Edito
08H08 - lundi 12 février 2024

Mayotte : seul un bras de fer avec le président des Comores, actuel président de l’Union africaine, permettra de reprendre notre destin en main. L’édito de Michel Taube

 

En promettant un énième changement de la législation (suppression du droit du sol et des visas territoriaux), le gouvernement trompe les Mahorais et l’ensemble des Français. Ni le renforcement de la présence policière sur l’île de Mayotte ni des ajustements administratifs n’arrêteront les flux migratoires vers le 101ème département français.

Vu la pression migratoire, nourrie par la déliquescence de la gouvernance des pays voisins (Comores, Madagascar), Mayotte connaîtra encore de nombreuses opérations Wuambushu et de multiples visites de Gérald Darmanin et de la nouvelle ministre des outre-mer, Marie Guévenoux.

Non, la seule solution est d’aller au bras de fer avec les pays africains voisins dont proviennent les migrants.

Et il y a urgence car une filière d’immigration illégale s’installe pour des migrants venant aussi du continent africain : Mozambique, Malawi…

C’est d’ailleurs pourquoi précisément la suppression du visa territorialisé, propre à Mayotte, interdisant aux détenteurs de se déplacer dans un autre département français de métropole, certes l’une des principales revendications des collectifs d’habitants de Mayotte, ne ferait que créer un appel d’air en Afrique qui anéantira les effets de la suppression du droit du sol. Du mauvais « en même temps » macronien.

Bras de fer ?

Les aides financières apportées par la France à Madagascar et aux Comores, les intérêts mobiliers et immobiliers de leurs dirigeants en métropole sont tels que, si la France menaçait de geler leurs avoirs et de suspendre toutes ses aides, ces pays accepteraient de reprendre leurs ressortissants arrivés illégalement sur le sol mahorais.

En attendant, seul le déploiement de l’armée française, de la marine dans les eaux territoriales qui entourent Mayotte permettra de dissuader les passeurs et de voir ces bateaux de migrants rebrousser chemin vers leurs plages d’origine.

Tiens, l’actuel président de l’Union africaine n’est autre que Azali Assoumani, président de la République des Comores, réélu en janvier dans son pays à l’issue d’un scrutin contesté et de la modification de la Constitution. Ce chef d’Etat joue un mauvais jeu contre la France. Surtout que les Comores ont des prétentions historiques sur Mayotte.

Nos concitoyens mahorais méritent bien un bras de fer avec l’Union africaine. Au nom d’ailleurs de ce nouveau partenariat gagnant – gagnant, par lequel chaque partie doit se faire respecter de l’autre : les Africains et les Français.

Parce que la solution est  largement géopolitique, ce n’est pas à Gérald Darmanin de venir à Mayotte mais à Emmanuel Macron.

Sans ces mesures courageuses et cette approche globale, les Mahorais seront les grandes victimes d’un tsunami migratoire qui ne tarira pas.

 

Michel Taube

 

Michel Taube sur CNEWS avec Anthony Favalli et Marine Sabourin le 11 février 2024

https://www.cnews.fr/emission/2024-02-11/la-matinale-week-end-emission-du-11022024-1452018

 

 

 

Directeur de la publication

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