Amériques Latines
13H11 - jeudi 10 décembre 2015

Une semaine en Amérique latine (du 30 novembre au 6 décembre)

jeudi 10 décembre 2015 - 13H11

Brésil : Dilma Rousseff fait face à une procédure de destitution

http://www.rfi.fr/ameriques/20151203-bresil-procedure-destitution-ouverte-contre-dilma-rousseff-presidente

Dilma Rousseff en 2011. Crédit: Agência Brasil, Roberto Stuckert Filho/Presidência da República

Dilma Rousseff en 2011. Crédit: Agência Brasil, Roberto Stuckert Filho/Presidência da República

Après des mois de discussions, et alors que la présidente du Brésil, Dilma Rousseff, faisait face à une forte poussée de mécontentement chez la plupart des citoyens brésiliens, une procédure de destitution a été ouverte à son encontre par Eduardo Cunha, président de la Chambre des députés.

La présidente est soupçonnée par ce dernier d’avoir falsfifié une partie des comptes de l’Etat brésilien, notamment en masquant volontairement une augmentation du déficit budgétaire l’année dernière.

Eduardo Cunha, opposant politique de la présidente, est lui-même soupçonné d’avoir touché de l’argent détourné dans l’affaire de corruption Petrobras qui ébranle le pays depuis des mois.

Il a d’ailleurs affirmé que sa décision a été prise « pour des raisons politiques » et qu’elle ne lui « procure aucune joie ». Il souhaite que le Brésil « arrive à surmonter cette épreuve ».

Dilma Rousseff a immédiatement réagi à cette décision. Elle s’est dite « indignée » de la décision du président de la Chambre des députés en soulignant qu’elle avait « reçu le mandat démocratiquement du peuple brésilien » et qu’elle n’avait « pratiqué aucun acte illicite ».

Selon elle, les « raisons qui ont conduit à cette demande sont inconsistantes ».

 Une commission parlementaire doit maintenant statuer sur le bien-fondé de cette destitution. Sa décision devra par la suite être approuvée par les députés et les sénateurs. Dilma Rousseff pourrait alors être suspendue de ses fonctions.

Le Brésil, subissant déjà les affres d’une récession économique, s’enfonce désormais dans une période de crise politique.

 

 

Le Brésil reconnu coupable d’écocide et de violation des droits des peuples autochtones par le « Tribunal international des droits de la nature » en marge de la COP21

http://www.geo.fr/photos/reportages-geo/halte-aux-grands-barrages-en-amazonie-plaide-le-cacique-raoni-cop21-environnement-droit-peuples-autochtones-158977

 

Le Cacique Raoni en juillet 2013. Crédit: Valter Campanato/ Agência Brasil.

Le Cacique Raoni en juillet 2013. Crédit: Valter Campanato/ Agência Brasil.

Samedi 5 décembre, le gouvernement brésilien a été symboliquement reconnu coupable de crime d’écocide, d’atteinte aux droits de la Terre mère et de violation des droits des peuples autochtones, par un jugement rendu par la troisième édition du « Tribunal international des droits de la nature ». Le procès citoyen s’est tenu à la Maison des métallos, à Paris, en marge de la COP21, en présence du Cacique Raoni.

Ce dernier ainsi que de nombreux peuples autochtones du Brésil reprochent au gouvernement brésilien d’avoir donné en 2011 son feu vert au barrage hydroélectrique de Belo Monte, en cours de construction sur la rivière Rio Xingu, dans l’est du pays (en voie de devenir le 3e plus grand barrage du monde).

Le Cacique Raoni déplore la destruction de la forêt amazonienne engendrée par ces grands projets de barrage, et en appelle, au nom des peuples autochtones, « à la responsabilité des Etats pour quils stoppent les grands projets qui menacent la nature ».

Des représentants d’associations défendant les droits des peuples autochtones étaient notamment présents, comme Gert-Peter Bruch, président de l’ONG Planète Amazone, qui a annoncé en préambule : « Le monde entier doit savoir ce qui se passe ici et prendre conscience du fait que la destruction de la forêt est synonyme de la destruction des peuples »

 Au cours de sa session, le « Tribunal international des droits de la nature » a notamment exigé une loi moratoire pour arrêter la construction des grands barrages en Amazonie.

Si les décisions rendues par ce Tribunal sont avant tout symboliques, le président de ce dernier, le Sud-Africain Cormac Cullinan, s’est félicité du succès populaire de l’événement, qui prouve selon lui que « nous pouvons créer les institutions dont nous avons besoin pour défendre les droits de la Terre, indissociables des droits de lHomme ».

 

 

Chili : plus de 300 baleines retrouvées échouées en Patagonie

http://www.leparisien.fr/environnement/nature/chili-plus-de-300-baleines-echouees-en-patagonie-02-12-2015-5332781.php

Plus de 300 baleines ont été retrouvées mortes ces jours derniers dans un fjord isolé de la Patagonie chilienne, à l’extrême sud du pays. Cet événement pourrait bien être l’un des plus grands échouages de cétacés jamais enregistré dans le monde, ont annoncé mardi 1er décembre des chercheurs.

