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09H24 - samedi 23 novembre 2013

Brouillard sur la politique chinoise face aux défis environnementaux

samedi 23 novembre 2013 - 09H24

L’épais brouillard qui a recouvert Pékin début 2013 ne s’avère pas être un cas particulier. Cet automne, Pékin a connu encore une fois un brouillard épais pendant des jours, qui recouvre une zone nettement plus grande qui touche des pays voisins comme le Japon, illustration des difficultés du pouvoir à répondre à l’urgence environnementale.

 

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Avec l’arrivée de l’hiver, la qualité de l’air ne risque pas de s’améliorer. En effet, l’utilisation du chauffage domestique, qui nécessitera une grande consommation de charbon, va entraîner davantage de pollution.Hormis la pollution atmosphérique, la Chine doit faire face également à d’autres problèmes environnementaux non moins importants : la pollution de l’eau, l’érosion du sol ou encore les tempêtes de sable sont des « maladies chroniques » qui touchent le pays.

Jusqu’à présent on ne voit pas de solution efficace : la Chine en pleine voie d’industrialisation, se trouve face à un dilemme, entre le développement rapide de son économie et la protection de l’environnement.

Le gouvernement central n’est pour autant pas resté les bras croisés face à ces problèmes : en 2003, le Parti communiste a pour la première fois évoqué le concept de développement scientifique, dont l’essentiel se rapproche du développement durable. Dans le 12e plan quinquennal pour les années 2011-2015, la Chine a élaboré un sous-plan anti-pollution intégré et détaillé. En septembre, afin de prévenir le grand brouillard qui assomme la capitale, l’État a sorti un nouveau plan spécialisé dans la lutte contre la pollution atmosphérique. Néanmoins, il est toujours difficile d’appliquer complètement ces politiques surtout dans les régions, car la croissance économique constitue un critère important dans l’évaluation de la performance des fonctionnaires régionaux, alors que la même importance n’est pas accordée aux mesures environnementales. Le gouvernement central y montre également plus ou moins de tolérance à cet égard, car il juge que le pays n’est pas prêt à consacrer le développement économique à la protection de l’environnement.

Les ONG, quant à elles, ont une attitude plus exigeante. L’ONG environnementaliste chinoise « Green Earth Volunteers » a initié une pétition pour créer le un mécanisme d’interaction entre le gouvernement et les habitants dans la protection de l’environnement. Selon ZENG Xiaodong, le vice-président de l’ONG « All-China Environment Organization », la Chine ne peut pas régler les ses problèmes environnementaux avec le modèle d’administration existant.

 

La coopération régionale encore trop faible

 

Les problèmes environnementaux relèvent également du défi transfrontialier. Dans la zone de mousson, les pays d’Asie orientale se trouvent affectés collectivement par la pollution atmosphérique. En automne et en hiver, la mousson qui s’étend du nord-ouest au sud-est transporterait l’air pollué de l’ouest de la Chine et de Pékin vers les villes maritimes chinoises, jusqu’à la péninsule coréenne et à l’archipel japonais.

Un épais brouillard enveloppe Pékin, Séoul, la ville japonaise de Fukuoka et d’autres villes aux alentours. Bien que cette préoccupation n’ait pas gravement affecté les relations entre la Chine et ses pays voisins, l’inquiétude et le mécontentement des habitants de ces derniers sonnent déjà l’alarme. Il y a quelques années, des coopérations régionales en matière de lutte contre la pollution sont déjà été initiées mais restent à ce jour encore insuffisantes. Par conséquent, la Chine, la Corée du Sud et le Japon se trouvent maintenant incapables de faire face à l’accroissement de la pollution.

La Chine a envoyé cette année une centaine de représentants à la Conférence de l’ONU à Varsovie sur le changement climatique, avec un projet d’économie bas carbone. À la recherche d’un statut important sur la scène internationale, la Chine participe activement aux projets internationaux qui visent à répondre aux problèmes du changement climatique et à la pollution.

Mais Pékin, en tant que le plus grand émetteur de CO2 au monde et victime théâtre de problèmes environnementaux importants, se trouve forcément dans une situation délicate.