Monde / World
Israël /
15H58 - mercredi 24 février 2016

Nul n’est au-dessus des lois

mercredi 24 février 2016 - 15H58

Avec un ancien président de la République et un ancien Premier ministre derrière les barreaux, la justice donne un signe fort au peuple israélien : pas d’immunité pour les grands.

 

Ehud Olmert - Crédit photo : Yoav Ari Dudkevitch/Flash90

Ehud Olmert – Crédit photo : Yoav Ari Dudkevitch/Flash90

Le Premier ministre devant la Cour suprême

Jamais jusqu’ici un Premier ministre israélien n’avait demandé une audience à la plus haute juridiction du pays. Benjamin Netanyahu l’a fait pour défendre un accord signé entre son gouvernement et un groupe israélo-américain, en l’occurrence Delek-Nobel. En question, l’exploitation du gisement de gaz Léviathan, découvert en méditerranée au large d’Israël, par cette entreprise qui gère déjà le seul autre gisement israélien, Tamar, à 80 kilomètres des côtes de Haïfa.

Un premier accord, signé en 2014, avait reçu un avis défavorable de l’autorité anti-trust et par ailleurs mobilisé contre lui des milliers de manifestants qui dénonçaient le « vol » de ces ressources par des groupes privés. Ces actions n’ont pas empêché le Premier ministre de négocier un nouveau contrat, qui selon lui n’aurait aucune alternative, et de le signer en décembre 2015.

De la décision de la Cour suprême dépendront les plans de coopération avec la Grèce et Chypre pour l’exportation du gaz vers l’Europe.

 

L’ex-Premier ministre Ehud Olmert en prison

Condamné, pour corruption et entraves à la justice, à une peine de prison ferme de dix-neuf mois, l’ancien chef de gouvernement israélien a été incarcéré lundi. Le matin, avant de quitter sa maison, il a diffusé une vidéo dans laquelle il réaffirmait que « personne n’est au-dessus des lois » tout en continuant à plaider son innocence des faits qui lui sont reprochés.

Selon les termes de sa condamnation, il aurait touché des pots-de-vin dans le cadre d’un projet immobilier initié alors qu’il était maire de Jérusalem, entre 1993 et 2003.

Une autre personnalité marquante de la vie politique israélienne est déjà détenue dans sa prison à Ramleh : l’ancien président Moshe Katzav, condamné lui à sept ans de prison pour viol.

 

Le Royaume-Uni et la mairie de Paris disent non au boycott d’Israël

En novembre 2015, l’approbation par l’Union européenne de l’étiquetage des produits originaires des implantations israéliennes avait été interprétée comme un premier pas vers la légitimation du boycott d’Israël.

Lundi dernier pourtant, le gouvernement britannique a annoncé une nouvelle disposition, qui n’a été soumise ni au débat ni au vote du Parlement, visant à interdire, sous peine de sanctions sévères, le boycott des produits israéliens par les institutions publiques.

Cette mesure rejoint le « vœu » présenté par le conseil de Paris condamnant le boycott d’Israël et appelant à la promotion d’une solution de paix entre Israéliens et Palestiniens. Cette prise de position répond à certaines actions « illégales » commises ces derniers mois à Paris, dont le blocage de manifestations artistiques auxquelles des Israéliens devaient participer.

 

La reconnaissance d’Israël, condition sine qua non pour Angela Merkel

La chancelière allemande a déclaré mardi, en présence du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qu’il n’y aurait de normalisation complète des relations entre Berlin et Téhéran qu’à la condition expresse que l’Iran reconnaisse l’existence de l’État hébreu. Si l’Allemagne a intensifié ses échanges avec l’Iran, à la suite de l’accord historique sur le nucléaire, elle n’a encore pas invité le président Rohani à une visite officielle à Berlin.

La chancelière a par ailleurs réaffirmé la nécessité d’avancer dans les négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens vers une solution à deux États.

 

Patrick le Hyarick interpelle le quai d’Orsay sur la question palestinienne

De retour d’une visite en Palestine avec une délégation du parlement européen, Patrick le Hyarick, député Front de gauche et directeur du journal l’Humanité a publié le 22 février une lettre ouverte au ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault. Après avoir constaté sur place une situation qui s’aggrave, il demande à la France par la voix de sa diplomatie de soutenir un projet de déploiement d’«une force de protection internationale du peuple palestinien qui en même temps contribuerait à la sécurité des populations israéliennes ».

Déclarations fracassantes de Riyad al-Malki au Japon

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, était la semaine dernière en visite officielle au Japon. Au cours d’une conférence de presse, son ministre des Affaires étrangères, Riyad al-Malki, a prévenu que les Palestiniens ne reprendraient jamais de négociations directes avec Israël.

Pour lui, la situation s’étant fortement détériorée dans la région depuis l’arrêt des pourparlers de paix en avril 2014, la jeunesse y est désespérée. Il voit là l’origine de la vague de violence qui bouleverse aujourd’hui Israël.

Il a par ailleurs affirmé que si les Occidentaux et les pays arabes ne s’occupaient pas de la question, la Cisjordanie pourrait tomber entre les mains de Daech.

 

Création de postes arabes de la police israélienne

Gilad Erdan, ministre israélien de la Sécurité interne, des Affaires stratégiques et de l’Information, a présenté un projet d’établissement de postes de police israéliens dirigés par des arabes dans les secteurs arabes. La réalisation de ce projet nécessiterait l’enrôlement de 1 300 policiers arabes supplémentaires. À la tête de cette institution, en charge de l’organisation centrale et du recrutement, serait nommé le commissaire adjoint Jamal Akroush, chef adjoint du district de la police côtière depuis 2010. Il est le premier arabo-musulman à avoir reçu le grade de commissaire de police adjoint.

 

Courir sans frontières

Des jeunes, arabes et juifs, sont à l’initiative de « Running without Borders ». Ils affirment qu’il ne s’agit plus de dire que « le jour viendra » mais de « le faire advenir sans attendre personne ». Ils se refusent à céder à la réalité imposée par les médias et la politique. Cette réalité de violence et de haine entre Juifs et Arabes.

Dans les faits, trente garçons et filles, de Jérusalem Est et Ouest, se rencontrent chaque semaine pour s’entraîner ensemble à courir. Ils apprennent ainsi à se connaître, se soutenir les uns les autres et à se réjouir ensemble de leurs victoires.

Ils espèrent ainsi contribuer au changement dans cette ville où aujourd’hui seule la peur règne.

Des mouvements de parents s’organisent pour les soutenir. « Dans la ville la plus compliquée du monde, disent-ils, l’espoir pousse à travers les fissures des murs. »