Amériques Latines
16H20 - mardi 29 septembre 2015

Une semaine en Amérique latine (du 21 au 27 septembre)

mardi 29 septembre 2015 - 16H20

Cuba : le pape François en visite sur l’île

Capture d'écran de www.rfi.fr

Capture d’écran de www.rfi.fr

Le pape François, dorigine argentine, était en visite officielle à Cuba du samedi 19 au lundi 21 septembre.

Durant son déplacement, il a notamment célébré une messe à Holguin, ville au nord-est de l’île avant de se rendre à Santiago de Cuba, la deuxième ville du pays.

Raul Castro, le président cubain, a assisté à cette célébration où devant des dizaines de milliers de fidèles, le souverain pontife a rappelé les efforts et sacrifices mis en oeuvre par lEglise pour accompagner les catholiques dans les lieux les plus isolés de l’île caribéenne.

A Santiago de Cuba, le pape a retrouvé les évêques dans le séminaire de la ville. Il est ensuite allé prier au sanctuaire de la Vierge de la charité du cuivre, la patronne de l’île.

Lors de sa visite, François na pas pointé les limites et défaillances du régime de Raul Castro. Il a plutôt encouragé louverture économique, politique et diplomatique de l’île, en délivrant un message d’énergie et despérance au peuple cubain, en lexhortant à garder ses valeurs de fraternité.

Mardi matin, il prenait lavion pour Washington pour la suite de sa visite.

 

Processus de paix en Colombie : réunion entre le président colombien et le chef des FARC à Cuba

Capture d'écran de www.lemonde.fr

Capture d’écran de www.lemonde.fr

Mercredi 23 septembre, le président colombien Juan Manuel Santos et le chef de la guérilla des FARC (Forces Armées Révolutionnaires de Colombie), Rodrigo Londoño, alias « Timochenko », se sont réunis à Cuba, dans le cadre des négociations de paix entre le gouvernement colombien et les FARC menées depuis 2012 à La Havane.

Le processus de paix semble aller sur le bon chemin et un accord historique entre le gouvernement de Santos et les FARC a été annoncé à lissue de cette réunion où Santos et Londoño se sont notamment échangé une poignée de main, sous le regard du président cubain Raul Castro.

Laccord porte sur la « justice transitionnelle » à mettre en place pour la démobilisation des guérilleros et devrait être conclu dans un délai de six mois. Il prévoit notamment la création dune juridiction spéciale pour la paix qui serait compétente pour enquêter et juger les crimes commis durant le conflit par des guérilleros, des membres de lEtat ou des hommes politiques.

Les « délits politiques et connexes » seront très largement amnistiés, à lexception des crimes contre lhumanité et des crimes tels que les prises dotages, les disparitions et les déplacements forcés, ou les violences sexuelles. Ceux qui aideront à rétablir la vérité et admettront leur responsabilité purgeront des peines de cinq à huit ans dans des « conditions spéciales de restriction de liberté », cest-à-dire ailleurs que dans une prison. Les autres seront condamnés à des peines demprisonnement ferme, pouvant aller jusqu’à vingt ans.

Soixante jours supplémentaires doivent être accordés pour que les FARC commencent à rendre les armes, condition sine qua non à lacceptation de leur participation en politique.

Selon une source militaire, la guérilla des FARC, composée dentités essentiellement paysannes, compte encore quelque 8 000 hommes et femmes armés.  « La paix na jamais été aussi proche », a répété M. Santos à La Havane. « Nous ferons tout ce qui est possible pour signer dans les prochains mois », a déclaré pour sa part « Timochenko ». « Le processus de paix est désormais irréversible », se sont réjouis en Colombie les partisans dune paix négociée.

