
Un salaud qui tue un innocent est un monstre. Lorsqu’ils sont plusieurs et chassent en meute, au nom d’une idéologie, quelle qu’elle soit, ces monstres qui tuent des innocents sont nos ennemis.
Un salaud qui agresse un prof ou un proviseur brise le contrat social qui nous lie tous.
Seule la fermeté et l’union sacrée peuvent faire barrage à ces violences.
Or sommes-nous suffisamment fermes, impitoyables face aux islamistes qui ont assassiné les professeurs Samuel Paty et Dominique Bernard et face aux salauds qui agressent les corps enseignants depuis quelques semaines ? Malheureusement non.
Paty, Bernard, l’hommage n’est pas à la hauteur !
Ce 16 octobre est Journée du souvenir des assassinats des professeurs Samuel Paty le 16 octobre 2020, professeur d’histoire géographie, devant son collège du Bois-d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine dans les Yvelines, et le 13 octobre 2023 de Dominique Bernard, professeur de français, au sein du groupe scolaire Gambetta-Carnot à Arras dans le Pas-de-Calais.
Ajoutons-y Jonathan Sandler, un jeune enseignant tué le 19 mars 2012 lors des attentats de Mohamed Merah à l’école Ozar Hatorah de Toulouse. Le premier prof assassiné en France.
Que leur mémoire et leurs familles soient ici saluées !
La France et les Français sont-ils suffisamment unis dernière la commémoration de cette double tragédie ? La réponse est résolument non, malheureusement non.
Déjà au niveau de l’ensemble de la nation, si des communes, des collectivités territoriales organisent des cérémonies d’hommage ici et là en France, c’est l’Etat par son président de la République, tout son Gouvernement et l’ensemble des corps constitués qui devrait se retrouver chaque année dans un collège ou un lycée pour observer une minute de silence et rappeler le sens du combat dans lequel nous devrions tous être engagés.
Pourquoi la trentaine de candidats à l’élection présidentielle ne se retrouveraient-ils pas tous ensemble pour marquer le coup ou chacun dans un établissement scolaire pour rappeler combien les profs, c’est sacré, combien l’islamisme est notre ennemi, combien la France de la laïcité et de la liberté est aujourd’hui menacée, et combien il faut agir pour remettre l’école et le respect au cœur du contrat social et républicain qui devraient tous nous unir.
Vous verrez, la laïcité pourtant menacée ne sera pas au cœur des débats de l’élection présidentielle, je le crains !
Quant à l’Education nationale elle-même, certes, une minute de silence sera organisée dans chaque collège et dans chaque lycée, selon les modalités les mieux adaptées à l’organisation de la journée. Ce temps de recueillement sera précédé d’un moment d’échange et de réflexion avec les élèves.
Mais est-ce suffisant ?
Qu’il me soit permis de partager avec vous une anecdote : un de mes proches âgé de 65 ans me racontait qu’étant petit, il avait été insulté par des propos antisémites dans sa cour d’école. Il s’en était plaint à sa maîtresse.
Le lendemain matin, le directeur d’école convoquait tous les élèves, tous les profs, tous les personnels encadrants et tint un discours très ferme de 5 mn expliquant ô combien le racisme, l’antisémitisme, la haine n’avaient pas de place dans son enceinte scolaire.
C’est cette réponse d’autorité et collectivement délivrée qui est nécessaire pour faire barrage à la gangrène raciste, antisémite, islamiste qui travaille au quotidien dans les familles, sur les réseaux sociaux, dans les associations, dans les cours d’école, parfois dans les salles de classe voire même les salles des professeurs.
Non, en ce 16 octobre 2026, date du souvenir de nos professeurs assassinés, ce sont tous les établissements scolaires de France qui, sur ordre du ministre de l’Education nationale, au même moment, et avec tous les élèves, tous les profs, tous les encadrants devraient se réunir pour dire NON.
Personne ne doit abandonner un prof menacé ! Ni la salle des profs, ni les élèves, ni l’institution scolaire, ni les patrons des Facebook et autres réseaux sociaux, ni la collectivité.
On en est si loin pourtant !

L’Abandon, un film à mettre devant tous nos yeux
Mieux encore, puisqu’il existe un outil pédagogique formidable, courageux, honnête, le film l’Abandon du réalisateur Vincent Garenq, pourquoi ne pas décréter la projection de ce film dans toutes les classes ou, mieux, dans la cour de chaque établissement scolaire partout en France à la même heure au même moment, comme d’un seul homme ?
Comme nous le rappelait hier un professeur prénommé Serge, ce film explique ce qui arrive lorsqu’on baisse les bras : l’Abandon propose sans voyeurisme mais dans une grande vérité chirurgicale une plongée dans le déroulé clinique d’abandon d’un prof.
Courageux, on voit les caricatures présentées par l’acteur, Antoine Reinartz, qui joue le rôle de Samuel Paty ; l’on voit ô combien il ne voulait choquer personne. Certains élèves, même musulmans, rient, d’autres, les Tartuffe de bénitier ou ici de soumission se disent choqués parce que, aveuglés par leurs œillères, ils ne comprennent rien (ou font semblant) à la liberté.
Ce film, comme les actes de Samuel Paty, n’est pas une charge contre l’islam car l’on y voit des parents d’élèves de confession musulmane prendre fait et cause pour Samuel Paty dès le départ. Toujours ce combat terrible entre l’islam et l’islamisme.
Un grand film à projeter à tous les élèves et bientôt à la télévision.
Quand des lycéens agressent des profs et des proviseurs
Nous osons ici faire un lien entre l’assassinat des professeurs Samuel Paty, Dominique Bernard, Samuel Sandler et ces dizaines de proviseurs et d’enseignants agressés dans l’actuel mouvement des lycéens.
Ce lien ne réside pas dans l’idéologie des différents fauteurs de troubles et d’assassinats (quoi qu’il y ait certainement bon nombre d’islamistes parmi les casseurs et les plus radicalisés des lycéens).
Non, le point commun, il est dans ce manque de fermeté et dans ce manque d’union sacrée de la société pour condamner avec la plus grande fermeté toutes violences commises contre ce qu’il y a de plus sacré : nos profs, chargés de transmettre à nos enfants les connaissances de base et les valeurs de la République française.
Or nous pouvons parier que les juges qui auront à condamner des casseurs qui ont agressé des profs et des proviseurs d’établissement scolaire prononceront très peu de peines de prison ferme. Nous parions que très peu seront exclus (pourquoi pas à vie pour les faits les plus graves) de l’Education nationale.
L’assassinat évidemment mais aussi l’agression d’un prof, ce sont des signes, des symboles, des symptômes du basculement d’une société dans la barbarie. Et la France est en train de basculer !
Samuel Paty, Dominique Bernard et Samuel Sandler nous le crient : cette faiblesse, ce manque d’union sacrée causeront la perte de notre pays.
L’a-t-on compris ? Deux (et non une) générations perdues (des jeunes fous-furieux et leurs parents parfois complices, on ne le dit jamais) sont en train d’abattre une à une les digues de la République, du vivre-ensemble et de la France.
Michel Taube



















