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10H58 - mardi 23 février 2016

Une Semaine en Amérique latine (du 15 au 21 février 2016)

mardi 23 février 2016 - 10H58

Colombie : enquête sur des disparus et exactions dans une prison

Drapeau de la Colombie. Drapeau de la Colombie.[/caption]

Selon une enquête en cours en Colombie, des exactions telles que des pendaisons, des empoisonnements, des électrocutions, dépeçages, ou assassinats, ont été commises, il y a une quinzaine d’années, sur des prisonniers d’une prison de Bogota.

Caterina Heyck, la directrice des services spécialisés du Parquet, estime à au moins cent le nombre de personnes concernées. « Comme elles ont été coupées en morceaux puis jetées dans les canalisations, il est difficile de savoir exactement combien ont ainsi disparu » explique-t-elle à l’Agence France Presse.

C’est elle-même qui a révélé ces faits macabres qui se sont déroulés entre 1999 et 2003 dans la prison de La Modelo, centre pénitentiaire pour hommes, prévu pour accueillir 1 675 prisonniers, mais qui à l’époque des faits en comptait pas moins de 3 800.

Dans ces mêmes années, la prison de La Modelo étaient incarcérés des guérilleros et paramilitaires, ennemis du régime colombien, au cœur du conflit interne, entre gouvernement et Farc, qui déchire le pays depuis plus d’un demi-siècle et a causé à ce jour la mort d’au moins 220 000 personnes, le déplacement de six millions d’autres et la disparition de dizaines de milliers. Il y a quelques mois, Bogota et les Farc ont convenu de signer avant le 23 mars un accord de paix définitif.

 

Certains témoins attestent que dans la prison de La Modelo, meurtres et disparitions étaient chose courante pour régler ses comptes ou se venger.

Une lutte de pouvoir s’était installée entre les rebelles d’extrême gauche et les paramilitaires des milices d’extrême droite, créées dans les années 1980 pour combattre les insurrections paysannes.

Cependant, les prisonniers n’auraient pas été les seules victimes de ces atrocités puisque leurs proches et d’autres visiteurs ont disparus aussi dans de funestes conditions.

 

Colombie : un citoyen colombien obtient le prix Netexplo pour une prothèse d’avant-bras modulable, faite avec des éléments de Lego

Localisation de la région d’Amazonas, dans le nord du Pérou - Crédit photo : Peru_-_(Template).svg: Huhsunqu (Creative Commons) Localisation de la région d’Amazonas, dans le nord du Pérou – Crédit photo : Peru_-_(Template).svg: Huhsunqu (Creative Commons)[/caption]

Le gouvernement péruvien a déclaré mercredi 17 février, pour 90 jours, l’état d’urgence sanitaire dans deux zones de l’Amazonie péruvienne affectées par une fuite de pétrole de deux pipelines, dont la gestion est opérée par l’entreprise Petroperú, la compagnie pétrolière nationale du Pérou.

Cette urgence sanitaire porte sur la qualité de l’eau destinée à la consommation humaine.

 

Cette décision décrétant l’urgence sanitaire, émane de la Direction générale de la santé (Digesa) et concerne le district d’Imaza, de la région d’Amazonas, ainsi que les districts de Morona, Manseriche, Barranca, Pastaza et Cahuapana, de la province de Dátem de Marañón, dans la région de Loreto.

Le texte ordonne d’augmenter la fréquence des contrôles sanitaires des systèmes d’approvisionnement en eau destinée à la consommation humaine, en coordination avec les Directions régionales de santé des régions Amazonas et Loreto, pendant le temps que dure l’urgence sanitaire.

La Direction générale de la santé a également prévu des actions d’assistance technique et logistique pour installer des systèmes de distribution d’eau potable dans les zones sinistrées.

La première fuite s’est produite le 25 janvier, dans le village de Villa Hermosa, dans la région d’Amazonas, où entre 2 000 et 3 000 barils de pétrole se sont déversés dans les eaux des rivières.

La deuxième a eu lieu le 3 février dans la province de Dátem de Marañón.

Beaucoup de rivières mais aussi nombre de populations autochtones qui en dépendent entièrement pour leur consommation en eau sont impactées par cette catastrophe écologique.

 

Mexique : à l’issue de son voyage dans le pays, le pape dénonce la « tragédie humaine » des migrations forcées

Le pape François en Corée du Sud, en août 2014 Crédit photo : Korea.net / Korean Culture and Information Service (Jeon Han) (Creative Commons) Le pape François en Corée du Sud, en août 2014
Crédit photo : Korea.net / Korean Culture and Information Service (Jeon Han) (Creative Commons)[/caption]

Le pape François a quitté le Mexique mercredi 17 février à l’issue d’un voyage de cinq jours, où il s’est notamment rendu dans les villes de Ciudad Juarez, Morelia, San Cristobal de las Casas et Mexico, la capitale.

Le dernier jour, il a donné une messe transfrontalière inédite, devant plusieurs dizaines de milliers de personnes, dans la ville de Ciudad Juarez, dans l’État de Chihuahua, au nord du Mexique.

Durant cette cérémonie, il a dénoncé la « tragédie humaine » des migrations forcées et du crime organisé qui frappe de plein fouet les plus démunis.

