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07H12 - mardi 16 octobre 2012

Retour sur les conclusions du 1er Forum mondial de la démocratie tenu à Strasbourg du 5 au 8 octobre

mardi 16 octobre 2012 - 07H12

C’est déjà fini. Après une semaine intense en débats et en rencontres, le premier Forum mondial de la démocratie s’est achevé jeudi 11 octobre à Strasbourg. Ouverte par une intervention remarquée de l’écrivaine, psychiatre et féministe égyptienne Nawal el Saadawi, la session de clôture fut aussi l’occasion de dresser un premier bilan du Forum à travers les questions et propositions des membres du public.

Toujours intraitable à 81 ans, Nawal El Saadawi, militante historique des droits de l’homme et de la femme en Égypte, a offert un jeu de massacre jouissif à l’assistance. Dégommant tous azimuts les États-Unis, les Frères musulmans, Israël, la religion, le culte de l’argent et le patriarcat, entre autres, elle a apporté un vent de fraîcheur et de radicalité qui a manqué lors des débats du Forum, globalement très policés. Nawal El Saadawi a également déploré l’absence de tout débat sur le thème « démocratie et justice ». « Mon discours est provocant, mais j’essaye de faire réagir, de faire réfléchir, a-t-elle précisé. Lorsque j’enseignais, j’essayais toujours d’insuffler un esprit créatif et dissident à mes élèves, pour qu’ils aient des idées novatrices. » Une prestation qui lui a valu de recevoir une ovation debout de la salle.

Interrogations et propositions des participants ont ensuite dominé la session de clôture. Elle relèvent parfois de l’organisation pratique : rédaction d’un rapport synthétique assorti de propositions, travaux communs débouchant sur l’élaboration de programmes d’actions concrètes, etc. Mais elles reflètent également les regrets et manques ressentis par les participants. Ainsi on a regretté que ne soient pas invités les représentants des peuples premiers, les retours soulignent étalement que  la thématique consacrée aux biens mal acquis n’a pas été traitée. Enfin, il a été suggéré de rééquilibrer la structure du Forum avec moins d’intervenants afin favoriser davantage de prises de parole du public.

Le représentant de l’Assemblée des jeunes a quant à lui fait part d’une certaine frustration qui régnait dans l’hémicycle. « Nous espérions être entendus, mais nous avons le sentiment de ne pas avoir été écoutés. Aussi avons-nous cessé de participer aux débats, a-t-il revendiqué. Nous avons décidé de ne plus attendre que l’on nous écoute mais d’agir par nous-mêmes quand nous serons rentrés chez nous. »

Par-delà les insuffisances inévitables de toute première expérience, les demandes des participants laissent clairement transparaître leur profond désir de revenir à Strasbourg l’année prochaine pour une nouvelle édition du Forum mondial de la démocratie. Un désir exprimé fréquemment et avec insistance tout au long de l’évènement. C’est déjà une grande victoire pour ses organisateurs. Rendez-vous est donc pris pour 2013.

Yannick Le Bars

Envoyé spécial à Strasbourg

 

C’est déjà fini. Après une semaine intense en débats et en rencontres, le premier Forum mondial de la démocratié s’est achevé jeudi 11 octobre à Strasbourg. Ouverte par une intervention remarquée de l’écrivaine, psychiatre et féministe égyptienne Nawal el Saadawi, la session de clôture est aussi l’occasion de dresser un premier bilan du Forum à travers les questions et propositions des membres du public.

 

Toujours intraitable à 81 ans, Nawal El Saadawi, militante historique des droits de l’homme et de la femme en Égypte, a offert un jeu de massacre jouissif à l’assistance. Dégommant tous azimuts les États-Unis, les Frères musulmans, Israël, la religion, le culte de l’argent et le patriarcat, entre autres, elle a apporté un vent de fraîcheur et de radicalité qui a manqué lors des débats du Forum, globalement très (trop ?) policés. Nawal El Saadawi a également déploré l’absence de tout débat sur le thème « démocratie et justice ». « Mon discours est provocant, mais j’essaye de faire réagir, de faire réfléchir, a-t-elle précisé. Lorsque j’enseignais, j’essayais toujours d’insuffler un esprit créatif et dissident à mes élèves, pour qu’ils aient des idées novatrices. » Une prestation qui lui a valu de recevoir une ovation debout de la salle.

 

Interrogations et propositions des participants ont ensuite dominé la session de clôture. Elle relèvent parfois de l’organisation pratique : rédaction d’un rapport synthétique assorti de propositions, travaux communs débouchant sur l’élaboration de programmes d’actions concrètes, etc. Mais elles reflètent également les regrets et manques ressentis par les participants. Parmi tant d’autres, invitation de représentants des peuples premiers, thématique consacrée aux biens mal acquis, davantage de prises de parole du public et moins d’intervenants, etc.

 

Le représentant de l’Assemblée des jeunes a quant à lui fait part de leur frustration. « Nous espérions être entendus, mais nous avons le sentiment de ne pas avoir été écoutés. Aussi avons-nous cessé de participer aux débats, a-t-il revendiqué. Nous avons décidé de ne plus attendre que l’on nous écoute mais d’agir par nous-mêmes quand nous serons rentrés chez nous. »

 

Par-delà les insuffisances inévitables de toute première, les demandes des participants laissent clairement transparaître leur profond désir de revenir à Strasbourg l’année prochaine pour une nouvelle édition du Forum mondial de la démocratie. Un désir exprimé fréquemment et avec insistance tout au long de l’évènement. C’est déjà une grande victoire pour ses organisateurs. Rendez-vous est donc pris pour 2013.

 

 

Yannick Le Bars