«C’était une vision apocalyptique. Je n’avais rien vu de semblable», a déclaré à l’AFP Vreni Häussermann, la directrice du centre scientifique Huinay, qui a participé à l’expédition ayant trouvé les baleines échouées. 

En avril dernier déjà, une vingtaine de baleines d’une espèce protégée avaient été trouvées sans vie dans cette région du Chili. Les chercheurs avaient alors monté cette expédition d’investigation à la suite de cette macabre découverte.

En parallèle, une enquête des autorités chiliennes avait été ouverte et avait écarté toute intervention humaine dans la mort des cétacés.

Selon Vreni Häussermann, c’est l’ « arbre qui pourrait cacher la forêt » puisqu’il est probable qu’il y ait davantage de baleines mortes. En effet,  de nombreuses zones n’ont pas pu être atteintes par les équipes scientifiques étant donné que le fjord où ont été trouvées les baleines est un endroit très difficile d’accès.

Les causes de cet échouage massif seront expliquées prochainement dans la revue National Geographic, qui a financé le survol de la zone.

Les scientifiques à l’origine de la découverte ont fait savoir qu’aucune des baleines ne portait de traces de blessures, privilégiant la piste d’un excès d’algues ou de la présence d’un virus.

 

 

Venezuela : victoire de lopposition aux élections législatives

http://www.rfi.fr/ameriques/2min/20151207-legislatives-venezuela-victoire-historique-opposition-mud-maduro-chavisme

 Emblème de la Coalition Mesa de Unidad Democrática (MUD)


Emblème de la Coalition Mesa de Unidad Democrática (MUD)

Dimanche 6 décembre, le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) a perdu sa majorité à l’issue des élections législatives, une première historique puisqu’un tel scénario ne s’était pas produit depuis plus de quinze ans.

L’opposition, incarnée principalement par la Table de l’unité démocratique (MUD : Mesa de Unidad Democrática), coalition de différents partis politiques, a obtenu 99 sièges sur 167 au Parlement monocaméral, soit la majorité des trois cinquièmes, selon les premiers résultats encore provisoires donnés à l’issue du vote.

Les chavistes du PSUV n’ont que plus que 46 sièges. Le président Maduro a reconnu la défaite de sa formation et  n’a pas tardé à réagir, s’exprimant à la télévision après l’annonce des résultats. « Nous sommes venus avec notre morale, avec notre éthique, pour reconnaître ces résultats adverses, pour les accepter et pour dire à notre Venezuela que la Constitution et la démocratie ont triomphé », a déclaré le président, conscient qu’une cohabitation inédite va s’ouvrir, alors que le Venezuela va connaître sa première alternance politique depuis l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chavez en 1999.

Selon la présidente du Conseil national électoral, Tibisay Lucena, certains sièges restaient encore incertains.

Du point de vue de la participation, les autorités électorales ont assuré que cette dernière avait été élevée, en frôlant les 75%.

Cependant, même si la Table de l’unité démocratique s’est félicitée de cette victoire, la tâche qui lui incombe n’est pas mince puisqu’il lui faudra se mettre d’accord, au sein de sa coalition très hétéroclite, sur des décisions à prendre face à la crise économique, sociale, culturelle et politique que traverse le Venezuela. Pays qui puise l’essentiel de ses ressources économiques de la manne pétrolière mais qui, depuis plusieurs années, est confronté à la chute des cours du brut, engendrant notamment une l’inflation et des pénuries.

 

 

Le Mexique remet une distinction à Malala en reconnaissance de sa lutte pour l’égalité et contre la discrimination

http://www.sdpnoticias.com/internacional/2015/12/04/mexico-entrega-distincion-a-malala-por-igualdad-y-no-discriminacion

Malala Yousafzai. Crédit: Russell Watkins/Flickr

Malala Yousafzai. Crédit: Russell Watkins/Flickr

Jeudi 3 décembre, à Birmingham, le Mexique, par le biais du Conseil national pour la prévention de la discrimination au Mexique (Conapred), a décerné à Malala Yousafzai une distinction spéciale en reconnaissance de sa lutte pour l’égalité et contre la discrimination, illustrée dans sa défense des droits humains. Malala a lutté pour l’accès à la scolarisation des filles, notamment dans son pays natal, le Pakistan. 

En 2013, le gouvernement mexicain avait désigné la jeune pakistanaise pour cette distinction dans la catégorie internationale, une année avant qu’elle ne soit nommée Prix Nobel de la Paix, en 2014.

Après avoir été attaquée au visage par une personne liée à un groupe Taliban alors qu’elle s’adressait à son école en octobre 2012, Malala avait été transférée à Birmingham, au Royaume-Uni, pour recevoir des soins médicaux spécialisés. Elle y réside désormais.

Au cours de la cérémonie, le père de Malala, Ziauddin Yousafzai, a reçu la distinction pour le compte de sa fille des mains du docteur Mauricio Merino, président de l’Assemblée consultative du Conapred.

