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12H07 - mardi 5 avril 2016

Une Semaine en Amérique latine (du 28 mars au 3 avril 2016)

mardi 5 avril 2016 - 12H07

Mexique : les corps d’au moins 17 des 43 étudiants disparus en 2014 ont été incinérés dans une décharge 

Portraits de quelques-uns des 43 étudiants disparus à Iguala le 27 septembre 2014 Crédits : Claire Plisson

Selon une nouvelle expertise réalisée à la demande du gouvernement mexicain d’Enrique Peña Nieto, une vingtaine de personnes environ ont été incinérées dans la décharge de Cocula, dans le sud du Mexique, la nuit d’après la disparition des 43 étudiants de l’école normale rurale d’Ayotzinapa, en septembre 2014, dans l’État du Guerrero.

Ricardo Damián Torres, membre de l’équipe de spécialistes qui a mené cette étude, a précisé vendredi 1er avril que « la récupération de restes d’ossements [apportait] une preuve suffisante » permettant de « déterminer qu’au moins 17 êtres humains adultes ont été brûlés dans ce lieu ».

Ces conclusions vont dans le sens de la version donnée jusqu’à présent par l’exécutif mexicain selon laquelle les 43 étudiants ont été tués puis incinérés dans cette décharge de l’ État de Guerrero, non loin de la ville d’Iguala. Mais elles s’opposent à celles d’un groupe de légistes argentins qui, en février 2015, avait estimé qu’il n’existait pas d’éléments probants suffisants pour attester qu’un incendie de grande ampleur avait eu lieu à cet endroit et à celles du Groupe international d’enquêteurs indépendants (GIEI) arrivé à une conclusion similaire en septembre dernier (voir semaine Amérique latine du 7 au 13 septembre).

Dans la nuit du 26 au 27 septembre 2014, les 43 étudiants de l’école rurale d’Ayotzinapa avaient été attaqués par des policiers corrompus d’Iguala. Ces derniers, selon la version officielle, auraient ensuite livrés les jeunes au cartel de la drogue des Guerreros unidos, qui les auraient assassinés puis incinérés dans la décharge de Cocula.

Le mystère demeure entier à ce jour puisque les restes d’un seul étudiant ont pu être identifiés par son ADN, suite à des analyses d’un laboratoire autrichien.

 

Brésil : Lula annonce qu’il entrera au gouvernement jeudi 7 avril 

 

 Luiz Inacio Lula da Silva. Crédits : Ricardo Stuckert, Agencia Brasil (Creative Commons)


Luiz Inacio Lula da Silva.
Crédits : Ricardo Stuckert, Agencia Brasil (Creative Commons)

Visé par le scandale de corruption Petrobras, dans lequel il est soupçonné de blanchiment d’argent, l’ancien président brésilien, Luis Inacio Lula da Silva, a déclaré samedi 2 avril qu’il entrerait au gouvernement jeudi 7 avril. Cette annonce s’est faite dans la ville de Fortaleza en marge d’un rassemblement de soutien à Dilma Rousseff, actuelle présidente du Brésil, sous le coup d’une procédure de destitution.

Après que la Présidente avait nommé Lula chef de la maison civile, poste équivalent de celui de Premier ministre, un juge de la Cour suprême a annulé sa décision au motif que cette nomination permettrait à  Lula d’échapper à la justice.

Lula ne l’entend pas de cette manière et ne compte pas renoncer : « Si tout va bien et si la Cour suprême donne son accord, jeudi prochain, je prendrai mes fonctions comme ministre ! »

Il est désormais fortement engagé dans la défense de la Présidente et tente de convaincre les députés de voter contre sa destitution. Un vote qui devrait intervenir d’ici la mi-avril.

 

 


Le Brésil est confronté à une épidémie de grippe A

Frappé depuis plusieurs semaines par la propagation rapide du virus zika, le Brésil est aussi confronté à une épidémie de grippe aviaire de type A (H1N1). L’épidémie a causé la mort de 46 personnes en moins de deux mois, d’après les chiffres du ministère de la Santé. Le bilan dépasse déjà de dix victimes celui de l’ensemble de l’année passée.

Jusqu’au 19 mars, 305 cas avaient été détectés dans l’ensemble du pays, contre 141 au total en 2015. Alors que la grande majorité des malades réside dans la région de Sao Paulo, l’épidémie de grippe A frappe actuellement dans 11 États brésiliens.

 

Colombie : manifestations contre les négociations avec les guérillas

Juan Manuel Santos Crédits : Wilson Dias/Agencia Brasil (Creative Commons)

Juan Manuel Santos
Crédits : Wilson Dias/Agencia Brasil (Creative Commons)

Plusieurs dizaines de milliers de citoyens colombiens sont descendus dans la rue samedi 2 avril, dans les principales villes du pays, pour protester contre l’attitude du gouvernement de Manuel Santos envers les guérillas de l’ELN (mouvement de guérilla qui compte environ 1 500 combattants) et des Farc, dans le cadre des négociations de paix.

Les manifestants accusent le chef de l’État de faire trop de concessions aux rebelles.

Une des figures de proue de ce mouvement de contestation n’est autre que l’ancien président de Colombie, Alvaro Uribe (2002-2010). S’opposant fortement aux Farc, il défend une ligne dure à l’encontre de la guérilla.

  • Par cette marche, nous lançons une alerte sur le danger que représente pour notre pays l’impunité accordée aux “narco-terroristes”, a lancé l’ancien président qui manifestait à Medellin. Cette impunité a été octroyée à un groupe terroriste et un autre est sur la même voie. Et la Colombie n’échappera pas pour autant à la violence. »

 Le gouvernement colombien a annoncé qu’il allait engager des pourparlers de paix avec l’ELN en Équateur.

Dans le même temps, les discussions avec les Farc, menées dans la capitale cubaine, La Havane, et engagées depuis 2012, se prolongent. Les deux parties ne sont pas parvenues à un accord définitif à la date du 23 mars qu’elles s’étaient fixée en septembre dernier.

 

Le Salvador adopte des mesures carcérales plus restrictives pour lutter contre les gangs des « Maras »

 Tatouage d’un membre de la Mara Salvatrucha. Domaine public


Tatouage d’un membre de la Mara Salvatrucha.
Domaine public

Considéré comme l’un des pays les plus violents du monde, le Salvador vient d’adopter une série de mesures carcérales destinées à enrayer les activités criminelles des « Maras », gangs de jeunes qui contrôlent certains quartiers ou villes terrorisant les habitants qu’ils rançonnent ou tuent.

Ainsi, parmi les mesures nouvellement prises, figure la possibilité pour les autorités salvadoriennes de transférer les membres des « Maras » vers d’autres établissements pénitentiaires, et d’isoler leurs chefs dans des quartiers de haute sécurité. Elles vont aussi limiter leurs mouvements, suspendre les visites et couper toutes leurs communications téléphoniques.

Par ces conditions plus strictes d’incarcération, le gouvernement salvadorien entend mieux tenir ses prisons où sont actuellement incarcérés environ 13 000 membres de diverses bandes et espèrent contribuer ainsi à réduire la violence dans le pays.

Violence qui a connu une recrudescence ces trois derniers mois avec l’assassinat de 2 000 Salvadoriens.