
Terrible : pendant que le Président de la République s’adressait aux Français hier soir, une deuxième nuit d’émeute s’abattait sur Paris.
Manifestement le président de la République n’a pas lu notre édito sur les réponses qui pourraient être apportées à ce déclenchement de violences urbaines.
Nous sommes convaincus que le chef de l’Etat, et avec lui l’ensemble de l’exécutif, n’a pas pris la mesure de la gravité de la situation. Même mai 68 n’avait pas atteint un même degré d’intensité puisqu’à l’époque les manifestants ne pillaient pas, ne mettaient pas le feu à des mairies.
Certes, le président a annoncé donner plus d’autonomie d’action aux préfets qui font ce qu’ils peuvent mais il n’a annoncé aucun moyen supplémentaire pour permettre à la force publique de répondre à la violence. A part quelque formule convenue, son manque d’empathie pour les policiers fut choquant.
Bla bla bla, pschitt… L’effet de l’intervention d’Emmanuel Macron hier à 20h est sidérant : il n’a à peu près rien dit sinon répéter les poncifs habituels de désolation face à l’inadmissible. Dans son allocution, il a consacré autant de temps aux manifestants lycéens et syndicaux qu’aux fauteurs de troubles. Était-ce le bon choix ?
Pire, le chef de l’État n’a en fait pas tout à fait rien dit mais il n’a même pas été entendu : tout d’abord, il a tout de même annoncé que Sébastien Lecornu devra réunir ces jours-ci l’ensemble des forces politiques du pays pour dire non à la violence. Comme si elles l’avaient attendu…
Condamner la violence, ah bon ?
Selon les dires du chef de l’État, « J’appelle l’ensemble des partis politiques, des organisations professionnelles et syndicales à condamner sans ambiguïté toutes les violences et à appeler au calme. Chacun doit prendre ses responsabilités. Le pays a besoin d’ordre, d’apaisement et pas d’une escalade. Le Premier ministre réunira dans les prochains jours ces formations afin d’obtenir des positions claires et publiques. »
Pas sûr qu’elles répondent à l’invitation mais, oui, les symboles comptent. Mais dans ce cas, c’est Emmanuel Macron qui doit réunir tout le monde, devant la Marianne nettoyée de la place de la République par exemple ? Symboles contre symboles !
De même que l’Association des Maires de France appelle les Français à se rassembler à 12h devant leur Hôtel de ville avec leurs maires en solidarité avec la ville de Limoges et son édile Guillaume Guérin, de même toute démonstration de solidarité des corps constitués de notre pays face à la violence et à cette guerre civile sera symboliquement utile.
De même, quelle honte que le président de la République n’est pas annoncé que ce serait le Premier ministre ou lui-même dès son retour des pays du Golfe qui recevrait les commerçants, les entrepreneurs et leurs organisations patronales. Avec tout le respect que nous avons pour le ministre Serge Papin, les dégâts financiers sont tellement énormes que c’est à la tête de l’exécutif d’être avec les patrons.
Une conférence sociale ? C’est faire le jeu de LFI.
Pire, le président de la République a annoncé que le premier ministre allait tenir ce qui pourrait s’apparenter à une sorte de conférence sociale avec tous les porteurs de revendications pacifiques sur le pouvoir d’achat, sur les conditions d’études au lycée et à l’université.
« Il nous faut nous asseoir autour de la table et construire ensemble les solutions : élèves, étudiants, enseignants, représentants des organisations patronales et syndicales, collectivités territoriales. Nous travaillerons dès cette semaine avec le gouvernement à des propositions concrètes. Le Premier ministre les réunira dans les prochains jours à cet effet », a ajouté Emmanuel Macron.
Une sorte de nouvel Accord de Matignon comme Georges Pompidou le tint en plein cœur de la crise de mai 68 ?
Le chef de l’État est tellement inaudible que très peu d’observateurs ont retenu cette annonce.
Or l’exécutif prend de gros risques : si cette grande réunion sociale fait pschitt à son tour, notamment à cause du manque de marges de manœuvre financières de l’Etat, les lycéens et les intersyndicales diverses et variées risquent fort de maintenir leur mot d’ordre de mobilisation générale pour le 5 novembre prochain.
Pire, cette conférence sociale ne peut qu’échouer parce que, quelle que soit la légitimité des revendications des lycéens, des étudiants et des travailleurs (oui, la vie chère s’abat une fois de plus sur les Français avec la crise énergétique), ce mouvement lycéen et syndical est tenu, noyauté, embrigadé idéologiquement par LFI. Vous pensez bien que même si le gouvernement lâche quelques milliards d’euros pour répondre à l’urgence sociale, les leaders lycéens, étudiants et syndicaux, futurs députés de LFI, refuseront tout compromis et continueront à faire monter la pression.
En appelant à une réunion de tous les acteurs sociaux, Emmanuel Macron nous assure que nous aurons bien un Acte II des manifs unitaires et des violences urbains, le 5 novembre, comme nous l’annoncions dès hier : une nouvelle journée de manifestations et d’émeutes, un Acte II de cette guerre urbaine qui tourne de plus en plus à la guerre civile.
Non, il faut commencer par appeler solennellement les organisations sociales lycéennes et étudiantes à suspendre leur mouvement tant que les casseurs et les ultraviolents nous serons durablement neutralisés.
Les dégâts financiers, humains, moraux, politiques de ce week-end partout en France sont tellement importants et certainement largement sous-estimés pour le moment -, qu’une telle initiative républicaine de la part d’organisation réputées responsables serait largement saluée.
On peut toujours rêver car le leader maximo Mélenchon a déjà donné ses ordres !
Michel Taube




















