Edito
09H24 - jeudi 1 février 2024

Colère paysanne : l’heure de vérité pour l’Union Européenne ! L’édito de Michel Taube et Géorgia Sarre-Hector

 

Emmanuel Macron a donc demandé un rendez-vous à Ursula von der Leyen pour les agriculteurs ! Ouf, il l’a obtenu ! Victoire, l’Europe est sauve !

Trêve de plaisanterie, les paysans souffrent et sont en colère. La crise agricole qui secoue la France et l’Europe est inédite par son ampleur et sa profondeur. De mémoire, il faut remonter aux années 68 pour se souvenir de manifestations secouer en même temps de nombreux pays (à l’époque sur plusieurs continents et surtout dans les universités et contre la guerre au Viêt-Nam). Les gilets jaunes s’étaient cantonnés à une colère française, les gilets verts, eux, se sont mobilisés en Allemagne puis en France et aujourd’hui dans une dizaine de pays européens.

Nous vivons une crise européenne, française mais bien européenne.

Le Conseil européen qui se tient aujourd’hui à Bruxelles porte sur le vote d’une rallonge au budget des trois prochaines années de l’Union européenne, dite « révision à mi-parcours du budget à long terme de l’UE ». Elle prévoit l’adoption d’un collectif budgétaire de 65 milliards d’euros (dont 50 pour l’Ukraine). Les agriculteurs ne sont pas parmi les principaux bénéficiaires de ce Conseil européen stratégique.

L’Europe a 24 heures pour répondre à cette colère européenne rurale. Et la France doit en prendre le leadership.

Non seulement le vote d’un budget de 10 milliards d’euros qui seraient immédiatement reversés, sans condition aucune, à toutes les exploitations agricoles de moins de 10 salariés par exemple, donnerait de l’oxygène aux paysans mais adresserait surtout un signe fort : l’agriculture est un secteur stratégique vital pour nos pays. 

On le sait : n’en déplaise aux démagogues de la Coordination rurale et du RN, l’Europe est l’alliée des agriculteurs. Doit-on rappeler que 30% du budget de l’Union est consacré à la politique agricole commune et que les paysans français en sont parmi les principaux bénéficiaires ?

Mais l’Europe se meurt d’un excès de technostructure et de délégation excessive à la Commission européenne des pouvoirs détenus par le Conseil des chefs d’Etat et le Parlement Européen, démocratiquements élus eux. La querelle sur les normes européennes le prouve : l’Europe impose des règles d’une complexité effarante qui a tué dans l’œuf l’efficacité, l’ambition, osons dire la beauté du projet européen.

Le politique doit donc reprendre la main à Bruxelles !

Quitte à ce que Emmanuel Macron se donne des allures gaulliennes : et si à l’occasion du Conseil européen du 1erfévrier, le chef de l’Etat français ravivait la fameuse politique de la chaise vide qu’avait imposée le général de Gaulle en 1965, déjà sur une querelle agricole jusqu’à obtention du plus grand nombre des revendications des agriculteurs, la France introduirait un rapport de force gagnant dont les agriculteurs et l’Union Européenne sortiraient gagnants ! 

Nos paysans valent bien un bras-de-fer avec la Commission Européenne et des États membres récalcitrants !

L’Europe est au pied du mur et à la veille des élections européennes elle se doit de répondre à cette colère européenne. Sinon les nationalistes emporteront les élections européennes et saperont un peu plus les assises d’une Europe de plus en plus fragile.

 

Michel Taube et Géorgia Sarre-Hector,Journaliste Opinion Internationale 

1.Hier : Le politique doit reprendre la main. A Paris comme à Bruxelles. Sinon cette colère paysanne se transformera en révolution. L’édito de Michel Taube et Géorgia-Sarre Hector

 

 

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