Dans la matinée, en visite dans une prison où vivent 3 000 détenus, il a déclaré que l’incarcération n’était pas la seule solution à « l’insécurité » et exhorté les détenus à se faire « prophètes » de la paix dans la société.

Le voyage du pape au Mexique s’est articulé principalement autour d’étapes symboliques dans plusieurs villes, où il a abordé les thèmes de la violence, de la pauvreté, des autochtones et des migrants, actuellement au cœur des problématiques du pays.

Ce voyage était son quatrième en Amérique latine, après ceux effectués au Brésil en 2013, en Équateur, Bolivie et Paraguay en 2015 et Cuba en 2015.

 

Le Venezuela met en place des mesures d’ajustement pour contrer l’effondrement de son économie

Nicolas Maduro en avril 2015, lors du sommet des Amériques au Panama. Crédit photo : Cumbre Panamá (Creative Commons) Nicolas Maduro en avril 2015, lors du sommet des Amériques au Panama.
Crédit photo : Cumbre Panamá (Creative Commons)[/caption]

Nicolas Maduro, président vénézuélien, a annoncé mercredi 17 février, une hausse du prix de l’essence, une dévaluation de 58 % du bolívar, la monnaie du pays, et une simplification du système de change, avec l’instauration de deux taux (contre trois actuellement).

En ce qui concerne les importations de biens de première nécessité, le taux de change officiel de la monnaie nationale passe de 6,3 à 10 bolívars pour un dollar.

Côté prix de l’essence, le litre de super 95 va passer de 0,01 à 0,95 bolivar, soit une augmentation de 6 085 %. L’essence ordinaire (celle à l’indice d’octane de 91) se vendra désormais 1 bolivar le litre.

Selon M. Maduro, le nouveau prix de l’essence permettra à la compagnie pétrolière publique PDVSA de récupérer quelque 800 millions de dollars.

Ces différentes mesures d’ajustement ont été perçues comme « positives mais très insuffisantes » par les économistes issus de l’opposition, majoritaires au parlement depuis les élections législatives du 6 décembre 2015. Elles visent à atténuer le marasme économique dans lequel se trouve actuellement le pays, avec un Produit intérieur brut en chute libre

(- 7 % en 2015) et un déficit public atteignant les 20 % du PIB. Selon le Fonds monétaire international, l’inflation pourrait bien dépasser 700 % en 2016.

De plus, les pénuries de biens de première nécessité comme les aliments et les médicaments s’aggravent.

 

Amérique latine : la Banque mondiale rapporte que les populations autochtones restent encore marginalisées

Siège de la Banque mondiale à Washington - Crédit photo : Shiny Things / Flickr CC Siège de la Banque mondiale à Washington – Crédit photo : Shiny Things / Flickr CC[/caption]

Selon l’étude intitulée « Latinoamérica Indígena en el siglo XXI » (Amérique latine des peuples autochtones au xxi ») dévoilée le lundi15 février par la Banque mondiale, la pauvreté reste encore très marquée chez les peuples autochtones d’Amérique latine.

Le spécialiste en développement social de la Banque mondiale, Germán Freire, a révélé que les autochtones représentent environ 31 % des pauvres du continent alors qu’ils constituent 8 % de la population totale (soit environ 42 millions de natifs).

Il a notamment pointé la discrimination et l’exclusion comme « des obstacles importants » à l’accès à de meilleures conditions de vie parmi ces peuples.

Malgré le fait que la région latino-américaine soit assez avant-gardiste dans ses politiques à destination des autochtones, le chemin reste encore long, puisque plus de 30 % de la population autochtone vit dans la pauvreté, et 24 % dans l’extrême pauvreté, « près de trois fois plus que la population non autochtone », a révélé la Banque mondiale à travers la voix de son vice-président pour l’Amérique latine et les Caraïbes, Jorge Familiar.

Pour tenter de réduire ces inégalités, le rapport propose l’examen détaillé des problèmes spécifiques aux populations autochtones à travers un prisme différent qui prendrait totalement en compte leurs voix, leurs cultures et identités.

 

 

Cuba recevra la visite de Barack Obama en mars

Barack Obama. Domaine public. Barack Obama.
Domaine public.[/caption]

Barack Obama, président des États-Unis, se rendra à Cuba, le 21 mars prochain. Ce sera la première visite d’un président américain à Cuba depuis près de quatre-vingt-dix ans. La dernière visite présidentielle états-unienne sur l’île date de 1928, lorsque Calvin Coolidge s’y était rendu.

Après avoir renoué les relations diplomatiques avec le régime cubain en décembre 2014 et rouvert l’ambassade américaine à La Havane, en août 2015, Barack Obama a estimé que le temps était venu de marquer définitivement la réconciliation après plus d’un demi-siècle de tensions et de gel diplomatique entre les deux pays.

Sur son compte Twitter cependant, le président américain a avoué qu’il restait beaucoup à faire :  « Nous avons encore des divergences avec le gouvernement cubain que j’aborderai franchement. L’Amérique défendra toujours les droits de l’homme partout dans le monde », a-t-il écrit.

Selon la Maison-Blanche, le Président devrait s’entretenir à La Havane avec des dissidents. La possibilité d’une rencontre avec l’ancien président Fidel Castro a été écartée.