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09H29 - mardi 1 mars 2016

Une Semaine en Amérique latine (du 22 au 28 février 2016)

mardi 1 mars 2016 - 09H29

Bolivie : Evo Morales ne pourra pas briguer un quatrième mandat

http://www.rfi.fr/ameriques/20160224-bolivie-evo-morales-briguera-pas-quatrieme-mandat-2019

 

Evo Morales, en décembre 2011. Crédit photo : Roberto Stuckert Filho/PR (Creative Commons)

Evo Morales, en décembre 2011.
Crédit photo : Roberto Stuckert Filho/PR (Creative Commons)

C’est le « non » qui a emporté le référendum du 21 février en Bolivie. La consultation populaire portait sur une modification de la Constitution : il s’agissait de permettre ou non au président Evo Morales de briguer un quatrième mandat en 2019.

Selon les résultats publiés par le tribunal électoral suprême, le « non » a recueilli un peu plus de 51 % des suffrages contre près de 49 % pour le « oui », qui l’a cependant emporté dans trois des neuf régions du pays : La Paz, Oruro et Cochabamba. En tout, plus de 6,5 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes.

C’est une défaite sans précédent pour le président bolivien qui, en dix ans, a remporté trois élections présidentielles et un référendum révocatoire.

Il est désormais impératif pour son parti, Le Mas, de lui trouver un successeur avant la prochaine échéance présidentielle, prévue fin 2019.

 

Pérou : François Hollande remercie le pays andin pour son rôle prépondérant dans les négociations lors de la COP21

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2016/02/24/a-lima-francois-hollande-remercie-le-perou-pour-son-engagement-en-faveur-du-climat_4870543_3222.html

 

François Hollande, lors de l’ouverture de la COP21 à Paris, le 30 novembre 2015. Domaine public

François Hollande, lors de l’ouverture de la COP21 à Paris, le 30 novembre 2015.
Domaine public

Lors de la première étape de sa visite sud-américaine, mardi 23 février, à Lima, la capitale péruvienne, François Hollande a remercié le Pérou pour son rôle prépondérant lors de la COP21 qui s’est tenue en décembre dernier à Paris.

C’est, en effet, Lima qui a assuré la présidence de la COP21 pendant toute la durée des négociations qui ont mené à l’accord final.

Il a également insisté sur l’importance du plan Lima-Paris, aussi nommé « agenda des solutions » qui doit permettre de pérenniser les acquis de la COP21. Dans le prolongement de ses déclarations, il a profité d’une cérémonie à l’Alliance française de Lima pour remettre la Légion d’honneur au ministre de l’Environnement du Pérou, Manuel Pulgar-Vidal, très actif durant les négociations.

Cette visite de François Hollande en Amérique latine est la première d’un chef d’État français depuis celle du général de Gaulle, en 1964. Ce dernier avait alors effectué une grande tournée de presque trois semaines à travers dix États du sous-continent.

Ollanta Humala, le président péruvien, est quant à lui venu déjà quatre fois à Paris depuis 2012.

L’accent a été mis par ailleurs sur le renforcement des relations universitaires et culturelles entre les deux pays, notamment par des accords en matière de mobilité étudiante et de reconnaissance des diplômes dans les deux pays.

Cette visite, enfin, a été ponctuée de discussions sur la Syrie, avec le président américain, Barack Obama, la chancelière allemande, Angela Merkel, et le Premier ministre anglais, David Cameron.

Les quatre chefs d’État se sont accordés pour « exercer une pression sur le régime syrien et sur ses soutiens, c’est-à-dire la Russie, pour que cessent les bombardements et que l’aide humanitaire puisse être acheminée », selon les mots de François Hollande.

Ils ont également souligné l’importance du respect du cessez-le-feu qui doit être une première étape dans le règlement du conflit en Syrie et contribuer ainsi à stopper l’arrivée de migrants, massive depuis plusieurs mois en Turquie et en Europe.

 

Argentine : François Hollande rend hommage aux victimes de la dictature lors de sa visite dans le pays

http://www.liberation.fr/planete/2016/02/25/les-victimes-de-la-dictature-argentine-au-centre-du-voyage-de-hollande_1435609

 

L’École mécanique de la marine, à Buenos Aires, où près de 5 000 opposants à la junte militaire argentine ont disparu.  Depuis 2004, l’Esma est devenue un musée de la Mémoire dédié aux 30 000 « disparus » de la dictature. Crédit photo : ownwork - Creative Commons

L’École mécanique de la marine, à Buenos Aires, où près de 5 000 opposants à la junte militaire argentine ont disparu.
Depuis 2004, l’Esma est devenue un musée de la Mémoire dédié aux 30 000 « disparus » de la dictature.
Crédit photo : ownwork – Creative Commons

Dans le cadre de sa visite officielle de deux jours en Argentine, François Hollande s’est rendu, dans la matinée du 25 février, au Parc de la mémoire de Buenos Aires. Il a rencontré des associations de parents de victimes de la dictature militaire, qui a sévi en Argentine de 1976 à 1983, dont notamment les Mères et les Grands-mères de la place de Mai, via leur porte-parole : Estela De Carlotto.

Cette association est née en 1977, un an après le coup d’État du général Jorge Videla, qui avait mis fin par la force à la présidence d’Isabel Perón. Son objectif est de retrouver les enfants volés par les militaires pendant la dictature et donnés en adoption. Grâce à une compilation d’empreintes génétiques, 119 enfants ainsi arrachés à leur famille ont pu leur être rendus.

