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13H06 - mercredi 5 mars 2014

L’art côté femmes persanophones, entretien avec Mina Rad

mercredi 5 mars 2014 - 13H06

Mina Rad se réjouit. Pour la première fois, à l’occasion de la Journée de la Femme, des œuvres de femmes persanophones contemporaines seront présentées à Paris. Réalisatrice de films documentaires, peintre et journaliste iranienne, Mina Rad est coordinatrice et l’une des instigatrices de cet événement organisé par l’Association Journée Internationale de Norouz. Cette rencontre s’inscrit dans le sillage du Nouvel An perse, le Norouz, dont la symbolique est étroitement liée au printemps, à la figure féminine et au renouvellement. Mina Rad veut y voir les signes d’un avenir plus serein et plus fructueux pour le monde persanophone en général, et pour l’Iran en particulier. 

 

 

Les femmes persanophones sont prolifiques et leurs productions diverses – poésie, littérature, films, peinture et musique – tissent des liens entre l’Europe, la France plus spécifiquement, et le monde persanophone (Iran, Afghanistan, Tadjikistan). Mina Rad en est convaincue : « cet évènement qui rassemble des femmes et expose une telle diversité artistique constitue aussi un exemple pour les Iraniens. Ces femmes incarnent la culture, le dialogue, l’intégration et les initiatives collectives – ces valeurs françaises, et malgré les perceptions parfois simplistes que les Occidentaux ont de l’Iran, des valeurs que l’on trouve aussi dans la société iranienne et qui y sont majoritairement portées et soutenues par les femmes. »

Mina Rad s’attarde sur des exemples qu’elle trouve particulièrement emblématiques. Qu’il s’agisse de Samia Mousav, peintre en France depuis 6 ans qui, à 13 ans, a terminé troisième dans la compétition internationale organisée par le musée Van Gogh au Pays-Bas ou de Mina Saïdi Sharouz dont le documentaire traverse l’histoire de la femme persane, ces femmes sont des cas exemplaires d’intégration et de réussite artistique. Mina Rad est persuadée que ce sont de tels exemples qui permettront de créer des ponts entre l’Iran et la France.

Le dialogue plutôt que la diabolisation, l’échange plutôt que l’affrontement, son propre documentaire « Pour moi le soleil ne se couche jamais » porte témoignage de cet état d’esprit et raconte l’histoire d’Hamid, devenu aveugle à l’âge de 30 ans et qui réussit pourtant à retrouver un sens à sa vie. Ce documentaire a gagné le prix de meilleur documentaire court au Festival de Cinéma Vérité en Iran avec la mention du jury «pour sa chaleur et sa simplicité pour raconter une histoire profonde».

Mina Rad voit dans les évolutions récentes de l’Iran les signes d’une réelle volonté de changement. « Il faut écouter la volonté de changement », et ces évolutions représentent « une opportunité unique pour aider l’Iran, pour jeter des ponts culturels et tisser des liens entre les sociétés occidentales et persanophones. L’Iran a besoin de cette construction ». Le Norouz est manifestement porteur d’espoir.

L’Association Journée Internationale de Norouz célèbre la Journée de la Femme

L’Association Journée Internationale de Norouz célèbre la Journée de la Femme

L’Association Journée Internationale de Norouz célèbre la Journée de la Femme

Les 7 et 8 mars à Paris à la Maison des Associations de Paris VI, 60-62 rue Saint-André des Arts 75006 PARIS 

 

Stéphane Mader
Rédacteur en chef - Chief Editor

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