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11H11 - mardi 8 mars 2016

Une Semaine en Amérique latine (du 29 février au 6 mars 2016)

mardi 8 mars 2016 - 11H11

Pérou : de fortes intempéries dues à El Niño font plus de 5 000 sinistrés

http://www.actulatino.com/2016/03/03/perou-el-nino-a-l-origine-de-fortes-precipitations-les-intemperies-font-plus-de-5000-sinistres/

Plaza de Armas de la ville de Piura, capitale de la région de Piura. Crédit photo: Melhky Enriquez (Creative Commons)

Plaza de Armas de la ville de Piura, capitale de la région de Piura – Crédit photo: Melhky Enriquez (Creative Commons)

Depuis une semaine, la région de Piura, située dans le Nord du Pérou, affronte une vague de chaleur ainsi que de fortes pluies, conséquences du phénomène climatique El Niño, impactant l’Amérique du Sud et qui se manifeste par une hausse de température de l’océan Pacifique.

Des inondations ont eu lieu, selon le ministère de la Santé (Minsa), qui a envoyé une équipe de médecins sur place pour éviter tout risque de propagation du choléra. Selon les chiffres officiels les plus récents transmis par le ministère de l’Agriculture, El Niño a fait 5 181 sinistrés et 11 morts causés par les précipitations et ses conséquences en 2016.

 

Miguel Yamasaki, coordinateur du Centre des opérations d’urgence-Phénomène du Niño (COE-FEN), a déclaré que les pluies et glissements de terrain de ces deniers jours ont détruit, en totalité ou en partie, 200 kilomètres de routes, principalement différents segments au niveau de la localité de Huarochirí.

Il a ajouté que jusqu’à présent, 42 situations d’urgence sont à déplorer dans le pays, du nord au sud.

Le président Ollanta Humala a visité mercredi 2 mars la ville de Huarochiri, située dans les hauts plateaux andins de Lima, pour contrôler les travaux de déblaiement de la route principale, dont l’accès est fermé après le débordement d’une rivière environnante et de puissants glissements de terrain.

 

Colombie : la pauvreté en recul

http://www.actulatino.com/2016/03/04/colombie-la-pauvrete-diminue-le-president-juan-manuel-santos-se-felicite-des-resultats-obtenus/

 

Les chiffres relatifs à la pauvreté en Colombie ont été dévoilés à la suite d’un forum réunissant plusieurs experts économiques et le président colombien Juan Manuel Santos, à Bucaramanga, capitale du département de Santander.

Même si le pays semble enregistrer un léger mieux dans ce domaine avec une baisse du nombre de pauvres de 28,5 % en 2014 à 27,8 % en 2015, ils sont encore 13 millions à vivre dans la pauvreté. Même chose pour les indigents, dont le taux a baissé de 0,2 % passant de 8,1 à 7,9 %.

Ainsi, selon le Département de statistiques de l’État, 171 000 personnes auraient échappé à la pauvreté, et 24 000 à une extrême pauvreté.

 

Un rapport émanant de l’Onu-Habitat souligne : « Dans l’ensemble, les villes colombiennes analysées ont fait des progrès significatifs dans les programmes d’inclusion sociale et d’égalité, ce qui leur a permis de contrer les défis de l’inclusion économique […] 19 des 23 villes colombiennes ont réussi à réduire les écarts de revenu au cours des quatre dernières années, comme le montre l’amélioration du coefficient GINI. »

 

Ce tableau positif est toutefois à nuancer. En effet, car certaines régions sont encore à l’écart de ces progrès. Ainsi à Quibdo, capitale du Chocó, le taux de pauvreté a même augmenté, passant de 46 % de la population en 2014 à 50 % en 2015, et de 14 à 17 % en ce qui concerne l’extrême pauvreté.

 

Brésil : l’ex-président Lula Da Silva en garde à vue

http://www.rfi.fr/ameriques/20160304-bresil-petrobras-corruption-lula-police-perquisition

 

2L’affaire de corruption Petrobras n’en finit pas de secouer le Brésil et en particulier le Parti des travailleurs, auquel Dilma Rousseff, l’actuelle présidente appartient.

Vendredi 4 mars, le leader historique de ce parti et ancien président du pays, Lula Da Silva, a été interrogé par la police, dans le cadre d’une garde à vue.

Il est soupçonné d’avoir un lien avec cette affaire de corruption impliquant Petrobras, géant des hydrocarbures au Brésil, et d’autres grandes entreprises.