Le bilan des sept ans de dictature et de répression brutale s’élève à 30 000 disparus et 1,5 million d’exilés sans parler des victimes de la guerre des Malouines avec la Grande-Bretagne.

Sous la présidence de Nestor Kirchner, puis de sa femme Cristina, la justice argentine a pu poursuivre des militaires soupçonnés d’enlèvements ou de tortures, et des lieux de mémoire ont été créés, tels que l’Esma (École de mécanique de la marine) à Buenos Aires, ancienne prison clandestine.

Avec le triomphe de Mauricio Macri, à l’issue des élections présidentielles en octobre et novembre 2015, et son investiture en décembre de la même année, les associations de parents de disparus craignent une rupture avec la politique de mémoire. Ils redoutent que le gouvernement mis en place prônant le « pardon » pour les bourreaux ne tente de minimiser, voire d’effacer, les crimes commis pendant cette période sombre de l’histoire.

L’engagement de la France auprès des victimes remonte à l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand en 1981. Parmi les disparus, une vingtaine avait la nationalité française. L’Argentine réclame par ailleurs depuis 2012 l’extradition de Mario Sandoval, ancien officier de police réfugié en France et devenu citoyen français.

 

Uruguay : En visite dans le pays après le Pérou et l’Argentine, François Hollande évoque les relations d’amitié de la France avec l’Uruguay

http://www.lamontagne.fr/accueil/video/2016/02/27/hollande-evoque-l-amitie-uruguay-france-a-montevideo_94776866357001.html

 

Après le Pérou et l’Argentine, François Hollande a terminé sa visite sud-américaine par l’Uruguay, où il est arrivé jeudi 25 février dans l’après-midi.

Au lycée Jules Supervielle de Montevideo, capitale uruguayenne, il a notamment évoqué l’amitié qui lie les deux pays en soulignant lors de son discours que l’Uruguay partage « la même conception que la France pour la paix et l’action d’intermédiation » lors de risques de conflits entre pays. Il a aussi salué la participation de ce petit État d’Amérique du Sud, situé entre l’Argentine et le Brésil, au maintien de la paix mais aussi à la COP21. Plus largement, il a profité de cette occasion pour féliciter l’Amérique latine en général pour son leadership dans le bon déroulement et le succès des négociations de la COP21.

 

L’OCDE expulse le Panama de sa liste des pays vertueux

http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/02/27/l-ocde-expulse-le-panama_4872834_3234.html

 

Cinta Costera, dans la ville de Panamá, capitale du pays du même nom. Crédit photo : Ayaita - Creative Commons

Cinta Costera, dans la ville de Panamá, capitale du pays du même nom.
Crédit photo : Ayaita – Creative Commons

Les dirigeants de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) devaient profiter de la réunion des ministres des finances du Groupe des 20 pays les plus puissants au monde (G20), les 26 et 27 février à Shanghai, pour alerter la communauté internationale sur le refus du Panama de se normaliser et d’échanger ses informations bancaires, à l’inverse de ses déclarations publiques fin 2015. Le pays s’était alors engagé à passer à l’échange automatique de données bancaires entre États, dans le cadre de la lutte mondiale contre la fraude fiscale.

Le Panama est connu notamment pour être l’un des paradis fiscaux les plus opaques du monde.

 

 

Paraguay : la CIDH se mobilise pour défendre les natifs Ayoreo et dénonce une déforestation massive

http://www.actulatino.com/2016/02/24/paraguay-la-cidh-se-mobilise-en-faveur-des-natifs-ayoreo-et-denonce-une-deforestation-massive/

Parure ayoreo, Muséum américain d’histoire naturelle. Crédit photo : Daderot - Creative Commons

Parure ayoreo, Muséum américain d’histoire naturelle.
Crédit photo : Daderot – Creative Commons

La Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) a rappelé aux autorités paraguayennes au cours du mois de février son devoir de protéger les territoires où vivent les populations autochtones, territoires grignotés chaque jour par la déforestation qui touche le Chaco paraguayen.

Le Chaco s’étend en Argentine, Bolivie, au Brésil et au Paraguay et représente la deuxième zone forestière du continent sud-américain après la forêt amazonienne.

Sur une partie du Chaco paraguayen, la communauté autochtone des Ayoreo-Totobiegosode vit en isolement volontaire et fuit tout contact avec « le monde moderne ». Elle est touchée directement par la déforestation qui constitue une destruction de son habitat et de ses ressources vitales. Or, 25 millions d’arbres ont été abattus en octobre 2015 au Paraguay, en Argentine et Bolivie.

La CIDH, qui dépend de l’Organisation des États américains (OEA), a adopté une résolution où elle stipule notamment qu’« il faut éviter que la déforestation se poursuive sur le territoire reconnu des indigènes Ayoreo ». Elle précise aussi que la déforestation illégale a induit « de nombreux contacts avec le groupe des Ayoreo-Totobiegosode, qui se trouve en isolement volontaire, mettant en danger la survivance physique et culturelle de ces derniers ». De nombreux natifs de cette communauté ont déjà péri par le contact avec des étrangers, contractant ainsi des maladies contre lesquelles ils n’étaient pas immunisés.

La Commission appelle donc à un protocole spécifique pour la protection des natifs conformément aux normes internationales (notamment la Convention 169 de l’OIT et la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones de 2007).