 

Colombie/Venezuela : vers un accord en vue de la construction dune nouvelle frontière commune

Capture d'écran de www.medelu.org

Capture d’écran de www.medelu.org

Les présidents de la Colombie, Juan Manuel Santos, et du Venezuela, Nicolas Maduro, se sont réunis lundi 21 septembre à Quito, en Equateur, et ont adopté un accord en sept points permettant douvrir la voie à une résolution commune du problème de frontière entre les deux pays. Cette réunion sest réalisée sous l’égide de lUnion des nations sud-américaines (Unasur) représentée par son président pro-tempore Tabaré Vazquez (président de lUruguay) et de la Communauté dEtats latino-américains et caraïbes (Celac) représentée par son président pro-tempore Rafael Correa (président de lEquateur).

Les sept points prévoient :

  • le retour immédiat des ambassadeurs des deux pays à Bogota et Caracas

  • la normalisation progressive de la situation à la frontière

  • la mise en place dun accord permettant de résoudre les problèmes de la frontière commune

  • une réunion des équipes ministérielles concernées des deux pays à Caracas le 23 septembre

  • le renforcement du dialogue bilatéral

  • la réalisation dune enquête approfondie commune sur l’état de la frontière

  • laccompagnement du processus par lEquateur et lUruguay.

La crise frontalière entre les deux pays avait débuté le 19 août dernier, et le 22 août, Nicolas Maduro avait annoncé la fermeture indéfinie de la frontière entre les deux pays. La mesure portait sur un tronçon de 100 kilomètres (sur les 2 219 kilomètres de frontière commune) à la hauteur des villes frontières de Cucuta, en Colombie, et de San Antonio, au Venezuela.

Il avait par ailleurs décrété l’état dexception dans vingt-trois villes de trois Etats frontaliers (Apure, Táchira, Zulia) pour « lutter contre les paramilitaires colombiens » et le crime organisé.

La tension frontalière entre le Venezuela et la Colombie nest pas un phénomène nouveau puisque groupes armés, guérillas, paramilitaires, trafiquants de drogue et contrebandiers y sévissent depuis des années.

Cependant, la contrebande a pris de lampleur à la suite de linstauration, au Venezuela, dun contrôle des prix et des changes qui contribue à stimuler un marché noir colossal, sur fond de corruption généralisée des deux côtés de la frontière.

De lavis des économistes, la contrebande est désormais plus rentable que le trafic de drogue. Elle favorise laggravation de la pénurie de produits de base que connaît le Venezuela.

Selon M. Maduro, quelque 120 000 Colombiens auraient immigré depuis le début de lannée, et « le Venezuela a atteint la limite ». Selon le recensement officiel, depuis la fermeture de la frontière le 22 août, 861 Colombiens ont été expulsés du Venezuela.

 

Le Brésil va recevoir 100 millions de dollars à la COP21 en récompense de sa lutte contre la déforestation

copLe Brésil va recevoir un chèque de 100 millions de dollars de la part de la Norvège à loccasion de la COP21, qui se tient du 30 novembre au 11 décembre prochain à Paris, en récompense des efforts fournis par le pays dans la lutte contre la déforestation.

En 2008, la Norvège avait décidé de puiser une fraction des profits générés par sa manne pétrolière pour aider le Brésil à protéger davantage sa forêt, considérée comme le poumon du monde.

Il était alors convenu que laide financière dun milliard de dollars, étalée entre 2008 et 2015, ne serait versée que si le Brésil prouvait que la déforestation ralentissait.

Daprès les données officielles des autorités brésiliennes, le rythme de la déforestation a été réduit de 70% ces dernières années. Le pays a été lun des seuls à mettre en place un programme national de suivi de la déforestation, accessible à tous en ligne. Les autorités ont aussi mené des politiques d’éducation publiques, voté des lois de protection des forêts et ont puni financièrement les entreprises qui empiétaient sur la forêt tropicale.

Cependant, depuis 2014, cette tendance sinverse et la déforestation reprend au Brésil. Ainsi, en mars 2015, le gouvernement brésilien a reconnu quelle avait augmenté de 63% sur un an.

