International
13H54 - mardi 19 mai 2015

Hollande, le sud-Américain

 

 

Ce fut un de ses voyages les plus longs hors de l’Hexagone depuis son arrivée au pouvoir il y a trois ans. François Hollande s’est rendu dans les Caraïbes du 8 au 12 mai, dans un périple qualifié par de nombreux médias « d’historique ». Analyse. 

 

source : http://sr07.unblog.fr

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Ce qui était déjà un des secrets les mieux partagés s’agissant de l’hôte de l’Elysée est apparu au grand jour : François Hollande a le goût et la vision de l’Amérique Latine.

Souvent délaissée dans le passé de l’horizon diplomatique et économique des priorités françaises, l’Amérique latine est devenue une priorité de la politique étrangère de la France depuis l’arrivée du dirigeant socialiste à l’Elysée. Les preuves en sont multiples, notamment la nomination en début d’année de l’un de ses proches, Jean-Pierre Bel, ancien président du Sénat, comme son « Envoyé personnel » pour l’Amérique latine et les Caraïbes.

Nombreux sont les chefs d’Etat sud-américains qui se sont rendus à Paris depuis 2012 : Ollanta Humala (Pérou), Dilma Roussef (Brésil) en 2012, Evo Morales (Bolivie) en 2013, Cristina Kirchner (Argentine) en 2014.

Cette vision sud-américaine de François Hollande s’est exprimée avec force avec ce récent voyage dans les Caraïbes que nous qualifierons de global car il aura revêtu toutes les dimensions possibles : mémorielle et historique avec l’inauguration du Memorial ACTe en Guadeloupe et une attention toute particulière portée à Haïti, premier pays à avoir aboli l’esclavage, planétaire avec l’Appel de Fort-de-France en vue de la conférence climat de décembre prochain à Paris, idéologique avec le choix de visiter Cuba qui entretient avec la France de gauche des relations privilégiées depuis les années Castro, géopolitique avec ce doux pied de nez fait à nos amis américains avant la levée – probablement imminente – de leur embargo économique (ce fut la première visite, rappelons-le, d’un président français depuis l’indépendance de l’île en 1898), économique avec une délégation nombreuse de chefs d’entreprises qui accompagnaient le chef de l’Etat, culturelle et scientifique bien sûr en insistant à chaque étape sur les affinités et coopérations franco-sud-américaines. Enfin, ce voyage inédit fut autant une visite en France, dans les Antilles françaises, qu’un voyage diplomatique. Bref, un voyage global.

L’Amérique Latine compte pour la France et réciproquement. Les raisons sont nombreuses : une longue histoire commune (trop souvent oubliée par les Français) tout d’abord. Est-ce en Europe ou en Afrique qu’a été créée la première Chambre de commerce et d’industrie française à l’étranger ? Non, c’est en Uruguay. Les Alliances, Instituts et lycées français sont nombreux et dynamiques dans les Amériques Latines.

La France permet à de nombreux pays de la région de contrebalancer la double emprise américaine et espagnole et sait valoriser le continent dans ses relations avec l’Union Européenne. Le Deuxième Sommet Union Européenne – Communauté des Etats Latino-Américains et des Caraïbes se tiendra à Bruxelles les 10 et 11 juin 2015 sur le thème : « Concevoir notre avenir commun pour offrir à nos citoyens des sociétés prospères, solidaires et viables à long terme ». Tout un programme !

En s’impliquant dans cette région du monde, le pouvoir consolide également la présence française au service des Antilles et de la Guyane qui doivent développer leur implantation caraïbe et sud-américaine. Là aussi, on oublie trop que c’est avec des pays sud-américains que la France partage les plus longues frontières ! Le Surinam et le Brésil.

La France ne peut se permettre de rechigner à la perspective de nouveaux marchés et les opportunités d’affaires sont nombreuses : le 5 mai dernier, le constructeur aéronautique Airbus a annoncé avoir vendu 100 appareils de type A320neo à la compagnie colombienne Avianca pour un montant estimé à environ 10 milliards de dollars. La France, par exemple, n’est que le dixième partenaire commercial de Cuba, le quatrième en termes d’investissements. Le Mercosur et l’Union Européenne ont du mal à approfondir leurs relations économiques. La France peut jouer sa carte tout en rapprochant les deux continents.

Bref, le président de la République française, en faisant de l’Amérique Latine une de nos priorités de politique étrangère, voit juste et voit loin, au vu de notre histoire commune comme pour l’avenir.

Et puis, il y a cet esprit sud-américain, ce raffinement et cette culture qui nous rapprochent malgré la distance…

Est-ce un prolongement de cet élan élyséen ? La France organise du 26 mai au 7 juin la Semaine de l’Amérique latine et des Caraïbes. Inaugurée par le Sénat sous la première présidence de Gérard Larcher, développée par son successeur Jean-Pierre Bel de 2012 à 2014, puis reprise de concert par l’Elysée, le quai d’Orsay et le Sénat, cette Semaine permettra d’inscrire dans les rouages de la société française cette proximité sud-américaine trop souvent ignorée.

 

Retrouvez le programme de la Conférence du 4 juin « La France au coeur de l’Amérique Latine » 

Directeur de la publication

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