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12H29 - vendredi 25 mars 2016

Qu’elle était verte ma pelouse…

vendredi 25 mars 2016 - 12H29

En 2014, le Singapore Sports Hub se voyait décerner le titre de meilleure enceinte par le Festival mondial de l’architecture. Inaugurée seulement six mois auparavant, la plateforme avait été encensée par le jury « pour son écosystème unique qui permet de faire cohabiter un centre commercial, de loisirs et un stade pouvant accueillir plusieurs disciplines ». Un stade d’une capacité de 55 000 spectateurs qui bénéficieront d’un système d’air conditionné puisé sous les sièges occupés. Grâce au toit rétractable, la pelouse peut être naturellement éclairée lorsqu’il n’y a pas d’événements.

Le Singapore Sports Hub en février 2015 - Crédit photo : Uwe Aranas - Wikimedia Commons

Le Singapore Sports Hub en février 2015 – Crédit photo : Uwe Aranas – Wikimedia Commons

 

Quand les stades se mettent au vert, ce n’est donc pas pour se reposer ! Mais au-delà de l’adhésion à la norme HQE (Haute qualité environnementale) chère aux Français, il s’agit avant tout d’une volonté politique. Le SSH, construit par Bouygues, est d’ailleurs issu d’un Partenariat public privé. Dans le cadre de l’Asie du Sud, la construction du Singapore Sports Hub intègre aussi le programme BCA Green Mark, lancé en 2005 pour « accroître la conscience sur l’importance de bâtiments durables », qui doit conduire 80 % des édifices de la capitale à l’autonomie verte.

Green alors l’Asie ? Oui, si l’on en juge par la voie qu’a tracée dès 2009 le Kaohsiung World Stadium de Taïwan, premier stade au monde à dépendre complètement de l’énergie solaire. Oui, si l’on pense au Thyagraj Stadium de New Delhi, qui a installé en 2010 des panneaux solaires sur son toit.

L’Amérique du Sud, par le biais du Brésil, n’est pas en reste. Afin de remettre le vert aux couleurs du jour et du drapeau national (censé représenter la forêt amazonienne), le pays de Pelé s’est employé à offrir une Coupe du monde de football plus environnementale. À Brasilia, la ville conçue par l’architecte Oscar Niemeyer, le stade Mane Garrincha avait adopté peu ou prou la méthode indienne. Les enceintes de Rio, Belo Horizonte et Recife avaient elles aussi inscrit le volet écologique à l’ordre du jour. Plus au nord du continent, des stades américains avaient également voté pour le green party, et notamment le MetLife Stadium de New York, adepte du compost et de la conservation d’eau. Sans oublier le Levi’s stadium de San Francisco, grand utilisateur de matériaux recyclés et premier à obtenir le Leed Gold : le top en matière du durabilité aux États-Unis !

En Europe, la France a pris le train en marche dès 2012, au Havre plus précisément, où le stade est devenu le premier à énergie positive. Un exemple qui a servi d’émulation puisqu’on ne compte plus les réalisations : de l’Allianz Arena de Nice au stadium métropolitain Pierre Quinon de Nantes inaugurés l’année suivante, en passant par les quatre équipements sportifs aux performances énergétiques rénovés à Roanne en 2014. Début février 2016, c’est le célèbre Aviva Stadium de Dublin qui est devenu complètement vert au pays du trèfle grâce une alimentation électrique provenant d’énergies renouvelables. En Italie, Rome et Vérone ont choisi le photovoltaïque sur les toits de leur stade.

Enfin, dans ce panorama non exhaustif de l’avancée environnementale dans le sport, il ne faut surtout pas manquer de souligner le rôle de l’Australie, toujours en avance dans ce domaine comme le prouve l’inauguration en mars 1999 du Stadium Australia de Sydney, devenu ANZ Stadium. Ses atouts ? La ventilation passive, la réduction de la lumière artificielle, la collecte de l’eau de pluie emmagasinée dans des containers pour être réutilisée sur la pelouse, et la réduction du PVC…

Une exemplarité sur tous les plans qui pourrait donner des idées au continent africain, et notamment à l’Afrique du Sud, dont les projets écologiques, et pas seulement en matière de sport, ne semblent pas manquer…