Selon la police, certains éléments de l’enquête mettent en évidence des pratiques frauduleuses au sein de l’entreprise publique, dont Lula aurait profité personnellement sous forme de paiements et de biens immobiliers de luxe. Il est soupçonné d’avoir ainsi acquis, sans les déclarer, une maison de campagne et un appartement en bord de mer.

Parallèlement à sa garde à vue, son domicile de São Paulo a été perquisitionné ainsi que les résidences de certains parents et collaborateurs.

 

Honduras : l’assassinat d’une militante écologiste ébranle le pays

http://www.rfi.fr/ameriques/20160304-honduras-berta-caceres-mort-militante-ecologiste

Drapeau du Honduras. Domaine public

Drapeau du Honduras.
Domaine public

Berta Caceres, militante écologiste au Honduras, âgée de quarante-trois ans, a été assassinée dans la nuit du mercredi 2 au jeudi 3 mars, en rentrant chez elle, selon sa famille, par des inconnus.

Lauréate du prix Goldman, l’un des plus prestigieux en matière de défense de l’environnement, elle luttait depuis plusieurs années pour la protection du fleuve Gualcarque et contre la construction d’un barrage hydroélectrique qui menaçait la survie de centaines d’habitants de l’ethnie Lenca.

Selon les autorités, il s’agirait d’un cambriolage qui a mal tourné.

Pour sa famille, en revanche, la cause de son assassinat est à trouver dans son combat écologiste.

Wilfredo Mendez, avocat au centre hondurien de promotion et de défense des droits de l’homme, considère quant à lui que ce crime n’est pas seulement lié à sa lutte écologiste :

N’écartons pas non plus, dit-il, la possibilité que cet assassinat s’inscrive dans un processus d’élimination des défenseurs des droits de l’homme, de leaders politiques, de leaders sociaux qui poussent à un processus de réformes profondes dans le pays ».

La société civile a été fortement émue et révoltée par cette affaire. 3 000 étudiants sont notamment descendus dans les rues de la capitale Tegucigalpa pour réclamer justice.

L’écho de cette affaire a dépassé les frontières puisque les États-Unis attendent une enquête impartiale qui fera toute la lumière sur ce meurtre.

Pour l’instant, deux personnes ont été arrêtées. Aucune information supplémentaire n’a été fournie.

 

Venezuela : crise institutionnelle

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2016/03/03/embourbe-dans-une-crise-institutionnelle-le-parlement-venezuelien-appelle-a-une-mediation_4876307_3222.html

 

Nicolas Maduro, président vénézuélien, en avril 2015 - Crédit photo : Cumbre Panama (Creative Commons)

Nicolas Maduro, président vénézuélien, en avril 2015 – Crédit photo : Cumbre Panama (Creative Commons)

Après la victoire de l’opposition aux élections législatives du 6 décembre dernier, le climat politique est tendu au Venezuela entre l’opposition et le gouvernement de Nicolas Maduro, président chaviste, et s’accompagne de joutes verbales et polémiques.

 

Dans cette atmosphère cristallisée autour des tensions politiques dans le pays, le Parlement, où l’opposition est désormais majoritaire, a décidé jeudi 3 mars, de demander la médiation de l’Organisation des États américains (OEA) pour tenter de résoudre ou du moins de minimiser la crise institutionnelle dans laquelle le pays est embourbé.

La coalition de la Table de l’unité démocratique (MUD), majoritaire au Parlement, a adopté un texte sommant l’OEA « d’examiner l’application de l’article 20 de la charte démocratique interaméricaine, considérant qu’il y a eu atteinte à l’ordre constitutionnel, qui entache gravement la démocratie », avec la décision, mardi 1er mars, du Tribunal suprême de réduire les pouvoirs du Parlement.

Cette décision stipule que les parlementaires ne contrôleront désormais que l’exécutif, perdant leur droit de regard sur les pouvoirs judiciaire, électoral et citoyen.

De cette façon, le Tribunal suprême de justice (TSJ) veut s’assurer que ses trente-quatre nouveaux juges, nommés par les chavistes fin décembre, ne puissent pas être révoqués facilement par l’opposition.

 

La crise politique, avec les multiples blocages et points de friction entre gouvernement et Parlement, se double d’une profonde crise économique rendant la situation potentiellement explosive dans un pays pâtissant fortement de la chute des cours du pétrole.