 

 

Les Colombiens pourront désormais voyager en Europe sans visa pour motifs touristiques, visite familiale ou voyage daffaires

http://www.espanol.rfi.fr/americas/20151202-los-colombianos-ya-pueden-entrar-en-europa-sin-visado

La Colombie et l’Union européenne ont signé un accord mercredi 2 décembre à Bruxelles, permettant aux Colombiens et aux Européens d’être exemptés de visa pour des voyages de tourisme ou d’affaires, d’une durée inférieure à 90 jours. L’accord devait entrer en vigueur le jeudi 3 décembre.

L’exemption de visa s’appliquera à tous les Colombiens pour tous voyages de tourisme, visites culturelles, activités scientifiques, visites à la famille ou voyage d’affaires. Ceux qui voyagent en vue d’exercer une activité rémunérée dans le pays hôte ne bénéficieront pas de cette exemption. L’Irlande et la Grande Bretagne restent hors de cet accord puisqu’elles ne font pas partie de l’espace Schengen de libre circulation des personnes au sein de l’Union européenne.

 

 

La Colombie retrouve un navire qui renfermerait quantité dor et d’émeraudes

http://www.ouest-france.fr/monde/colombie/la-colombie-retrouve-un-galion-qui-serait-plein-dor-et-demeraudes-3893978

http://www.lemonde.fr/archeologie/article/2015/12/06/la-colombie-dit-avoir-retrouve-l-epave-d-un-legendaire-galion-307-ans-apres-son-naufrage_4825514_1650751.html

Combat naval au large de Carthagène, le 28 mai 1708. Oeuvre de Samuel Scott 

Combat naval au large de Carthagène, le 28 mai 1708. Oeuvre de Samuel Scott

Vendredi 4 décembre, le président colombien, Juan Manuel Santos, a annoncé sur son compte Twitter que l’épave du galion espagnol, San Jose,  dont les soutes pourraient regorger d’or, d’émeraudes et de pièces d’argent, avait été découverte au large de Carthagène. Cette ville est située dans le nord de la Colombie, près de la mer des Caraïbes.

Le galion avait sombré en 1708 lors de la bataille navale de Baru, qui a opposé les forces britanniques et espagnoles, durant la guerre de succession d’Espagne (1701-1712). Le navire était le principal vaisseau d’une flotte acheminant de l’or et de l’argent des colonies espagnoles en Amérique jusqu’en Espagne pour le roi Philippe V.

Juan Manuel Santos estime que le trésor contenu dans le navire pourrait avoisiner un milliard d’euros.

Cependant cette découverte relance une querelle juridique quant à la propriété du bateau. En effet, une entreprise installée aux Etats-Unis, la Sea Search Armada, avait affirmé en 1981 avoir localisé la zone de naufrage du San Jose. Depuis lors, cette entreprise et l’Etat colombien se disputent la propriété du navire, que la justice américaine avait attribuée à la Colombie en 2011.

 

 

Argentine : le 119e bébé volé de la dictature identifié 

http://www.rfi.fr/ameriques/20151202-petits-fils-sous-dictature-retrouve-bebe-vole-argentine-grands-meres

En Argentine, les Grands-mères de la place de Mai ont retrouvé un des anciens bébés volés sous la dictature argentine (1976-1983), dont la mère est encore en vie (cas assez exceptionnel). 

Les Grands-mères de la place de Mai luttent pour retrouver leurs petit-fils, nés de parents détenus pendant la période dictatoriale en Argentine, et adoptés par la suite illégalement par des proches des militaires.

Mardi 1er décembre, dans la soirée, au siège des Grands-mères de la place de Mai, le 119e petit-fils récupéré par la présidente de l’association Estela de Carlotto, a été présenté à la presse. Il s’appelle Mario Bravo et réside dans un village de Santa Fe. Aujourd’hui âgé de 38 ans, il a passé une enfance heureuse avec ses parents adoptifs dont il ne pense pas qu’ils aient été complices avec les militaires qui l’ont arraché à sa mère.

Cependant, ayant eu des doutes sur ses origines, il est allé voir les Grands-mères de la place de mai et une prise de sang effectuée a révélé qu’il était le fils d’une ancienne détenue, Sarah, qui recherchait depuis sa libération le bébé qu’on lui avait volé.

 

 

Equateur : le président Rafael Correa nommé Docteur Honoris Causa de lUniversité Claude-Bernard à Lyon

http://www.espaces-latinos.org/hebdo-du-2-dec-2015

Rafael Correa en 2013. Crédits : Cancillería Ecuador/Creative Commons

Rafael Correa en 2013.
Crédits : Cancillería Ecuador/Creative Commons

Après avoir participé à la COP21 à Paris aux côtés d’autres homologues latino-américains, le président de l’Équateur, Rafael Correa, s’est vu décerner le titre de Docteur Honoris Causa, mercredi 2 décembre, par l’université Claude-Bernard, Lyon 1.

De nombreuses personnes sont venues assister à cette cérémonie dans une salle du campus de la Doua, où il a prononcé un discours de remerciement et reçu de nombreuses ovations de la part du public.