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13H12 - mercredi 27 janvier 2016

Play International passe les obstacles et gagne

mercredi 27 janvier 2016 - 13H12

David Blough, directeur exécutif de l’association depuis 2013, nous présente les différents champs d’intervention d’une structure au service de tous par le biais du sport.

 

Sports sans frontières au Kosovo - Crédit photo : PL4Y International

Enfants au Kosovo – Crédit photo : PL4Y International

 

Qui a créé Play International ?

L’association, qui s’appelait Sports sans frontières jusqu’en 2014, a été fondée par des étudiants de l’ESCP Europe, et notamment son président actuel Arnaud Mourot. Il est bénévole chez Play et directeur Europe d’Ashoka, le premier réseau mondial d’entrepreneurs sociaux. Aujourd’hui, 35 salariés constituent la force de frappe de l’ONG Play International, qui est membre du groupe SOS.

Pourquoi avoir changé de nom ?

En 2011/2012, nous avons souhaité élargir notre périmètre d’intervention en sortant notamment de l’humanitaire caractérisé par le « Sans Frontières. » Nous avons travaillé avec l’agence de communication Seenk pour la nouvelle appellation et mené un groupe de réflexion avec le marketing. Mais nous continuons de mêler action éducative et sport, qui reste une formidable accroche et un langage universel.

Quels sont vos partenaires ?

Nous travaillons aussi bien avec le public (ministère de l’Éducation nationale) que le privé (fondation Veolia et Carrefour, Malakoff-Médéric pour l’action sociale liée au handicap, l’hôtel Shangri-La).

Play International intervient depuis 1999. Chaque fois à la demande d’un pays ? Quel est le public visé ?

Nous sommes sollicités pour des besoins sociaux et éducatifs. Au Burundi, nous travaillons sur la prévention du paludisme, du VIH, mais aussi sur la rescolarisation, la réconciliation, le dialogue, et la citoyenneté compte tenu du contexte (entre Tutsi et Hutu, à l’instar de son voisin rwandais). Au Kosovo, nous essayons de montrer aux jeunes comment briser les barrières entre les nombreuses communautés en créant des passerelles, un Serbe peut par exemple monter un projet avec un Kosovar.

Comment travaille-t-on en temps de guerre ?

Nous prenons des précautions. On poursuit notre programme mais évitons les déplacements à certains moments. Au Burundi, par exemple, le staff a déménagé dans des quartiers plus sûrs car la violence se concentre principalement à Bujumbura, la capitale.

Quel est l’axe privilégié par Playdagogie, que vous avez initié en 2012 ?

C’est une méthode d’apprentissage basée sur le sport : les enfants jouent et apprennent en même temps. On commence une séance traditionnelle d’activités physiques et sportives de 15 à 20 minutes, puis nous changeons les consignes pour introduire la thématique, avant de conclure par un débat du type « Qui sont les agresseurs ? Qui sont les victimes ? » Par exemple, sur une balle au prisonnier, le ballon devient un symbole, avec un jeu classique de chat et de souris, on modifie les règles en annonçant aux enfants que le chat est l’agresseur et la souris la victime, avant de créer une zone où les victimes sont en sécurité comme dans la « vraie vie » (maison, police…).

Qui parmi les sportifs, soutiennent vos démarches ?

L’athlète Muriel Hurtis est un soutien « historique », mais d’autres sont apparus récemment, comme le handballeur Luc Abalo et le rugbyman Sébastien Chabal.

Quelles actions sont prévues en 2016 ?

Après Paris (Tour First de La Défense, Maison de la radio), nous souhaitons développer le Vertigo Tour en région, ces courses à étages nous permettant de récolter des dons. Nous allons aussi exporter Playdagogie en Angleterre, à la demande de la Cambridge House, un centre d’action sociale. C’est gratifiant qu’un contenu créé dans un lieu puisse être utile ailleurs…