Edito
11H30 - jeudi 4 avril 2024

Vive les poêles Tefal, Non aux écolos radicaux : ce sont eux les polluants éternels ! L’édito de Michel Taube

 

On était habitué aux idées loufoques mais sans écho venues des rangs de plus en plus clairsemés d’EELV : contre les barbecues, contre les sapins de Noël, contre le Tour de France… C’est bien un député issu de leurs rangs, Nicolas Thierry, qui s’est mis en tête de supprimer les PFAS (les polyfluoroalkylés, des substances de synthèse issues de la chimie), baptisées « polluants éternels » car elles ont un cycle de vie long, mais sans que leur effet néfaste sur la santé ou l’environnement n’ait été clairement établi.

Point de départ de la démonstration : on a trouvé des PFAS dans les cheveux des parlementaires, comme il est susceptible d’y en avoir dans ceux de tout un chacun. La réalité est qu’aujourd’hui les capacités d’analyses permettent de détecter la trace d’à peu près n’importe quelle substance n’importe où, même en quantité infinitésimale : en gros, il suffit de chercher une molécule pour la trouver. On trouverait ainsi de la cocaïne sur tous les billets de banque et des traces de cannabis dans toutes les urines. Alors ? On supprime l’argent liquide et on met toute la population en garde à vue ?

C’est peut-être la prochaine étape : pour l’heure, la proposition de loi débattue à l’Assemblée souhaite éradiquer les PFAS de la surface de la France, à commencer par celle des poêles Tefal (elles contiennent du Teflon), qui restent un des (pas si nombreux, faut-il le rappeler ?) succès de l’industrie française. Au-delà des 3000 emplois menacés dans les usines de Seb et de ses partenaires, cette logique nous conduit tout droit à supprimer complètement toute chimie et toute industrie de la surface de la planète (les emballages alimentaires, les textiles et les automobiles, entre autres sont aussi concernés).

Encore une fois, la France, toute seule dans son coin, s’apprête à prendre une décision qui n’est pas vraiment justifiée par des motifs sanitaires, non plus qu’environnementaux, au nom d’une idéologie passéiste et d’un culte de la prudence qui nous conduit tout droit à un Munich industriel.

Les élections européennes approchent ? Confions à nos futurs parlementaires européens le soin d’approfondir le sujet – qui mérite de l’être – à une échelle qui commence à être pertinente, celle du citoyen européen et du marché unique, avant de se tirer, tout seuls comme des grands, une nouvelle balle dans le pied. Les institutions européennes s’en sont d’ailleurs déjà emparé, et avancent à leur rythme. Trop lentement certes.

Le principe de précaution oui, poussé jusqu’à l’absurde et à l’autodestruction, non.

 

Michel Taube

Directeur de la publication

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