International
18H07 - mercredi 14 mars 2012

Présidentielle : quand la publicité entre en campagne

 

Les candidats à l’élection présidentielle française en campagne sont face aux citoyens et à cette entité confuse : l’opinion publique. Ils ne la rencontrent pas dans leurs meetings, lors de leurs arpentages des marchés et quartiers de banlieue, ni même lors de leurs nombreuses prestations télévisées. Ils la mesurent déjà lors des sondages, mais, plus que jamais, ils doivent tenir compte de celle qui s’exprime par la publicité avec toute la force de création dont elle peut faire preuve.


Ainsi, on imagine mal l’absence de réaction de certains d’entre eux lorsqu’ils se sont vus… dans leurs derniers jours de vie, sur leur lit de mort. L’accroche est directe : « M. le candidat, doit-on vous mettre dans une telle position pour faire évoluer la vôtre sur l’euthanasie ? » L’Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD) en profite pour appeler à une manifestation dont le slogan sera « Ne nous laissons pas voler notre ultime liberté ! ».

 

Les slogans fusent de toutes parts

Sur son site Internet, le Secours catholique annonce clairement la couleur : « Elections présidentielles et législatives : le Secours catholique lance sa campagne d’interpellation. » Avec la publication dans la presse de 3 annonces dont une reprend uniquement la devise républicaine « Liberté, Egalité, Fraternité » à laquelle est ajouté entre parenthèses… (Ou pas). La création, palette volontairement choisie, détonne dans le pays de la loi de séparations des Eglises et de l’Etat : de haut en bas, sur le côté gauche, une bande bleue et à droite son homologue rouge encadrent un fond du plus beau blanc immaculé où se trouve la signature du Secours catholique.

 

Oxfam France, dont le souhait est d’obtenir la création d’une taxe sur les transactions financières – la taxe Robin des bois – va plus loin que l’interpellation avec son : « Vous aussi faites pression… » sans hésiter, sur son site, à pointer nommément un candidat alors que tous sont en fait visés.

Médecins du monde pose cette question : « Le meilleur système de santé au monde ? » pour conclure, suite à 5 exemples chiffrés révélant ses limites : « Il y a des politiques qui rendent malades » suivi d’un véritable appel au vote : « On continue comme ça ou on décide d’agir pour un système de santé vraiment solidaire ? Votez santé ! ».

A chaque candidat de se montrer le meilleur médecin des maux du monde.

L’Unicef va encore plus loin avec son appel « Pour la création d’un ministère de l’enfance et de l’adolescence » après son terrible état des lieux : « 2 millions d’enfants sous le seuil de pauvreté et pas un seul ministre ».

 

Une véritable démarche politique

Ainsi ces exemples révèlent une tendance nouvelle qui dépasse les traditionnels appels à signer pétitions ou alertes, moyens encore utilisés. Grâce au ressort publicitaire, le « lobbying » franchit une étape. L’envie d’entrer en politique, de faire gouvernement… est désormais affichée.

Certes, on peut considérer qu’il ne s’agit toujours que d’un clin d’œil publicitaire à ne prendre qu’au second degré. Sur l’objectif final, c’est vrai.

Toutefois il est impossible pour les candidats, si sensibles à cette autre expression de l’opinion publique montante que sont les réseaux sociaux, de négliger cet affichage. Ces messages forts, d’associations ou d’ONG puissantes par ailleurs, dont la mise en valeur publicitaire – sans conteste possible – amplifie l’impact auprès des électeurs et fait œuvre de bruit de fond, auront marqué nombre d’électeurs qui s’en souviendront lors de leur passage dans l’isoloir.

Une publicité à laquelle les candidats n’ont pas droit pour leur propre programme.

Daniel Chaize

 

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