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15H45 - mercredi 6 avril 2016

Le génocide arménien, des réparations pour une reconnaissance

mercredi 6 avril 2016 - 15H45

Les spoliations du peuple arménien étant des faits avérés, en demander réparation semble être un droit incontestable. C’est donc ce qu’a entrepris le Collectif 2015 avec l’association Terre et Culture et que met sur la place publique un important colloque, le 7 avril, à l’Assemblée nationale française. Une démarche, audacieuse mais réaliste, qui pourrait ouvrir une nouvelle voie vers un dialogue.

Ancienne carte postale. Vue générale sud-est (Congrégation des Mékhitaristes de Vienne) du monastère de Nareg qui a été dynamité en 1951.

Ancienne carte postale. Vue générale sud-est (Congrégation des Mékhitaristes de Vienne) du monastère de Nareg qui a été dynamité en 1951.

En 2015, les Arméniens du monde entier commémoraient, cent ans après, les massacres, expulsions, déportations, enlèvements, conversions forcées, pillages… dont leurs pères et mères furent victimes en 1915 dans l’empire Ottoman, qui a donné naissance à la Turquie actuelle. C’est à cette triste occasion que le Collectif 2015, groupement informel d’Arméniens, adossé à l’association Terre et Culture, a entrepris la démarche de demander réparation à l’État turc. Selon Kéram Kevonian, l’un des initiateurs de cette action, « ce n’est pas une question d’appréciation, les faits sont de telle nature qu’ils nécessitent globalement réparation ». Plus concrètement, le Collectif 2015 réclame « la restitution intégrale des biens nationaux ».

De quelle nation est-il question et que sont les « biens nationaux » ? L’empire Ottoman, explique M. Kevonian, reconnaissait sur son territoire différentes nations dont l’arménienne. Cette dernière avait été même dotée en 1863 d’une Constitution interne ou Règlement de la nation arménienne. Les biens nationaux sont donc ceux qui appartenaient alors officiellement à cette nation et dont le Collectif 2015 demande aujourd’hui la restitution. Il s’agit d’enregistrer les divers biens confisqués – des milliers d’églises, monastères, écoles, hôpitaux, etc. – au nom du Patriarcat arménien de Constantinople/Istanbul ou au bénéfice de fondations constituées sous son égide, et de leur donner les moyens de remettre en état ce qui peut encore l’être, puisqu’une grande partie du patrimoine est détruit.

À ce sujet, début 2016, le collectif a rencontré l’ambassadeur de Turquie, qui a fait son rapport aux instances supérieures. Le mois dernier une lettre a été envoyée dans le même sens au Premier ministre turc.

Cette démarche, pragmatique et non violente, ne s’embarrasse pas du préalable d’une reconnaissance du génocide. Il s’agit de parvenir à une solution politique dont la Turquie ne pourrait que s’honorer.

Demain, l’Union internationale des organisations Terre & Culture et le Collectif 2015 Réparation organisent à l’Assemblée nationale (France) au colloque « Guerres, génocides, crimes contre l’humanité : la question des Réparations ».

Des conférences et débats seront proposés autour de cette problématique dans des contextes historiques comparables.