Monde
11H39 - vendredi 16 novembre 2012
Iran

Iran: mort en prison du blogueur Sattar Beheshti

 

Le 6 Novembre dernier, un blogueur iranien du nom de Sattar Beheshti a perdu la vie dans la prison de Téhéran. Agé de 35 ans, Sattar Beheshti avait été arrêté le 30 octobre dernier au sud de Téhéran avant d’être emmené à la prison d’Evin pour « propagande contre le régime ».

Le blogueur, jugé très actif sur les réseaux sociaux notamment sur Facebook et sur son propre blog nommé « ma vie sur mon Iran », a été retrouvé mort dans des conditions jugées inhumaines. Dans son site, le blogueur dénonçait vivement la répression du régime en place, la corruption des responsables politiques ainsi que les violations des droits de l’homme dans son pays.

Selon les proches de la victime, Sattar Beheshi avait été arrêté une première fois en 2003 lors de manifestations d’étudiants à Téhéran. Le site keyhani.blog.lemonde revient sur la plainte déposée par le blogueur auprès des autorités de la prison d’Evin à cause des tortures qu’il avait subies pendant ses premiers interrogatoires. Les autorités de la prison ont semblé faire la sourde oreille et le blogueur a été transféré en un lieu inconnu. Le mardi 6 novembre, les proches de la victime ont reçu un appel des autorités de la prison qui leur demandaient d’acheter une tombe et de venir récupérer leur corps.

Sa mort a été considérée comme un coup de massue porté à la liberté d’expression. Et les organisations internationales des Droits de l’Homme, dont Amnesty International, ont manifesté leur souhait d’établir s’il est mort des suites de tortures. Selon Ann Harrison, vice-directrice de l’ONG Amnesty International, interrogé par BBC Afrique, il y a des craintes que Sattar soit mort des suites de tortures infligées dans un centre de détention iranien. L’Organisation Reporters Sans Frontières (RSF) lui a emboîté le pas.

Aujourd’hui, les condamnations fusent de partout. La France et les États-Unis ont exprimé leur consternation et leurs vives critiques, avant d’exiger qu’une enquête soit ouverte sur cette affaire afin de situer les responsabilités.

L’assassinat du jeune blogueur aurait même suscité des réactions indignées au sein même du régime, selon Le point.

La traque des personnes hostiles au régime de Téhéran est devenue monnaie courante. En 2009, la mort de trois opposants détenus au centre de Kahrizak avait provoqué la fermeture du centre sur ordre du Guide Ali Khamenei. Des centaines d’opposants (journalistes, blogueurs, responsables politiques, cinéastes) sont souvent détenus en Iran, selon les organisations internationales des droits de l’homme.

 

Cheikh Dieng

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