, se base sur le même principe. L’un de ses fondateurs, Aziz Abu Sarah, voit dans ce tourisme une fenêtre pour la paix. Il décrit notamment, lors d’un Ted Talk, la rencontre qui s’est produite entre un groupe de musulmans et une famille juive orthodoxe chez laquelle il organisait une visite : après avoir conversé et partagé un repas, les deux familles ont fini par comprendre que leurs ancêtres venaient de la même région : le Maghreb. C’est selon lui l’avenir du tourisme, et une opportunité d’entrevoir, à travers la rencontre entre les peuples, un avenir plus apaisé.