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09H42 - mercredi 2 décembre 2015

COP21 : quelle place occupent les questions environnementales dans les médias ?

mercredi 2 décembre 2015 - 09H42

Depuis l’ouverture de la COP21 qui réunit des représentants de 195 pays à Paris et au Bourget jusqu’au 11 décembre, la tension médiatique bat son plein et il devient maintenant difficile voire impossible de passer à côté d’un évènement qui s’annonce d’ores et déjà hors-norme.

Un évènement hors-norme par son ampleur internationale, par ses enjeux, par les espoirs aussi qu’il suscite et hors-norme par le traitement médiatique et l’audience qu’il devrait générer. Les rendez-vous citoyens et les manifestations grand public à Paris sont malheureusement restreints, encore endeuillés par les derniers attentats, mais cette COP21 est bel et bien l’événement médiatique du moment. Le signe qu’enfin les questions d’écologie et d’environnement sont devenues l’affaire de tous et non plus l’apanage d’une élite militante et éclairée certes mais restreinte ?

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Le magazine en ligne INA Global, spécialisé sur les questions médias, a par exemple, publié le 5 novembre dernier un entretien en profondeur avec le climatologue Jean Jouzel sur la question de la place qu’occupent l’environnement et les experts du climat dans les médias. Dans cet entretien, Jean Jouzel nous indique qu’il a en effet déjà fait trois fois le tour de tous les plateaux de radios et télévisions sur France2, France3, BFM, LCI ou iTélé et qu’il craint que le soufflet ne retombe aussi vite qu’il est monté une fois la conférence mondiale passée.

 

Il précise plus loin dans cet entretien qu’il existe pourtant d’autres formats que ceux des médias audiovisuels et finalement de nombreux et différents moyens de faire passer les messages avec internet, avec le cinéma, avec les documentaires, avec les livres. Il rappelle que La Glace et le Ciel, le film de Luc Jacquet sur la vie et l’œuvre du glaciologue français, Claude Lorius, a clôturé le festival de Cannes 2015. Ce n’est pas rien et ce n’est qu’un exemple parmi de nombreux autres. Toujours dans cet entretien, Jean Jouzel indique que pour lui : « Il  y a des médias qui ont très clairement une approche pédagogique et, dans les différents médias, il existe des journalistes plus sensibles que d’autres à ces questions (…) À la radio, on manque d’émissions vraiment scientifiques ; à la télévision, il y a les émissions de débats… J’accepte d’y aller. Certaines sont de bonne tenue mais parfois c’est pénible, c’est vrai… ou même pitoyable. » En ce qui concerne les médias internationaux, il précise : « les pays scandinaves et l’Angleterre sont en pointe. Mais les médias français se comportent de façon très honorable, parfois même, j’en suis plutôt fier… sauf qu’on manque de grandes émissions scientifiques et ça, c’est un problème, comme je l’ai dit… »

 

En France l’écologie est pourtant un vrai sujet qui passionne de plus en plus les foules et pas uniquement de manière ponctuelle. Il existe au moins quatre à cinq cents médias différents entièrement dédiés aux questions environnementales et écologiques, avec des agences de presse comme AEF Développement Durable ou l’agence Athos, des chaînes de télévision avec Ushuaïa TV ou La Chaîne Météo, des magazines en presse spécialisée aussi bien sûr comme Terra EcoTop Nature, L’EcoloMag, La Hulotte ou le magazine de GreenPeace : La Bannière, qui ont tous des tirages à 6 chiffres (plus de 100.000 exemplaires),…Et des centaines de sites web, de blogs et Newsletters spécialisées qu’il serait impossible de citer tous ici. La rubrique solutions 21

Dans un autre registre, Yolaine de la Bigne, la fondatrice du magazine Néo Planète, a même créé et lancé Radio COP21, la webradio évènementielle entièrement dédiée à la conférence. Sur le site internet du magazine L’OBS, elle explique : « En 2007, j’ai fondé Néoplanète, média spécialisé dans l’environnement, pour parler de développement durable de manière simple, pédagogique, réaliste et optimiste. Les questions environnementales étaient rarement abordées en profondeur par les médias classiques, ou bien elles l’étaient de manière théorique et trop souvent politique. Malheureusement, c’est encore le cas aujourd’hui. C’est ainsi que m’est venue l’idée de créer « Radio COP21 » pour pouvoir couvrir officiellement et en exclusivité cet événement, aussi bien au Bourget qu’au Grand Palais, qui accueillera l’événement « Solutions COP21 » pour le grand public. »

Jean-Marc Souami, grand reporter, présentateur météo à France Télévision et ambassadeur de la Terre auprès de la Fondation de Nicolas Hulot, nous confiait quant à lui récemment : «  je profite depuis longtemps de chaque présentation météo sur France Télévision pour faire passer de petits messages pédagogiques sur la protection de l’environnement et le climat. La météo reste l’une des meilleures audiences en télévision, ce serait dommage de rater cette occasion. »

La journaliste Clémence Bauduin, sur le site internet de RTL, recense quant elle 6 initiatives farfelues à l’approche de la conférence sur le climat avec en tête la vidéo façon Youtubeur de Nicolas Hulot réalisée avec le studio Golden Moustache (Groupe M6). Une vidéo qui est peut-être décalée mais qui totalise déjà plus de 1,7 millions de Vues ! Cet article met également en avant le site Maskbook, qui transforme le masque anti-pollution en symbole de la mobilisation pour le climat ou encore l’opération intitulée « One Heart One Tree », qui permettra à tous les possesseurs de smartphone de pouvoir transformer la tour Eiffel en forêt virtuelle entre le 28 novembre et le 3 décembre.

One heart One Tree

One heart One Tree

 

Même le site officiel de la COP21 (www.cop21.gouv.fr) met en avant sur sa page d’accueil 10 vidéos informatives, drôles ou décalées pour comprendre les changements climatiques avec des vidéos qui vont de l’information synthétique et didactique proposé par le Lemonde.fr jusqu’à la vidéo drôle et décalée, toujours à la façon Youtubeur mais cette fois avec Kevin Razy du studio Bagel (Groupe Canal+).

Alors c’est vrai qu’au final il y a vraiment de tout mais pas n’importe quoi non plus, et si tout le monde y prend sa part, alors, comme le rappelle à l’envi Pierre Rabhi avec son histoire de Colibri*, il y a encore de l’espoir !

 

*Le Mouvement Colibris, initié par Pierre Rabhi tire son nom d’une légende amérindienne : Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! »

Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. »

 

Pierre est un spécialiste des médias et des nouveaux canaux de diffusion numérique

Emoji première langue

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