 

Plusieurs peuples autochtones dAmérique latine récompensés par lONU du prix Equator 2015

Capture d'écran de www.elcomercio.pe

Capture d’écran de www.elcomercio.pe

Mardi 22 septembre, lONU a désigné plusieurs peuples autochtones dAmérique latine comme gagnantes du prix Equator 2015, qui distingue ainsi des initiatives citoyennes pour réduire la pauvreté, protéger lenvironnement ou endiguer les effets du changement climatique. Le prix est décerné à chaque gagnant par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

Parmi les gagnants figurent des peuples de Colombie, Bolivie, Brésil, Belize et Honduras, qui recevront un prix de 10 000 dollars et qui pourront notamment mandater des représentants pour une réunion communautaire qui aura lieu durant le sommet de la Cop21 à Paris.

« Les gagnants de ce prix Equator sont un petit vivier de projets et dinitiatives inspirantes à travers le monde. Ce sont de petits exemples de la multitude de propositions qui se développent à lheure actuelle », a déclaré lors dune conférence de presse Christiana Figueres, responsable de la question du changement climatique aux Nations Unies.

En Colombie, le peuple Inga a été distingué par lONU, pour son travail de récupération de 22 283 hectares de territoire sur lequel des guérillas, des paramilitaires et des narcotrafiquants avaient opéré pendant des décennies, mettant ainsi en danger lenvironnement.

En Bolivie, le PNUD a récompensé le Conseil Autochtone du Peuple Tacana pour sa protection dun territoire se trouvant dans un des endroits les plus diversifiés en faune et flore du pays, où vivent 50 espèces danimaux en danger dextinction.

Le PNUD a aussi distingué deux groupes au Honduras : lorganisation misquita Masta, pour sa défense des territoires autochtones face aux grandes entreprises dhuile de palme, de pétrole et aux trafiquants de drogue; ainsi que le Comité pour la Défense et le Développement de la flore et de la faune du golfe de Fonseca pour sa protection des écosystèmes marins.

Au Brésil, le PNUD a distingué lInstitut Raoni, une organisation fondée par le peuple Kayapó qui a protégé 2,5 millions dhectares de forêt.

LAlliance des leaders Maya du Belize a aussi été reconnue pour ses efforts de préservation de lenvironnement et en Guyane, le PNUD a récompensé le travail dune organisation autochtone pour lutter contre la déforestation.

 

Argentine : l’élection présidentielle du 25 octobre prochain pourrait bien tourner la page de l’ère Kirchner

Crédit: Presidencia de la Nación Argentina

Daniel Scioli Crédit: Presidencia de la Nación Argentina

L’élection présidentielle en Argentine se déroulera le 25 octobre prochain et à un mois du scrutin, quelques candidats se démarquent.

Daniel Scioli, 58 ans, est en tête des intentions de votes avec presque 10 points d’avance sur son plus sérieux rival, Mauricio Macri, maire de Buenos Aires.

MM. Scioli et Macri viennent du monde des affaires, tous deux issus de familles aisées.

Le premier promet un changement radical de politique tandis que le second, plus conservateur, annonce une rupture radicale. Il semblerait ainsi quune nouvelle page s’écrive pour lArgentine, après 12 ans de règne de Nestor et Cristina Kirchner.

Daniel Scioli pourrait l’emporter dès le premier tour le 25 octobre s’il rassemble 40% des voix et 10 points d’avance sur le deuxième candidat. Ou bien s’il totalise 45% des suffrages. Dans le cas contraire, un second tour départagera les candidats le 22 novembre.

Derrière Scioli et Macri, le député de centre-droit Sergio Massa, dissident kirchnériste, semble définitivement distancé.

Linvestiture présidentielle se déroulera le 10 décembre.

Mme Kirchner, actuelle présidente de lArgentine, ne pouvait pas briguer un troisième mandat consécutif. Mais selon la Constitution, elle pourra se présenter à nouveau en 2019.